Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Orobanche ramosa L.
Les formes que l'on peut réunir sous ce nom sont des plantes de 5 à 30 cm, que l'on rencontre dans les champs, les prés ou les terrains vagues d'une grande partie de notre Flore, où l'espèce est inégalement disséminée. Les fleurs, d'une grande partie jaunâtre teintée de bleu pâle, d'un bleu violet foncé ou d'un violet clair, rarement blanches, s'épanouissent, suivant les diverses formes, depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre.
Toutes ces plantes ont les caractères communs suivants. La tige, le plus souvent rameuse, porte de petites écailles, qui ont en général de 6 à 12 millimètres de longueur. Les fleurs, plus ou moins penchées ou courbées, sont sans pédoncule bien distinct et groupées en épis devenant assez allongés lorsque la floraison est avancée. Le calice, plus ou moins poilu, est à 4 divisions aiguës dans leur partie supérieure. La corolle mesure de 7 à 25 millimètres de longueur et sa partie étranglée est dépassée par les divisions du calice ; ses lobes sont poilus ou au moins ciliés. Le stigmate est blanchâtre ou jaunâtre, parfois un peu bleuâtre.
C'est une plante annuelle ou vivace, à tiges dressées, plus ou moins poilues-glanduleuses, renflée ou plus souvent peu épaissie à sa base. L'espèce est parasite sur un assez grand nombre de plantes et il arrive assez souvent que la base de la tige produit, lorsque la plante parasitée meurt, des bourgeons de remplacement qui vont s'attacher à une autre espèce proche de la plante morte, ou encore que, sur une espèce parasitée vivante, il parte du renflement inférieur du parasite des sortes de prolongements formant une pelote dense qui perpétuent le parasite sur la plante attaquée. Les plantes parasitées par cette espèce sont nombreuses. Pour le type principal, ce sont souvent le Cannabis sativa et le Nicotiana Tabacum, mais aussi diverses espèces des genres Lamium, Glechoma, Polygonum, Humulus, Cochlearia, Lycopersicum, Solanum, Roripa, Helianthus, Leucanthemum, Senecio, Lactuca, Pastinaca, Conium, Geranium, Erodium, Trigonella, Trifolium, Psoralea, Angelica, Lactuca, Arabis, etc. Les sous-espèces peuvent être parasites sur d'autres plantes encore. (On a trouvé quelquefois des échantillons anormaux à fleurs ayant 3 ou 4 carpelles). Le type principal se reconnaît à ses fleurs jaunâtres teintées d'un bleu-violet pâle, à son calice très poilu dont les divisions sont plus courtes que la moitié de sa longueur totale, à sa corolle dont les lobes sont arrondis et très obtus.
Noms vulgaires. En français : Orobanche-du-Chanvre, Mort-au-Chanvre. En anglais : Branched-Broomrape. En allemand : Hanfwürger, Tabakwürger. En flamand : Hennepbremraap, Hennepvreter. En italien : Lamione-delle-Canape, Succiamele-piccolo.
Usages et propriétés. La plante constitue souvent un vrai fléau lorsqu'elle envahit les champs de Chanvre et de Tabac. La base des tiges a été usitée dans le traitement des maladies nerveuses.
Distribution. Ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes. France : plus ou moins répandu dans toutes les contrées, mais de distribution très inégale ; par exemple : assez rare dans le Nord de la France et aux Environs de Paris ; commun eu Lorraine et en Alsace ; assez commun dans le Jura et dans le Bassin du Rhône ; çà et là dans l'Ouest (commun dans les Deux-Sèvres) ; rare ou assez rare dans la partie septentrionale du Centre de la France ; commun ou assez commun en Auvergne et dans la partie basse de la Corrèze ; rare dans la Haute-Vienne ; manque dans la partie haute de la Corrèze ; très rare dans la Dordogne ; commun dans l'Hérault ; assez rare, rare ou très rare dans le reste de la Région méditerranéenne, etc. Suisse : dans les cultures de Chanvre et de Tabac. Belgique : très rare dans les champs de Chanvre des Régions hesbayenne et campinienne.
Europe : Europe occidentale, centrale et méridionale. Hors d'Europe : Liban, Mésopotamie, Caucase ; Nord de l'Afrique ; naturalisé dans l'Amérique du Nord.
On a décrit 3 sous-espèces et 2 variétés de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Variété albiflora G. B. (à fleurs blanches)
Fleurs blanches ; plante très velue (Ain, Midi).
P. muteli Reut. (P. de Mutel)
Fleurs de 15 à 22 mm de longueur, courbées et penchées, sans pédoncule, en épis courts et serrés ; plante poilue-glanduleuse, à écailles de 6 à 12 mm ; corolle à lobes arrondis, couverts de poils serrés. (Région méditerranéenne).
Variété nana Reut. (naine)
Fleurs de 5 à 15 mm de longueur, d'un violet intense, à lobes de la corolle presque aigus ; calice à divisions atteignant le haut du tube de la corolle ; fleurs groupées en épi peu allongé ; tige grêle, le plus souvent non rameuse. (Haute-Garonne, Pyrénées-Orientales) .
P. olbiensis Coss. (P. d'Hyères)
Fleurs d'un violet clair, à lobes fortement denticulés ; calice à divisions atteignant presque le haut du tube de la corolle, à nervures peu visibles ; plante presque sans poils (Iles d'Hyères).