Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Cymbalaria muralis G. Gaertner, B. Meyer & Scherb.
C'est une plante très élégante qui orne les rochers et les vieux murs humides, les talus, qu'elle tapisse de ses touffes de tiges retombantes, à feuillage décoratif et de ses nombreuses et délicates petites fleurs blanchâtres et teintées de violet à renflement jaune à la gorge (rarement à fleurs blanches). Les tiges peuvent mesurer de 10 à 85 cm de longueur ; on rencontre cette jolie espèce dans la plupart des contrées de notre Flore.
Les feuilles sont presque toutes alternes, à pétiole plus long que le limbe dont le contour général, plus ou moins arrondi, est en cœur renversé ; ce limbe présente des nervures disposées en éventail se répartissant dans 5 à 7 lobes élargis qui sont arrondis et obtus dans les feuilles inférieures mais aigus dans les feuilles les plus voisines du sommet des tiges. Toutes les feuilles sont sans poils, vertes à la face supérieure, souvent pourprées ou un peu violacées à la face inférieure. Les fleurs sont solitaires à l'aisselle des feuilles et leur ensemble forme une grappe feuillée quelquefois rameuse chez les exemplaires vigoureux. Le calice est à 5 divisions étroites et aiguës, sans poils. La corolle, qui mesure de 7 à 10 millimètres de longueur, présente à sa base un éperon un peu courbe qui a environ le tiers de la longueur de la corolle. Le fruit mûr est presque sphérique, plus court ou un peu plus long que le calice persistant qui l'entoure, et s'ouvre au sommet par 3 dents ; les graines qu'il renferme sont couvertes de crêtes épaisses, obtuses et contournées.
C'est une plante vivace, à tiges florifères grêles, rampantes, couchées ou retombantes, se divisant dès la base en un grand nombre de rameaux qui portent à leur point d'insertion sur la tige des racines adventives. La plante se perpétue et se multiplie par les divisions basilaires de la tige et parfois par des bourgeons adventifs nés sur les racines ; elle se resème d'elle-même très facilement. (On a décrit un certain nombre d'anomalies de cette espèce : fleurs régulières ou diversement formées se trouvant sur le même pied que les fleurs ordinaires ; fleurs à 3 lèvres inférieures et à 2 éperons ; fleurs à 3, 4 et 5 éperons ; fleurs soudées ensemble ; fleurs à éperon réduit à un simple renflement peu marqué ; etc.).
Noms vulgaires. En français : Ruines-de-Rome, Cymbalaire, Lierre-fleuri, Misère. En allemand : Cymbelkraut, Hängendes-Leinkraut, Nabelkraut. En flamand : Cymbaalkruid, Muur Vlaskruid, Navelkruid, Muur-Leeuwenbek. En italien : Cimbalaria, Ciombolino, Scotonello, Piatella-de-muri. En anglais : Ivy-leaved-Snapdragon, Ivy-leaved-Toadflax, Mother-of-thousands, Cymbalaria-Toadflax, Oxford-weed.
Usages et propriétés. Cultivé comme plante ornementale pour décorer les rocailles humides, les murs, les vases des jardins ou des parcs, les suspensions ; il en existe plusieurs variétés horticoles à fleurs panachées et à fleurs blanches ; la variété « maxima » présente des fleurs odorantes de 9 à 20 millimètres de longueur, des feuilles relativement petites et poilues. La plante est astringente, vulnéraire, antiscorbutique et a été employée contre la gale. La plante renferme de l'acide vinique, de l'acide acétique, de l'acide antirrhinique, une substance amère la cymbalarine, une matière colorante, des gommes, etc. Les cendres de la plante entière contiennent pour cent : 37,4 de chaux ; 18,5 d'acide phosphorique ; 12,3 de magnésie ; 8,5 de silice ; 7,7 de potasse ; 7,2 de soude ; 4,3 d'acide sulfurique ; 4 de chlore.
Distribution. L'espèce a été importée d'Italie en France au XVe siècle ; ne s'élève guère, dans les montagnes, à plus de 700 m d'altitude. France : çà et là, de distribution très inégale ; par exemple : rare dans le Nord et le Nord-Est de la France ; commun dans les Environs de Paris et dans le Loir-et-Cher ; rare en Lorraine et en Alsace, mais assez commun dans le Jura ; çà et là, inégalement réparti dans l'Ouest ; rare en Auvergne et dans la partie basse de la Corrèze (manque dans le Cantal, la Haute-Vienne et la partie haute de la Corrèze) ; rare ou très rare dans les Pyrénées, le Tarn, l'Aveyron, le bassin du Rhône ; assez rare ou assez commun, parfois rare, dans la Région méditerranéenne ; etc. Suisse : çà et là, assez commun. Belgique : çà et là, rare.
Europe : Europe centrale, méridionale et occidentale. Hors d'Europe : Algérie, Tunisie ; naturalisé dans l'Amérique du
Nord.
On a décrit 2 variétés de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Variété pallidior Rouy (plus pâle). Fleurs blanches ; feuilles d'un vert clair. (Çà et là, assez rare).
Variété hederaefolia Rouy (à feuilles de Lierre)
Feuilles épaisses, charnues, à limbe peu profondément échancré à la base, divisé en 3 lobes, rarement 5 ; éperon plus court que le quart de la longueur de la corolle ; fleurs de 8 à 11 mm de longueur. (Çà et là, rare).