Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Littorella uniflora (L.) Ascherson
Cette curieuse petite plante, de 4 à 20 cm, croît sur les bords sableux des mares, des étangs ou des lacs, surtout sur les terrains siliceux, et y forme parfois des gazons étendus ; on la trouve çà et là dans la plupart des contrées de notre Flore, sauf dans la Région méditerranéenne. Ses petites fleurs à corolle blanchâtre s'épanouissent depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août.
Les feuilles sont très étroites, allongées, dressées, plus ou moins charnues, toutes à la base des tiges fleuries ; ces feuilles, lorsqu'elles se développent hors de l'eau, sont vertes, en forme de demi-cylindre et comme creusées en gouttière dans leur partie inférieure ; les feuilles développées dans l'eau sont d'un vert-jaunâtre et cylindriques. Les fleurs staminées sont isolées et situées chacune sur un rameau grêle et dressé portant une ou deux petites bractées membraneuses, courtes et embrassant la tige ; ces fleurs staminées présentent un calice à 4 lobes obtus qui sont membraneux sur leurs bords, une corolle sans poils, à tube cylindrique entouré par le calice à 4 divisions ovales, plus ou moins étalées, et sont remarquables par leurs 4 étamines à longs filets très grêles, terminés chacun par une anthère en forme de cœur renversé. Les fleurs pistillées, groupées par 1 à 3 au pied du rameau grêle qui porte une fleur staminée, sont sans pédoncule ; chacune comprend un calice constitué par 3 à 4 sépales blancs, libres entre eux, plus ou moins inégaux ; une corolle en forme de bouteille dont le col porte 3 ou 4 petites dents à son sommet ; un ovaire, inclus dans la corolle, terminé par un style allongé, poilu à son extrémité. Le fruit est ovoïde, d'aspect osseux, ne s'ouvre pas, et ne renferme qu'une seule graine.
C'est une plante vivace qui ne fleurit, en général, sur le bord des mares, étangs ou lacs, qu'aux endroits où l'eau s'est retirée, ou dans le sable très humide, mais dont les parties végétatives peuvent se développer dans l'eau. La tige souterraine est courte et forme des rejets qui partent de l'aisselle des feuilles les plus inférieures ; ces rejets, qui multiplient et perpétuent la plante, sont mis en liberté à la fin de l'hiver, et chacun d'eux donne naissance à une courte tige cylindrique et charnue qui peut produire, à son tour, de nouveaux rejets à l'aisselle de ses feuilles les plus inférieures.
Noms vulgaires. En français : Plantain-de-moine. En anglais : Grass-leaved-Plantain, Shore-weed. En allemand : Strändling, Sumpfstrandling, Uferkraut. En flamand : Oeverkruid, Oevergras. En italien : Budellina-acquatica.
Usages et propriétés. Les feuilles sont astringentes, vulnéraires et anti-ophtalmiques.
Distribution. Préfère les terrains siliceux ; ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes. France : çà et là, sauf dans la Région méditerranéenne ; de distribution assez inégale ; par exemple : assez commun en Alsace ; assez rare en Lorraine ; très rare dans les Ardennes (environs de Rimogne) ; rare dans le Jura ; çà et là dans la Bresse et dans le Bassin du Rhône ; très rare dans l'Eure mais commun dans la Sarthe ; assez rare aux Environs de Paris ; assez commun en Bretagne ; çà et là dans l'Ouest (très commun dans la Loire-Inférieure) ; commun en Sologne, mais très rare dans le Perche et la Beauce ; rare dans la Côte d'Or ; assez commun en Auvergne, dans la Haute-Vienne et dans la partie basse de la Corrèze (manque dans la partie haute de la Corrèze) ; rare ou très rare dans l'Aveyron et dans le bassin sous-pyrénéen ; etc. Suisse : çà et là ; manque dans les cantons de Schwytz, Uri, Unterwald, Bâle, Soleure et dans les Grisons. Belgique : assez commun ou assez rare dans les Campines limbourgeoise et anversoise ; très rare ailleurs.
Europe : presque toute l'Europe, sauf dans la Région méditerranéenne. Hors d'Europe : Amérique du Nord.
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