Cette espèce, commune dans les champs, les prés, les endroits sablonneux humides, a deux sortes de tiges, et celles à sporanges se montrent les premières.
Les tiges stériles, dont la taille varie de 20 à 60 cm, sont d'un vert pâle, marquées de 8 à 12 profonds sillons, rudes au toucher, creusées d'une petite cavité centrale, munies aux nœuds de gaines lâches, assez profondément divisées en 8 à 12 dents brunes et effilées ; et ces tiges portent dans la partie supérieure, sauf tout à fait dans le haut, des verticilles espacés de rameaux ordinairement simples, élalés-dressés, sans cavité centrale, à 4 côtes tranchantes séparées par de profonds sillons. La gaine de la base des rameaux est grisâtre ou brunâtre. Les tiges à sporanges, simples et d'un brun roussâtre, ont des gaines très espacées, ventrues, plus grandes et plus lâches que celles des tiges stériles, et mesurent seulement 10 à 20 cm de hauteur; elles se dessèchent après la maturité des spores. Les épis sont oblongs et roussâtres, longs de 2 à 4 cm, et les sporanges se forment pendant les mois de mars et d'avril.
C'est une plante vivace, à tige souterraine rampante donnant naissance à des tiges à sporanges dressées et à des tiges stériles dressées ou retombantes ou couchées dans le bas, puis redressées qui persistent pendant toute la durée de l'été. (On a observé des anomalies de cette espèce : tige à sporanges fourchue dans le haut ; épi fourchu ; épi muni vers le milieu de 2 ramifications latérales ; tiges stériles terminées par un épi ; tiges à sporanges d'abord simples, puis développant des rameaux comme les tiges stériles ; tige se prolongeant au-dessus de l'épi).
Noms vulgaires. En français : Queue-de-cheval, Queue-de-renard, Queue-de-chat, Queue-de-rat, Petite-Prêle. En anglais : Field-Horsetail, Cat's-tail, Horse-pipe, Pewter-grass. En allemand: Ackerschachtelhalm, Kannenkraut, Zinnkraut, Katzenwadel, Pferdeschwanz, Kleiner-Schachtelhalm. En flamand : Akker-Paardestaart, Heermoes, Kattestaart, Roebol. En italien : Coda-di-cavallo, Brusca.
Distribution. S'élève dans les montagnes jusque dans la zone subalpine. France, Suisse et Belgique : commun en général.
Europe : toute l'Europe. Hors d'Europe : Asie ; Afrique ; Amérique du Nord.
On a décrit 9 variétés de cette espèce. On a aussi décrit sous le nom d'Equisetum littorale un hybride de cette espèce avec l'espèce Equisetum limosum. Les variétés les plus intéressantes sont les suivantes :
Variété ramulosum Ruprecht (à ramules).
Tiges stériles à rameaux ramifiés. (Assez commun).
Variété nemorosum A. Br. (des bois).
Tiges stériles de 60 cm à 1 mètre de hauteur, à rameaux très longs, simples ou munis de quelques courts ramuscules, presque complètement étalés. (Assez commun).
Variété pseudosilvaticum Milde (Fausse-Prêle des bois).
Tiges stériles très élevées, à rameaux très longs, abondamment et longuement ramifiés, très étalés. (Rare).
Variété serotinum Meyer (tardive).
Tiges à sporanges ramifiées et ressemblant aux tiges stériles. (Rare).
Variété alpestre Wahlbg. (des Alpes).
Tiges stériles de 15 à 25 cm, couchées sur la plus grande partie de leur longueur, puis redressées, portant des verticilles de rameaux rapprochés. (Alpes).
Variété nanum A. Br. (naine).
Tiges stériles couchées, longues de 6 à 10 cm, à rameaux courts et simples, munies de gaines à 5 ou 6 dents. (Environs de Tignes dans les Alpes de Savoie).