Les formes que l'on peut réunir sous ce nom sont des plantes de 10 à 50 cm, d'un aspect plus ou moins jaunâtre, croissant dans les champs, les prés et les bois de beaucoup de contrées de notre Flore. Leurs fleurs, jaunes et violacées ou bleuâtres, blanchâtres-violacées ou parfois entièrement jaunes ou blanches, s'épanouissent depuis le mois de mai jusqu'au mois de juillet.
Les écailles ont de 8 à 22 millimètres de longueur et sont, en général, assez distantes les unes des autres sur la tige. Les fleurs sont groupées en un épi plus ou moins lâche dans sa partie inférieure, elles ont environ la même longueur que les bractées, soit 10 à 20 millimètres. Le calice est divisé en deux parties qui ne montrent qu'une nervure nettement distincte. La corolle, régulièrement arquée sur le dos, présente des lobes non ciliés sur les bords. Les étamines ont leurs filets insérés vers 2 à 3 millimètres au-dessus de la base de la corolle. Le stigmate est rougeâtre ou violacé, rarement jaune.
Ce sont des plantes vivaces, parfois ne vivant que quelques années par suite du défaut de bourgeons de remplacement, à tige dressée, plus ou moins poilue-glanduleuse, renflée à sa base. (On a décrit des exemplaires chez lesquels la fleur inférieure de l'épi est portée sur un long pédoncule). L'espèce est principalement parasite sur les Trifolium et, en particulier, sur le Trifolium pratense, mais on peut la trouver sur de nombreuses autres plantes telles que : Pisum sativum, plusieurs espèces de Medicago et de Dorycnium, Crithmum maritimum, Caucalis maritima, Dipsacus silvestris, diverses espèces de Leucanthemum, Galactites tomentosa, Carduus tenuiflorus, Hypochaeris radicata, Urospermum Dalechampii, Picris hieracioides, Crépis virens, Cyclamen europaeum, Marrubium vulgare, Glechoma hederacea, Cerinthe aspera, Borago officinalis, Quercus ilex, etc. La sous-espèce O. azanonis est parasite sur l'Artemisia camphorata ; une variété de la sous-espèce O. unicolor est parasite sur l'Euphorbia Paralias. Le type principal se reconnaît à son calice dont les dents égalent ou dépassent le tube de la corolle, laquelle présente une lèvre supérieure à 2 lobes et une lèvre inférieure à 3 lobes presque égaux entre eux, ainsi qu'aux étamines qui ont des filets presque sans poils.
Usages et propriétés. Peut être parfois très nuisible aux cultures de Trèfles.
Distribution. Ne s'élève guère à plus de 1.600 m d'altitude sur les diverses montagnes. France : se trouve dans presque toutes les parties de la France, mais très inégalement répandu ; par exemple : rare dans le Nord et en Alsace ; Environs de Paris ; très commun dans la Sarthe ; çà et là dans l'Ouest, parfois assez commun ; rare dans le Plateau-Central (manque dans le Cantal) ; çà et là, parfois commun, dans le Centre et le Sud-Ouest ; assez commun en Bourgogne ; commun dans le bassin du Rhône et dans le Languedoc, mais rare dans l'Aude ; rare dans le Jura ; assez rare en Provence, etc. Suisse : commun ou assez commun. Belgique : assez commun dans les Régions hesbayenne et campinienne ; assez rare ou rare ailleurs.
Europe : assez répandu. Hors d'Europe : Asie-Mineure ; Nord de l'Afrique, Abyssinie.
On a décrit 2 sous-espèces et 8 variétés de cette espèce ; les 2 sous-espèces et les variétés les plus intéressantes sont les suivantes :
Variété angustissima Beck (à corolle très étroite).
Corolle à tube étroit, ne mesurant guère que 3 mm de largeur ; fleurs de 10 à 15 mm de largeur. (Çà et là, rare).
Variété Leucanthemi Rouy (du Leucanthème)
Corolle de 18 à 20 mm de longueur, à peine glanduleuse à l'extérieur ; fleurs en un épi très long et très lâche, qui peut atteindre jusqu'à 50 cm de longueur. Parasite sur les Leucanthemum. (Extrêmement rare ; environs de Brousse, dans l'Aveyron).
Variété Crithmi G. B. (du Crithmum)
Corolle blanchâtre, non teintée de violet ni de bleuâtre, à peine glanduleuse à l'extérieur. (Sables du Languedoc).
Variété minima Beek (minime)
Corolle de 10 à 11 millimètres ; tige assez grêle. (Çà et là, rare).
O. ozanonis F. Schultz (O. d'Ozanon).
Calice à divisions nettement plus courtes que le tube de la corolle dont la lèvre supérieure est entière ou à peine échancrée et dont la lèvre inférieure est à lobe du milieu plus grand que les deux lobes latéraux ; étamines à filets très poilus à la base. Parasite sur l'Artemisia camphorata. (Extrêmement rare : rochers de Pirtes, près de La Grave, Huez-en-Oisans, dans l'Isère).
O. unicolor Boreau (O. unicolore)
Plante entièrement jaune ; stigmate jaune ; fleurs inférieures portées sur des pédoncules plus ou moins allongés ; étamines à filets présentant des poils même dans leur partie supérieure. Parasite sur diverses espèces de Trifolium. (Normandie, Sarthe, Environs de Paris, Anjou, Touraine, Nivernais, Gers, etc.).
Variété Euphorbiae Paraliasi G. B. (de l'Euphorbe Paralias)
Corolle blanche ou d'un blanc légèrement jaunâtre ; stigmate jaune ; écailles étroites. Parasite sur l'Euphorbia Paralias. (Très rare : dunes de Biville, dans la Manche).