Gentianaceae - - Gentiana germanica (Willd.)

Gentiane d'Allemagne

Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Gentianella germanica (Willd.) Börner

Les nombreuses formes que l'on peut réunir sous ce nom général sont des plantes dont la taille peut varier de 2 à 80 cm, à fleurs violettes, d'un bleu-violet, d'un lilas-clair, blanchâtres ou blanches qu'on rencontre dans les pâturages ou dans les prés humides en plusieurs contrées de notre Flore et jusque dans la zone alpine des Alpes. Les fleurs se montrent depuis le mois d'août jusqu'au mois d'octobre.
Les feuilles sont ovales, ayant 3 ou 5 nervures principales, en général très étalées, au moins les feuilles moyennes et inférieures ; les feuilles de la base présentent ordinairement leur plus grande largeur au-dessus de la moitié de leur longueur ; toutes les feuilles sont le plus souvent sans poils, mais parfois les feuilles supérieures sont un peu ciliées ou rondes sur les bords. Le calice est à 5 divisions (plus rarement à 4 divisions) plus ou moins inégales et qui, en moyenne, mesurent à peu près la moitié de la longueur totale du calice. La corolle est barbue à la gorge, à tube en entonnoir ou en cloche allongée, et se termine par 5 lobes (rarement 4) non frangés ni denticulés, assez élargis mais aigus à leur sommet. Les stigmates sont roulés en dehors. Le fruit mûr est nettement porté, dans le calice, sur un pied qui peut atteindre 5 ou 6 millimètres de longueur (très rarement ce pied est presque nul).
Ce sont des plantes annuelles ou bisannuelles, mais qui peuvent devenir pérennentes (c'est-à-dire vivant plusieurs années) ou même vivaces aux hautes altitudes, par la production de bourgeons adventifs sur leurs racines. Que la plante soit annuelle ou non, qu'elle soit munie de la racine principale ou d'une racine adventive, son aspect est toujours sensiblement le même : une tige florifère dressée, anguleuse, plus ou moins feuillée, se prolongeant à la base par une racine grêle et allongée. (On a décrit plusieurs anomalies de cette espèce : tiges tordues sur elles-mêmes ; fleurs verdies ; fleurs à 6 sépales, 6 pétales, 6 étamines, ou encore à 7 sépales, 7 pétales, 7 étamines, 3 carpelles ; etc.). Le type principal se reconnaît à ses fleurs dont le calice est à 5 divisions, la corolle à 5 lobes, et qui ont une longueur totale de 25 à 35 millimètres sur une largeur de 6 à 10 millimètres ; les divisions du calice atteignent, en général, la moitié du tube de la corolle ; c'est une plante d'un vert sombre. On trouve parfois des intermédiaires entre cette espèce et l'espèce Gentiana campestris.

Usages et propriétés. Quelquefois cultivé comme plante ornementale, mais sa culture est difficile. Plante amère, tonique et fébrifuge.

Distribution. Préfère souvent les terrains calcaires, mais plusieurs formes peuvent croître sur d'autres terrains, notamment dans les Alpes de Suisse ; peut s'élever dans la zone alpine jusqu'à 2.200 m d'altitude. France : rare dans le Nord de la France et en Normandie ; assez rare aux Environs de Paris, en Bourgogne et dans une partie du Centre de la France ; commun en Alsace ; assez commun dans les Ardennes calcaires et en Lorraine, dans la chaîne jurassique de la plaine aux sommités ; peu commun dans le bassin du Rhône, les Alpes de Savoie et du Dauphiné ; rare dans les Alpes-Maritimes ; très rare dans le Plateau-Central, la Région méditerranéenne et l'Ouest (Côtes-du-Nord) ; manque dans les Pyrénées. Suisse : assez commun. Belgique : assez commun dans la Région houillère ; rare dans la Région jurassique.
Europe : Grande-Bretagne, Hollande, Belgique, France, Suisse, Italie ; Sud de l'Europe centrale, Russie.

On a décrit 3 sous-espèces, 3 races, 4 variétés et 1 sous-variété de cette espèce ; on a décrit aussi 1 hybride entre cette espèce et l'espèce Gentiana campestris ; les 3 sous-espèces, les 3 races et les variétés les plus intéressantes Sont les suivantes :

Sous-variété verticillata Cosson et Germain (verticillée).
Feuilles pour la plupart verticillées, au moins les feuilles moyennes. (Çà et là, rare).

G. solstitialis Wettstein (G. du solstice)
Plante n'ayant ordinairement que 2 à 5 entre-nœuds ; feuilles toutes obtuses au sommet, plus courtes que les entre-nœuds ; calices à divisions séparées par des angles aigus, et sans poils sur les bords ; plante fleurissant de mai à juillet, sauf dans les hautes altitudes. (Suisse : plateau et vallées alpines ; rare).

G. obtusifolia Willd. (G. à feuilles obtuses)
Feuilles inférieures arrondies au sommet, atténuées à la base en une sorte de pétiole presque aussi long que le limbe proprement dit ; feuilles moyennes obtuses ; feuilles supérieures aiguës ; corolle d'un bleu-jaunâtre teinté de violet ou tout-à-fait jaunâtre ; la plante, d'un beau vert ou d'un vert pâle, fleurit ordinairement en juillet dans les basses altitudes, en août et septembre aux altitudes élevées. (Dans plusieurs localités de l'Ain ; à Décines près de Lyon ; dans l'Isère ; Alpes de Suisse).

G. axillaris Rchb. (G. à fleurs axillaires)
Plante de 3 à 10 cm ; calice à 4 divisions ; corolle à 4 lobes ; calice à divisions séparées par des angles arrondis ; feuilles moyennes et supérieures aiguës. (Çà et là ; la forme alpine de 3 à 6 cm se trouve dans les Alpes des Grisons).

Variété flava Cariot et Saint-Lager (jaunâtre)
Feuilles moyennes mesurant en longueur plus du double de la largeur et obtuses au sommet ; lobes de la corolle assez aigus ; corolle d'un blanc-jaunâtre, non lavé de violet. (Rare : Chazey, L'Huis et Brenod dans l'Ain ; Décines dans l'Isère).

G. anisodonta Borbas (G. à dents inégales).
Calice dont 2 divisions sont beaucoup plus larges que les 3 autres, fortement enroulées sur les bords, ciliées sur leur pourtour mais non sur leur nervure médiane ; fleurs de 20 à 30 mm de longueur ; corolle violette ou blanche ; plante souvent rameuse dès la base, de 5 à 80 cm (Rare : Alpes calcaires du Tessin et des Grisons).

G. aspera Hegetschw. (G. rude).
Calice dont 2 divisions sont un peu plus longues que les 3 autres, peu enroulées sur les bords, ciliées sur leur pourtour et en outre sur leur nervure médiane ; feuilles ciliées et rudes sur les bords, parfois aussi sur leur nervure médiane ; corolle ordinairement violette ; plante de 4 à 30 cm (Rare : Alpes calcaires des Grisons et des cantons de Saint-Gall et de Glaris).

G. rhaetica A. et J. Kernii (G. de Rhétie)
Plante de 2 à 25 cm à feuilles plus longues que les entre-nœuds, celles de la base souvent desséchées lorsque la plante fleurit ; calice non ailé sur les angles, à 5 divisions ayant à peu près la moitié de la longueur totale du calice, jamais étalées en dehors, sans poils et souvent recourbées sur les bords. (Très rare : Suisse dans les Alpes des Grisons ; préfère les terrains siliceux).

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