Lamiaceae - - Mentha sylvestris (L.)

Menthe sylvestre

Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Mentha longifolia (L.) Hudson

Les formes que l'on peut réunir sous ce nom sont des plantes dont la taille varie de 30 cm à 1 mètre et qui se trouvent plus ou moins répandues dans presque toutes les contrées de notre Flore, au bord des ruisseaux et dans les endroits humides. Le type principal croît souvent en masse, et peut occuper, sur les pentes humides des montagnes ou au confluent des ruisseaux, des espaces considérables, participant alors à l'aspect général du paysage. Les fleurs, rosées, blanches, lilacées ou rougeâtres, se montrent de juillet à septembre, et parfois encore en octobre.
Ces plantes ont les caractères communs suivants. Les feuilles sont ovales-allongées, aiguës au sommet, dentées-en scie sur les bords, à dents pointues, arrondies ou un peu en cœur renversé à la base, sans pétiole ou à pétiole très court. L'ensemble des fleurs forme des inflorescences ayant l'apparence d'épis cylindriques, dont les faux-verticilles inférieurs sont parfois écartés les uns des autres. Les bractées sont très étroites et très aiguës, plus longues que les boutons, ayant à peu près la même longueur que les fleurs développées. Le calice, plus ou moins en forme de cloche, est sans poils en dedans, à 5 divisions étroites et longuement aiguës ; à la maturité, il se contracte au niveau supérieur du tube. La corolle, sans poils en dedans, présente 4 lobes dont l'un est échancré au sommet et un peu plus large que les 3 autres. Les 4 parties du fruit sont ovoïdes et couvertes de petites ponctuations, parfois très fines.
Ce sont des plantes vivaces, odorantes, à tiges florifères dressées, et dont la tige souterraine, ramifiée, porte des racines adventives ordinairement isolées, quelquefois groupées par deux, insérées à l'aisselle des feuilles réduites à des écailles. (On trouve quelquefois des exemplaires à feuilles verticillées par 3 ou même par plus de 3 ; d'autres à feuilles frisées sur les bords ; d'autres encore à tiges soudées en long, etc.). Le type principal se reconnaît à ses feuilles blanches-cotonneuses ou grisâtres-cotonneuses sur leur face inférieure ; à ses tiges poilues ; à ses inflorescences cylindriques compactes ; à ses bractées ciliées-plumeuses ; aux calices, pédoncules et ramifications de l'inflorescence velus sur toute leur surface ; l'odeur de la plante est un peu forte mais assez agréable.

Noms vulgaires. En français : (pour le type principal) Menthe-à-épi, Menthe-romaine, Menthe-de-Notre-Dame, Chevaline, Menthe-sauvage ; (pour la sous-espèce M. viridis) Baume-vert, Menthe-verte. En allemand : (pour le type principal) Waldminze, Pferdeminze, Wilde-Minze, Rossminze ; (pour la sous-espèce M. viridis) Grüne-Minze. En flamand : (pour le type principal) Wilde-Munte, Hertsmunt ; (pour la sous-espèce M. viridis) Groene-Munt. En anglais : (pour le type principal) Wood-Mint, Horse-Mint ; (pour la sous-espèce M. viridis) Spear-Mint, Green-Mint. En italien : Menta-salvatica, Mentastio, Mentone, Mentastro.

Usages et propriétés. En Russie, on substitue cette plante au Houblon pour parfumer la bière ; employé en parfumerie (eau de Menthe). Cultivé dans les jardins (surtout la sous-espèce M. viridis) ainsi que les variétés à feuilles crépues (Mentha crispata Schrader) et que l'hybride avec le Mentha aquatica dénommé Mentha citrata Ehrh., à odeur de citron, que les montagnards des Vosges plantent souvent dans leurs petits jardins. Les abeilles visitent beaucoup les fleurs pour y récolter un nectar abondant et de très bonne qualité. La plante est stomachique et antispasmodique. On y trouve du stachyose et une huile essentielle spéciale (0,15 à 0,3 % de la plante sèche). L'huile essentielle extraite du type principal ou « essence de Menthe silvestre » diffère un peu de celle de la sous-espèce ou « essence de Menthe verte », laquelle est encore différente de l'huile essentielle que l'on retire de la variété « crispa » ou « essence de Menthe crépue ».

Distribution. Peut s'élever jusque dans la zone alpestre du Jura, jusqu'à 1.800 m d'altitude dans les Alpes, jusqu'à 1.500 m dans les Pyrénées, jusqu'à 1.100 m dans les Corbières. France : peut se trouver dans presque toutes les contrées, mais présente une distribution très inégale ; par exemple : rare dans le Nord de la France, la Normandie, la Sarthe et aux Environs de Paris ; commun en Alsace ; assez commun en Lorraine ; commun dans les contrées du Jura ; çà et là, peu commun, dans l'Ouest ; rare ou assez rare dans la partie septentrionale du Centre ; commun en Auvergne mais rare en Limousin ; très commun dans la Côte-d'Or ; commun dans le bassin du Rhône ; assez commun ou assez rare dans le Tarn et le bassin sous-pyrénéen ; commun dans les Pyrénées et les Corbières ; rare ou assez rare dans le Languedoc ; assez commun ou assez rare dans la Provence et les Alpes-Maritimes (rare sur le Littoral), etc. Suisse : commun ou très commun, surtout dans les régions montagneuses. Belgique : assez commun ou assez rare dans la Région hesbayenne ; très rare dans les Régions campinienne, littorale et de l'Ardenne.
Europe : presque toute l'Europe, sauf la zone arctique. Hors d'Europe : Centre et Ouest de l'Asie ; Nord et Sud de l'Afrique ; naturalisé dans l'Amérique du Nord et dans une partie de l'Amérique du Sud.

On a décrit 1 sous-espèce, 1 race et 25 variétés de cette espèce ; on a décrit aussi 4 hybrides entre cette espèce ou sa sous-espèce et l'espèce Mentha rotundifolia, avec 15 variétés ou hybrides secondaires ; et aussi 1 hybride entre le type principal et la sous-espèce ; et encore 2 hybrides entre l'espèce ou la sous-espèce et l'espèce Mentha aquatica, avec 11 variétés ou hybrides secondaires s'y rapportant ; on a décrit aussi 1 hybride principal entre la sous-espèce et l'espèce Mentha arvensis, avec 7 variétés ou hybrides secondaires. La sous-espèce, la race et les variétés les plus intéressantes sont les suivantes :

Variété mollissima Benth. (à poils très mous)
Feuilles à dents fortes et irrégulières, largement ovales et longuement en pointe dans leur partie supérieure, à poils mous, comme veloutées, blanches-cotonneuses sur les deux faces. (Çà et là, assez commun ou assez rare).

Variété miorophylla Lejeune (à petites feuilles).
Feuilles relativement petites (de 35 à 40 mm de longueur sur 15 à 18 mm de largeur), poilues-grisâtres, à dents peu saillantes qui ne dépassent pas 1 mm de longueur. (Çà et là, assez rare).

Variété gracilis W. et Gr. (grêle).
Feuilles à dents très courtes et assez régulières, insensiblement et longuement en pointe dans la partie supérieure, d'environ 70 à 90 mm de longueur sur 20 à 27 mm de largeur. (Montagnes).

Variété sordida W. et Gr. (sordide).
Feuilles à dents écartées d'environ 5 à 10 mm les unes des autres, et non saillantes ; le limbe, qui est insensiblement en pointe vers le haut, mesure environ de 58 à 62 mm de longueur sur 20 à 27 mm de largeur. (Assez commun).

Variété capitata Wirtg. (capitée).
Feuilles à dents nombreuses et rapprochées ; inflorescences presque globuleuses. (Très rare).

M. reflexifolia Opiz (à feuilles réfléchies)
Feuilles très étroitement ovales, à bords presque parallèles à la nervure médiane, denticulées, souvent déjetées ou renversées. (Rare ; signalé dans la vallée de Cairos (Alpes-Maritimes) et dans la Loire, à Veauchette).

M. viridis L. (M. verte)
Feuilles vertes sur les deux faces, sans poils ou presque sans poils ; inflorescences assez grêles, à faux verticilles écartés les uns des autres dans le bas des inflorescences ; bractées et divisions du calice sans poils ou seulement ciliés ; tubes des calices, pédoncules et rameaux de l'inflorescence sans poils. (Montagnes).

Variété crispata F. Schultz (crispée)
Feuilles découpées et crépues ; parfois presque divisées en lanières recourbées. (Rare).

Variété cordifolia Pérard (à feuilles en cœur).
Feuilles découpées sur les bords, plus ou moins en cœur renversé à leur base. (Rare).

Variété laevigata Malinvaud (lisse)
Feuilles plus ou moins en cœur renversé à la base, finement dentées en scie ou presque entières. (Rare).

Remarque.
Le Mentha piperita Huds. (Menthe poivrée), cultivé, parfois subspontané, très rarement naturalisé, se distingue du Mentha viridis par ses feuilles ayant un pétiole de 10 à 15 mm et par ses inflorescences ellipsoïdes. Cette espèce, riche en menthol, est usitée de préférence pour fabriquer les « pastilles de menthe ».

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