Rubiacées

Calice à sépales distincts ; fruit surmonté par les dents du calice persistantes.    >>>

Calice à sépales non distincts ; fruit non surmonté par les dents du calice.    >>>

Du genre type : Rubia.
Les plantes de cette famille ont des fleurs régulières, à ovaire adhérent au calice, lequel est surmonté de 3 à 6 dents, assez souvent peu visibles ; la corolle est à pétales soudés entre eux à la base ou en tube et présente 3 à 5 lobes qui ne se recouvrent pas les uns les autres dans le bouton mais sont simplement accolés entre eux. On observe 3 à 5 étamines, alternant avec les lobes de la corolle, 2 styles plus ou moins soudés entre eux, 2 stigmates, 2 carpelles. A la maturité, le fruit se sépare en 2 parties contenant une graine chacune ; plus rarement, le fruit est formé par un seul carpelle.
Ce sont des plantes herbacées, dont les feuilles (au moins vers la base de la plante) sont en apparence verticillées. En réalité, les feuilles sont opposées et les seules feuilles véritables sont celles qui peuvent produire un rameau à leur aisselle, mais ce sont les stipules de ces feuilles qui, soudées entre elles deux à deux, ou, plus souvent distinctes ou encore multipliées, chacune en forme de feuilles ordinaires, donnent à l'ensemble des deux feuilles opposées et de ces stipules transformées en feuilles l'apparence d'un verticille de feuilles. Les fleurs sont relativement très petites, de couleurs variées, disposées le plus souvent en grappes ramifiées, parfois en inflorescences plus simples. Les tiges souterraines et les racines sont assez souvent rougeâtres.
On a décrit 4.450 espèces de cette Famille, qui croissent dans les contrées les plus diverses du globe.

Raccourcis vers les genres décrits :

Asperula    >>>
Crucianella    >>>
Cruciata    >>>
Galium    >>>
Rubia    >>>
Sherardia    >>>
Valantia    >>>

LIAISONS ENTRE LES GENRES DE RUBIACÉES.
Les divers genres de Rubiacées de notre Flore sont reliés les uns aux autres par des intermédiaires ou par certaines similitudes de caractères. Quelques auteurs classent les Rubia dans le genre Galium parce que certains Galium (G. megalospermum par exemple) ont des fruits presque charnus comme ceux des Rubia, tandis qu'au contraire, certaines variétés de Rubia ont les fruits assez peu charnus ; d'autre part, plusieurs espèces de Galium, tel le Galium Aparine, ont, comme les Rubia, la propriété de s'accrocher en grimpant sur les autres plantes au moyen des aiguillons développés sur leurs feuilles et sur leurs tiges.
Les Galium se relient aux Vaillantia de plusieurs manières. Chez le Galium saccharatum (que Linné classait dans le genre Vaillantia), les fleurs sont, comme dans ce dernier genre, disposées par trois, la fleur centrale du groupe étant stamino-pistillée et les deux fleurs latérales seulement staminées. Par la disposition de leurs faux verticilles de feuilles et aussi un peu par le mode de groupement de leurs fleurs, certains Galium, comme le Galium murale (placés par beaucoup d'auteurs dans une section appelée pseudo-Vaillantia), se rapprochent aussi du genre Vaillantia. Les Asperula sont principalement rattachés au genre Galium par l'espèce Asperula galioides (qui a pour synonyme Galium glaucum), étant donné que le tube de la corolle est peu développé chez cette espèce et qu'inversement, certaines espèces de Galium (le G. pyrenaicum par exemple) ont les pétales peu étalés et sensiblement soudés entre eux à leur base sur une certaine longueur.
Des relations peuvent s'établir aussi entre le genre Sherardia et les Galium d'une part, les Asperula de l'autre. En effet, quelques auteurs ont classé dans les Sherardia les Galium verticillatum et G. murale, à cause des 2 carpelles restant adhérents entre eux. Mais les Sherardia peuvent être aussi rapprochés de certaines espèces d'Asperula, particulièrement de l'Asperula arvensis, assez analogue au Sherardia arvensis par la forme de la corolle et par la disposition des fleurs, groupées comme en capitules qui sont entourés chacun de feuilles formant une sorte d'involucre qui dépasse longuement les fleurs.
Restent les Crucianella, dont l'inflorescence semble au premier abord toute spéciale et ne se rattachant à aucune des Rubiacées précédentes. Toutefois, la forme de la corolle des Crucianella rappelle celle des corolles d'Asperula hexaphylla ou d'A. longiflora. D'ailleurs, si l'on considère, par exemple, le milieu d'une inflorescence de Crucianella maritima, on y remarque deux bractées principales opposées ayant chacune, à droite et à gauche les deux bractées latérales ; c'est la disposition de deux feuilles opposées munies chacune de leurs deux stipules, et cette disposition se trouve reproduite dans beaucoup de formes d'Asperula cynanchica où l'on voit deux feuilles plus grandes que les autres, opposées, ayant chacune, à droite et à gauche, deux feuilles plus petites qui sont en réalité formées par les stipules.
Enfin, toutes ou presque toutes les espèces de ces genres sont reliées entre, elles par un caractère chimique : leurs parties souterraines tiges souterraines ou racines, contiennent, en plus ou moins grande quantité, des glucosides spéciaux capables de produire sous une action diastasique des substances colorantes rouges telles que l'alizarine et la purpurine.

RELATIONS ENTRE LES RUBIACÉES ET LES AUTRES FAMILLES.
Les Rubiacées se rapprochent des Caprifoliacées par l'ovaire adhérent, à plusieurs carpelles, à placentation axile, par les étamines en même nombre que les pétales et par la plantule droite qui est au milieu d'un albumen charnu ou corné. Elles se relient aussi aux Cornées par la plupart de ces caractères ; entre la constitution de la fleur d'un Cornus et d'un Galium il n'y a presque pas d'autres différences que celles présentées par les pétales qui sont libres jusqu'à la base dans le premier cas et légèrement soudés entre eux à la base dans le second.
On peut ainsi par la famille des Cornées relier encore les Rubiacées aux Ombellifères, qui ont un ovaire adhérent à deux carpelles ayant chacun un seul ovule ; les étamines ont même nombre que les pétales et une plantule droite entourée par un albumen charnu ou corné. Nous verrons plus loin que les Rubiacées ont aussi quelque analogie avec les Dipsacées.

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