Cet arbrisseau, à odeur aromatique prononcée, qui peut dépasser un mètre de hauteur, croît dans les endroits arides et parmi les rochers dans le Midi de la France méridionale ; il est surtout abondant dans la Région méditerranéenne, et, plus particulièrement sur le littoral ; ses fleurs d'un bleu-pâle plus ou moins lilacé ou plus rarement blanchâtres, s'épanouissent pendant toute l'année.
Les feuilles, sans pétiole, assez coriaces, persistant pendant l'hiver, sont étroites, entières, enroulées sur leurs bords, vertes et comme chagrinées sur leur face supérieure, blanchâtres-cotonneuses sur leur face inférieure. Les fleurs sont disposées en petites grappes vers la partie supérieure des rameaux et sur une assez grande longueur. Le calice, dont le tube est un peu en forme de cloche est comme poudré-blanchâtre et n'a que 3 divisions dont la plus large est la lèvre supérieure et dont les 2 autres constituent la lèvre inférieure. Le tube de la corolle est en entonnoir et saillant au-delà du calice ; la lèvre supérieure de la corolle est un peu en forme de casque et à 2 lobes ; la lèvre inférieure est à 3 lobes avec le médian plus large, concave. Il n'y a que deux étamines qui se détachent vers le sommet du tube de la corolle et qui sont saillantes. Le style se termine par un seul stigmate qui se développe, le plus souvent, après les étamines. Le nectaire n'est pas divisé en 4 proéminences très saillantes, mais la masse des tissus nectarifères est très développée. Les 4 parties du fruit sont de couleur brune.
C'est un arbrisseau rameux, à rameaux feuillés, dont les racines produisent des bourgeons adventifs qui peuvent former des rejets.
Noms vulgaires. En français : Romarin, Encensier, Herbe-aux-couronnes. En allemand : Rosmarin, Weihrauchkraut, Badekraut. En flamand : Bosmarijn. En italien : Rosmarino, Tresmarino.
Usages et propriétés. Cultivé dans les jardins comme plante aromatique, parfois pour orner les parterres. Très visité par les abeilles pour lesquelles il constitue une ressource de première importance dans la Région méditerranéenne, à cause de sa floraison abondante et continuelle ; le nectar fournit un miel dont le parfum, accentué mais agréable, est l'une des caractéristiques du miel méditerranéen ou « miel de Narbonne ». On l'emploie en parfumerie et pour aromatiser les jambons ; en Italie, notamment, on l'utilise aussi pour assaisonner les mets, et, en particulier, le riz. Les rameaux fleuris ont été usités contre la toux et ont des propriétés stomachiques ou excitantes. La distillation des sommités fleuries donne une « eau distillée » désignée sous le nom d'« eau de la Reine de Hongrie ». On extrait des fleurs une huile essentielle spéciale ou « essence de Romarin », d'odeur forte et camphrée.
Distribution. Ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes. France : Région méditerranéenne où il est, en général, commun ou très commun sur le littoral ; peu commun dans la Drôme et l'Ardèche, dans le Plateau-Central et les Pyrénées ; rare dans l'Aveyron où parfois il est seulement naturalisé ; il peut être quelquefois subspontané ailleurs. Suisse : Suisse méridionale ; subspontané çà et là, ailleurs.
Europe : Sud de l'Europe. Hors d'Europe : Sud-Ouest de l'Asie ; Nord de l'Afrique.
On a décrit 2 variétés de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Variété tenuifolius G. B. (à feuilles étroites)
Feuilles étalées, d'un vert assez sombre sur la face supérieure, d'environ 1 mm de largeur ; plante peu élevée, à rameaux courts. (Çà et là dans le Midi de la France).
Variété latifolius G. B. (à larges feuilles)
Feuilles relativement larges, d'un vert clair en dessus, très blanches-cotonneuses en dessous ; lobe médian de la lèvre inférieure de la corolle non ou à peine échancré à son sommet ; rameaux lâches, non rigides, plus ou moins contournés. (Nord de la Provence, Sud du Dauphiné, Pyrénées-Orientales).