Cet arbuste, qui peut atteindre 2 à 3 mètres, est bien connu sous le nom de Laurier-rose et très souvent cultivé comme plante ornementale. Il croît spontanément dans la partie orientale de la Région méditerranéenne française, où il contribue à donner au paysage, sur les rives des cours d'eau, son aspect caractéristique. Ses grandes fleurs odorantes, roses, rarement blanches, qui s'épanouissent depuis le mois de juin jusqu'en septembre et son feuillage épais, dressé-étalé, fourni, rendent cet arbuste très décoratif au bord des rivières rocheuses de l'Est de la Provence et de la partie basse des Alpes-Maritimes.
Les feuilles persistent pendant l'hiver ; elles sont coriaces, ovales très allongées, sans poils, remarquables par les 4O à 70 paires de nervures secondaires, fines, serrées, sensiblement parallèles, parfois fourchues, qui partent de la forte nervure principale. Le limbe est entier, d'un vert mat en dessus, plus pâle et ponctué en dessous, et porté par un pétiole extrêmement court. Les fleurs sont disposées en corymbes terminaux munis de petites bractées. Chaque fleur mesure environ de 4 à 5 cm de largeur. Le calice est à 5 divisions ovales, un peu triangulaires, beaucoup plus courtes que le tube de la corolle ; celle-ci présente en dedans, à la base des lobes 5 écailles profondément divisées en lobes aigus ; les étamines sont renfermées dans le tube de la corolle ; les anthères sont barbues et prolongées en un appendice contourné. Le fruit mûr est environ dix fois plus long que large et s'ouvre par une fente longitudinale.
C'est un arbuste dont la tige est droite, les rameaux dressés, longs et assez grêles, l'écorce grisâtre. Le bois est d'un grain assez fin, blanc, assez tendre et assez léger.
Noms vulgaires. En français : Laurier-rose. En anglais : Oleander, Rose-bay. En allemand : Oleander, Rosenlorbeer. En flamand : Oleander, Rozelaurier. En italien : Lauro-roseo, Oleandro.
Usages et propriétés. Le bois fournit un charbon qui est estimé pour la fabrication de la poudre de chasse. Les abeilles visitent les fleurs lorsque les tubes des corolles ont été percés par les Bourdons sauvages. Cultivé comme plante ornementale, en pleine terre dans le Midi de la France, en caisses (que l'on peut, s'il le faut, rentrer en hiver) dans les autres contrées de notre Flore ; on connaît des variétés horticoles à fleurs blanches, d'un rouge foncé, couleur de chair, d'un rose intense, d'un jaune cuivré, d'un rouge foncé uni ou panaché de blanc, à fleurs simples ou à fleurs doubles. Les feuilles sont acres, sternutatoires, vomitives et purgatives, mais l'emploi de cette plante comme remède est dangereux car elle est très vénéneuse pour l'homme et les animaux ; on l'a utilisée comme insecticide. Les feuilles contiennent un glucoside spécial, la néréine, et une résine qui recèle un principe vénéneux. Les graines renferment une cire et 16 pour cent d'huile grasse. Dans l'écorce, on trouve de la néréine ; un glucoside très toxique, la rosaginine ; une huile grasse, une huile essentielle et une substance fluorescente, l'oléandrine.
Distribution. Ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes. France : Région méditerranéenne : commun ou assez commun dans le Var ; assez commun dans les Alpes-Maritimes.
Europe : Région méditerranéenne. Hors d'Europe : Sud-Ouest de l'Asie ; Nord de l'Afrique.