Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Orobanche alba Stephan ex Willd.
Cette espèce est répandue dans presque toutes les contrées de notre Flore, où on la rencontre dans les prés, les bois et les endroits vagues. C'est une plante qui a ordinairement de 10 à 30 cm de hauteur, mais qui peut atteindre parfois jusqu'à 70 cm Elle est d'un aspect jaune-rougeâtre, rarement tout à fait jaune, et ses fleurs d'un blanc-jaunâtre, jaunes, rougeâtres ou rouges, ordinairement marquées de stries pourprées, se montrent depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'août.
Les écailles sont longues de 8 à 22 millimètres et s'espacent le long de la tige. Les fleurs, qui exhalent une légère odeur de girofle ou d'œillet, sont disposées en épi peu fourni, d'abord serré puis plus ou moins lâche ; ces fleurs mesurent de 15 à 25 millimètres, rarement de 25 à 28 millimètres de longueur et sont placées obliquement par rapport à l'axe de l'épi. Le calice est séparé en deux parties, écartées l'une de l'autre ; chacune de ces parties présente plusieurs nervures visibles et est le plus souvent entière, parfois avec une petite dent, très rarement munie de 2 ou 3 dents profondes. Le sommet des sépales atteint à peu près le haut du tube de la corolle ; celle-ci est poilue-glanduleuse, un peu arquée sur le dos, à lobes ciliés et denticulés ; la lèvre supérieure est échancrée ; le lobe moyen de la lèvre inférieure a presque une fois et demie la largeur des lobes latéraux. Les étamines ont leurs filets un peu poilus inférieurement, et sont insérées environ à 1 ou 2 millimètres au-dessus de la base de la corolle. Le stigmate est d'un pourpre foncé, rarement jaune.
C'est une plante vivace, à tiges dressées, poilues-glanduleuses, un peu renflées à leur base où se produisent des ramifications, souvent disposées en pelote dense ; ces ramifications sont des suçoirs qui peuvent s'implanter sur d'autres parties de la plante attaquée ou même sur les racines et les tiges souterraines d'autres plantes voisines ; ces suçoirs produisent des bourgeons adventifs qui multiplient la plante. L'espèce est principalement parasite sur les Thymus Serpyllum et Thymus vulgaris, mais aussi sur les Satureia et les Teucrium, parfois sur les Euphorbia, Potentilla, etc., très rarement sur l'Helleborus viridis.
Noms vulgaires. En français : Epithym. En allemand : Quendelsommerwurz. En flamand : Tijm-Bremraap. En italien : Succiamele-del-Timo.
Usages et propriétés. Plante parfois très nuisible lorsqu'elle se développe en abondance dans les cultures de Fèves, de Pois ou de Pois-chiche. Les bases des tiges sont antispasmodiques et ont été employées contre les maladies nerveuses et les dérangements d'intestin.
Distribution. Ne s'élève guère, en général, à plus de 1.300 m d'altitude sur les montagnes ; peut se trouver quelquefois plus haut, notamment sur les sommités du Jura. France : commun en général, mais parfois de distribution inégale ; par exemple : rare dans l'Eure ; très rare dans la Sarthe ; çà et là dans l'Ouest (manque en Bretagne) ; manque dans la Haute-Vienne ; assez commun ou assez rare dans le bassin sous-pyrénéen ; assez rare dans l'Aude, assez commun dans le Var, etc. Suisse : commun ou assez commun. Belgique : rare (Région jurassique) .
Europe : presque toute l'Europe, sauf la zone arctique. Hors d'Europe : Sud-Ouest de l'Asie, Himalaya ; Algérie.
On a décrit 1 race et 5 variétés de cette espèce ; la race et les variétés les plus intéressantes sont les suivantes :
Variété lutescens Boreau (devenue jaune).
Plante jaune, fleurs jaunes ; stigmate jaune. (Çà et là, rare).
Variété major Celakowski (grande).
Epi serré, à fleurs nombreuses ; tige robuste, de 40 à 70 cm ; fleurs de 25 à 28 mm de longueur. (Çà et là, rare).
Variété longibracteata Rouy (à longues bractées).
Épi d'aspect chevelu, à bractées bien plus longues que les fleurs. (Çà et là, rare).
O. hellebori Miégeville (O. de l'Hellébore).
Fleurs de 22 à 26 mm, rouges, striées de pourpre-noirâtre ; calice divisé eu deux parties qui sont elles-mêmes divisées en 2 ou 3 lobes aigus ; corolle couverte de poils jaunes, glanduleux ; stigmate jaune. (Parasite sur l'Helleborus viridis ; Pyrénées où il est très rare ; vallée du port de Pinède ; chaîne du Lustou).