C'est une espèce, généralement plus ou moins rare, mais disséminée dans beaucoup de contrées de notre Flore où elle tapisse le sol dans les bois et les forêts humides. Ses tiges, faibles et grêles, de 10 à 55 cm de longueur, sont couchées et enracinées. Elle épanouit d'avril à juillet ses fleurs d'un bleu pâle ou blanchâtres, avec les trois lobes supérieurs de la corolle striés de pourpre.
Les feuilles, toutes opposées, à l'exception des petites bractées qui accompagnent les fleurs, sont pourvues d'un pétiole allongé qui porte un limbe ovale-arrondi et profondément denté sur les bords sauf au sommet et dans sa partie inférieure ; ces feuilles sont velues et à nervures assez accentuées. Les fleurs sont disposées, par petit nombre, en grappes très lâches qui prennent naissance à l'aisselle des feuilles, et chacune d'elles est placée sur un pédoncule qui mesure de 3 à 4 fois la longueur du calice ou de la bractée à l'aisselle de laquelle il se trouve. Le calice est velu, à 4 divisions peu inégales et qui présentent leur plus grande largeur un peu au-dessus de la moitié de leur longueur. La corolle, environ 2 fois plus longue que le calice, est à 4 lobes qui sont un peu aigus dans leur partie tout à-fait terminale. Ce qui caractérise particulièrement cette espèce c'est la forme du fruit mûr qui est très aplati, comme ailé sur les bords, cilié, plus large que long, échancré et débordant, à droite et à gauche, le calice persistant qui l'entoure et qui est plus court que lui ; le style, qui subsiste après la floraison, est à peu près de la même longueur que le reste du fruit.
C'est une plante vivace, à tiges florifères rameuses dès la base, à tige souterraine produisant des bourgeons qui, ainsi que les rejets enracinés perpétuent et multiplient la plante. Parfois la tige florifère se prolonge en s'enracinant sur le sol et développe plusieurs paires de feuilles. (On a décrit des exemplaires à fleurs verdies, par suite de la présence d'Acariens du genre Phytoptus).
Usages et propriétés. Les fleurs sont quelquefois visitées par les abeilles, surtout aux altitudes assez élevées. Les propriétés médicales de cette plante sont analogues à celles de l'espèce Veronica officinalis.
Distribution. Préfère souvent les terrains siliceux, mais peut se trouver parfois sur les terrains calcaires. France : le plus souvent assez rare ; de distribution très inégale ; par exemple : rare dans le Nord de la France et aux Environs de Paris assez rare en Normandie ; commun, assez commun, assez rare ou rare dans le Sud-Ouest ; rare dans la Sarthe (commun cependant dans la forêt de Perseigne et au Val) ; rare dans le Loir-et-Cher ; très rare dans la Nièvre ; assez rare ou assez commun en Auvergne et dans la partie basse de la Corrèze ; manque dans Haute-Vienne et dans la partie haute de la Corrèze ; commun ou assez rare en Lorraine ; assez commun en Alsace ; commun ou assez commun dans le Jura ; assez rare en Bourgogne ; très rare dans le Mont d'Or lyonnais ; assez rare dans le bassin du Rhône ; assez rare dans la partie montagneuse de l'Aveyron et du Tarn ; assez rare ou rare dans les Corbières ; commun ou assez commun dans les Pyrénées ; manque presque complètement sur le littoral méditerranéen ; etc. Suisse : assez commun ou assez rare ; manque dans le Tessin et les Grisons. Belgique : rare dans les Régions houillère, hesbayenne, jurassique et de l'Ardenne ; très rare dans la Région campinienne.
Europe : Ouest, Centre et Sud de l'Europe. Hors d'Europe : Algérie, Tunisie.