Remarque :
Dans la Flore Portative, Gaston Bonnier a décrit comme espèce Lilium croceum. Dans la Grande Flore Illustrée, il l'a décrit comme sous-espèce de L. bulbiferum.
Cette belle plante de 40 à 90 cm de hauteur, très décorative par ses grandes fleurs orangées ponctuées de noir, croît en Suisse dans les endroits rocheux des Grisons. Les fleurs s'épanouissent pendant les mois de juin et de juillet.
Les feuilles, étroites-lancéolées, aiguës, parcourues par 5 à 7 nervures principales parallèles, sont étalées ou étalées-dressées, nombreuses, éparses le long de la tige. Les feuilles, surtout les supérieures, portent à l'aisselle des bulbilles ovoïdes, brunâtres et luisantes. Les fleurs, portées par des pédoncules velus, sont ordinairement solitaires, ou, plus rarement, groupées par 2 à 5 à l'extrémité de la tige en une sorte d'ombelle accompagnée de feuilles plus larges que les autres. Les divisions de la fleur sont largement ovales-lancéolées (1 à 2 fois plus longues que larges), munies sur le dos de poils laineux, dressées ou plus moins étalées dans le haut ; les pétales sont un peu plus larges que les sépales, plus brusquement atténués en onglet à la base, à contour presque losangique. Les étamines sont aussi longues que le pistil. Le fruit est ovoïde, à 6 angles arrondis.
C'est une plante vivace, à tige simple et dressée, quelque peu anguleuse, à bulbe écailleux d'un blanc-jaunâtre donnant naissance à un bulbe de remplacement qui perpétue la plante et à des rejets de 10 à 20 cm de longueur produisant des caïeux qui la multiplient. Les bulbilles développées à l'aisselle des feuilles peuvent aussi multiplier la plante. (On a décrit des anomalies de cette espèce : tiges fasciées, c'est-à-dire soudées en long ; tige terminée par une bulbille ; fleurs construites sur le type 2 ou sur le type 4 ; fleur ayant 5 sépales, 6 pétales, 13 étamines et 8 carpelles ; fleurs à 18 pétales dont les externes étaient verts, tandis que les internes étaient partiellement transformés en étamines ; fleur présentant un troisième verticille d'étamines en partie transformées en carpelles).
Noms vulgaires. En français : Lis-orangé, Lis-éclatant. En anglais : Orange-Lily, Red-Lily. En allemand : Feuerlilie, Brandlilie, Goldlilie, Rote-Lilie. En flamand : Oranjelelie, Roode-Lelie. En italien : Giglio-rosso.
Usages et propriétés. Cultivé, de même que la sous-espèce Lilium croceum, comme plante ornementale.
Distribution. Atteint 1.900 mètres d'altitude dans les Alpes. Suisse : Grisons (Fuldera, Lü, Tarasp, etc.).
Europe : Italie, Suisse, Allemagne, Bohême, Autriche, Transylvanie.
On a décrit 1 sous-espèce de cette espèce. C'est la suivante :
L. croceum Chaix (L. safrané)
Feuilles toujours sans bulbilles à l'aisselle ; fleurs ordinairement groupées par 2 à 5, d'un beau jaune orangé, ponctuées de noir ; sépales et pétales ovales-allongés, 3 à 4 fois plus longs que larges ; fruit à 6 angles aigus et comme coupé en travers au sommet ; plante de 40 à 70 cm de hauteur. (Assez rare dans le Jura, les Alpes de Savoie, du Dauphiné et de la Provence, -les Alpes-Maritimes. Suisse : Alpes et Jura).