Cette espèce est caractérisée par ses tiges dures qui ont 1 à 3 millimètres d'épaisseur. On la rencontre dans la Région méditerranéenne où elle est parasite sur la Vigne et sur des espèces très diverses. Les fleurs inodores, roses, violacées, rarement jaunâtres se montrent depuis le mois de juillet jusqu'au mois de septembre. Les tiges ont une longueur indéfinie. Les fleurs, sans pédoncule développé, sont disposées en épis irréguliers, et accompagnées de petites bractées. Le calice présente 5 divisions ovales et obtuses. La corolle, qui mesure environ trois fois la longueur du calice, a un tube presque cylindrique au moment de la floraison puis devenant en forme de grelot ; elle se termine par 5 lobes ovales, obtus, dressés, qui ont à peu près la même longueur que le calice. Au-dessous des étamines, la corolle porte 5 écailles qui sont chacune divisées en deux parties elles-mêmes divisées en trois. Il n'y a qu'un seul style avec un stigmate-globuleux présentant vaguement deux parties soudées entre elles. Le fruit est presque globuleux, large d'environ 5 millimètres.
C'est une plante annuelle, à tiges souvent rougeâtres, munies, indépendamment des suçoirs, de nombreux petits tubercules saillants. Lors de la germination, la plantule se développe en produisant une tige plus ou moins enroulée en spirale qui s'allonge, en se dressant, jusqu'à atteindre 4 à 10 centimètres de hauteur. Si, alors, cette tige en se contournant ne rencontre pas un végétal sur lequel elle puisse s'établir en parasite, elle retombe sur le sol, se dessèche, et la jeune plante périt. Si cette tige, au contraire, rencontre la tige d'une espèce sur laquelle elle puisse s'implanter, elle s'enroule autour de cette tige nourricière, et alors la tige de Cuscute se dessèche et se détruit dans sa partie supérieure, au-dessus de la portion enroulée tandis que cette dernière portion attachée à la tige de l'hôte par des suçoirs développe bientôt un bourgeon qui devient de point de départ de tiges ramifiées s'implantant aussi sur la tige et les rameaux de la plante nourricière ; lorsque des rameaux allongés de Cuscute se rencontrent dans l'air, ils se saisissent entre eux, s'entrelacent et produisent des suçoirs qui se fixent aur d'autres rameaux de Cuscute, devenant ainsi parasites les uns sur les autres. On à réussi à cultiver le Cuscuta monogyna jusqu'à obtenir des fleurs, sans l'intervention d'une plante nourricière, en le semant sur un sol contenant une certaine proportion de sucre (glucose) et de peptone ; la plantule de Cuscute a donné alors une tige non enroulée, dressée, renfermant plus de chlorophylle que la plante croissant dans les conditions naturelles et produisant des fleurs lorsque la tige a atteint 10 à 15 centimètres de hauteur (Molliard). Certaines espèces de Cuscutes américaines ont pu aussi être cultivées sans hôte et produire alors beaucoup de chlorophylle, devenant vertes et pouvant vivre d'une vie indépendante par l'assimilation chlorophyllienne (Peirce).
Usages et propriétés. Peut devenir très nuisible à la Vigne lorsqu'elle s'y développe abondamment. Plante purgative ; a été employée autrefois contre la phtisie.
Distribution. Parasite surtout sur le Vitis vinifera, mais peut attaquer aussi plusieurs espèces des genres les plus variés, principalement des genres Genista, Cytisus, Tamarix, Pistacia, Daucus, Osyris, Euphorbia, Urtica, etc. France : Région méditerranéenne (très rare en Provence aux environs d'Avignon, de Tarascon et de La Ciotat ; assez rare ou assez commun dans le Gard ; rare dans l'Hérault).
Europe: Portugal, France, Italie, Grèce, Bulgarie, Crimée, Thrace. Hors d'Europe : Sud-Ouest de l'Asie et Asie centrale ; Algérie.