Gentianaceae - - Gentiana acaulis (L.)

Gentiane à tige courte

Les formes que l'on peut réunir sous ce nom sont des plantes assez singulières dont chaque tige fleurie, courte ou très courte, ne porte qu'une seule grande fleur terminale, bleue (très rarement violette ou blanchâtre), plus large que la plus large des feuilles insérées par paires en petit nombre à la base des tiges fleuries ; celles-ci mesurent de 1 à 5 cm, et les plantes fleurissent depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août dans les prairies et les pâturages rocailleux des montagnes.
Toutes ces plantes ont les caractères communs suivants. Les feuilles sont sans pétiole, groupées en rosettes à la base des tiges florifères et présentent 1 ou 3 nervures principales ; les feuilles situées le long de la tige sont relativement petites et peu nombreuses, et, ordinairement, la paire de petites feuilles supérieures est assez voisine ou très voisine de la base du calice de la fleur. Les fleurs comptent de 3 à 7 centimètres de longueur. Le calice a 5 divisions ovales, aiguës, dont la longueur est égale au quart ou au tiers de la longueur totale de la fleur. La corolle est un peu en forme de cloche, à tube allongé, plus ou moins renflé dans sa partie supérieure ; surmontée de 5 lobes plus ou moins étalés, elle mesure de 12 à 22 millimètres dans sa plus grande largeur et les lobes ont environ le cinquième de la longueur totale de la corolle. Les anthères sont soudées entre elles. Le fruit mûr est atténué vers la base, mais non porté sur un pied distinct à l'intérieur du calice. Les graines sont ovoïdes et présentent des côtes tout autour. Les nectaires sont situés à la base et autour de l'ovaire. Il peut se produire assez souvent chez ces plantes une pollinisation de la fleur très particulière : la fleur s'épanouissant tout d'abord, les étamines évoluent avant les stigmates, les anthères s'ouvrent et beaucoup de pollen tombe au fond de la corolle ; la fleur se referme alors plus ou moins complètement et s'incline au moment où les stigmates sont épanouis et développés ; dans cette position renversée, il se trouve que du pollen, alors placé vers le haut, retombe sur le stigmate et réalise la pollinisation.
Ce sont des plantes vivaces, plus ou moins gazonnantes, sans poils, à tiges florifères dressées, à tiges souterraines rameuses, perpétuant et multipliant la plante. (On a trouvé des exemplaires dont les fleurs présentaient des étamines transformées en pétales, d'autres ayant des fleurs verdies par suite de la présence d'Acariens du genre Phytoptus ; d'autres exemplaires où des stigmates avaient pris la forme de lames colorées comme la corolle, d'autres encore avec des fleurs dont le tube de la corolle portait çà et là des protubérances). Le type principal Gentiana excisa Presl. ou Gentiana Kochiana Perrier et Songeon) se reconnaît à ses feuilles inférieures ovales, obtuses ou presque obtuses, d'un vert mat, peu luisantes sur leur face supérieure, à la rosette de feuilles mesurant environ de 5 à 15 centimètres de largeur totale, à sa tige toujours bien visible même lorsqu'elle est très courte, à ses fleurs ayant 4 à 7 centimètres de longueur, dont la corolle d'un bleu foncé avec une teinte pourprée est marquée à la gorge de taches d'un vert noirâtre et prend une teinte plus foncée lorsqu'elle se dessèche.

Noms vulgaires. En français : Gentiane-à-grandes-fleurs, Gentianelle. En allemand : Erdenzian, Grosser-Alpenenzian. En flamand : Ongesteelde-Gentiaan. En italien : Genziana-maggiore. En anglais : Gentianella, Stemless-Gentian.

Usages et propriétés. Dans quelques parties de l'Europe centrale, les paysans se servent des fleurs de cette espèce pour teindre en bleu les œufs de Pâques. Cultivé comme plante ornementale ; est d'une culture facile. La plante contient un glucoside, la gentianose.

Distribution. Le type principal peut croître sur les terrains les plus variés ; les sous-espèces Gentiana angustifolia et Gentiana Clusii préfèrent les terrains calcaires tandis que la sous-espèce Gentiana alpina se plaît le plus souvent sur les sols siliceux ; les diverses formes de l'espèce peuvent se trouver depuis 350 m jusqu'à 2.500 m d'altitude. On a rencontré exceptionnellement la plante, dans les Alpes, jusqu'à 3.000 m d'altitude. France : Jura, Alpes, Cévennes, Corbières, Pyrérrées. Suisse : Jura, Alpes.
Europe : Espagne, France, Suisse, Europe centrale, Italie, Dal-matie, Monténégro, Bosnie.

On a décrit 3 sous-espèces de cette espèce ; ce sont les suivantes :

G. angustifolia Vill. (G. à feuilles étroites)
Feuilles très luisantes, celles de la base longuement atténuées dans leur partie inférieure, presque charnues et de consistance un peu raide, assez brusquement terminées par une petite pointe, beaucoup plus longues que larges. Tiges florifères de 3 à 12 cm, à angles saillants ; ramifications de la tige souterraine grêles. Fleurs de 5 cm à 6,5 cm de longueur ; calice à divisions se rétrécissant vers leur base ; corolle d'un bleu d'azur sans teinte purpurine, marquées à la gorge de taches d'un vert gai, à tube qui jaunit lorsqu'il se dessèche. Plante lâchement gazonnante. (Jura, Alpes, Cévennes, Pyrénées ; rare en Suisse : Tessin, Valais).

G. clusii Perrier et Songeon (G. de De L'Ecluse)
Feuilles inférieures ovales-allongées, luisantes, coriaces, terminées par une pointe cartilagineuse très aiguë. Fleurs de 4 à 6 cm de longueur ; calice à divisions assez allongées, aiguës, séparées entre elles par des angles très aigus, atteignant environ le tiers de la longueur de la corolle, appliquées et dressées ; corolle d'un bleu foncé, à gorge non tachée de vert, à tube qui ne jaunit pas lorsqu'il se dessèche. (Jura : Le Reculet, La Dole ; Alpes de Savoie ; Cévennes ; Jura suisse ; répandu dans les Alpes de Suisse).

G. alpina Vill. (G. des Alpes)
Tige fleurie de moins de 2 cm de longueur ou à peine distincte. Feuilles de la base mates, d'un vert jaunâtre, un peu charnues, à peine plus longues que larges, formant par leur ensemble une rosette de feuilles qui mesure de 2 à 4 cm de largeur. Fleurs de 3 à 4 cm de longueur ; calice à divisions dont le contour est plus ou moins triangulaire ; corolle d'un bleu foncé, plus rarement violette ou blanchâtre, marquée à la gorge de taches d'un vert obscur, à tube devenant jaune lorsqu'il se dessèche. (Jura ; Alpes de Savoie, du Dauphiné, de Provence ; Pyrénées ; Suisse dans le Tessin, les Grisons et le Valais).

Retour Gentiana    >>>

Retour accueil    >>>

Glossaire    >>>