Oleaceae - - Fraxinus excelsior (L.)

Frêne élevé

Cet arbre, qui peut atteindre jusqu'à 35 mètres de hauteur et mesurer vers la base plus de 3 mètres de circonférence, se trouve dans les bois et au bord des cours d'eau dans presque toutes les contrées de notre Flore. Ses fleurs rougeâtres, qui paraissent avant les feuilles, et qui sont réunies en grappes latérales, se montrent en avril et mai ; les fruits mûrissent en septembre et se répandent en hiver et au premier printemps.
Les feuilles ont ordinairement 7 à 13 folioles, avec une foliole terminale, les autres étant opposées et disposées par paires sur le pétiole commun. Ces folioles sont aiguës et longuement en pointe au sommet, sont bordées de dents aiguës, vertes et sans poils sur la face inférieure où l'on remarque des petits poils au voisinage de la nervure principale de la foliole. Les bourgeons sont relativement gros et d'un noir velouté. Il n'y a ni calice ni corolle ; les étamines ont chacune un filet extrêmement court et une anthère d'un pourpre noir. Les fruits sont pendants, à contour elliptique-allongé, arrondis à la base, comme coupés ou plus ou moins échancrés à leur sommet. L'arbre est à écorce d'un gris verdâtre ou jaunâtre sur le tronc et les rameaux âgés, à écorce verte sur les jeunes rameaux ; c'est seulement à un âge avancé que l'écorce devient gercée. La tige principale est droite, cylindrique, à rameaux assez peu nombreux lorsque l'arbre croît en massif ; elle est, au contraire, peu droite et non ramifiée lorsque l'arbre est isolé.
La germination ne se produit naturellement qu'environ 18 mois après la maturité du fruit. On voit la plantule soulever hors du sol l'enveloppe du fruit qui coiffe les sommets réunis des deux cotylédons. Le jeune arbre n'acquiert qu'une taille très petite pendant les premières années de son existence, tandis qu'au contraire la racine principale se développe relativement beaucoup et s'enfonce profondément dans la terre ; à l'âge de 5 ou 6 ans, l'arbre commence à grandir rapidement et il reste fixé au sol par un système de racines très puissant. D'une manière générale, les feuilles comparables de cet arbre sont plus grandes et beaucoup plus vertes dans la partie supérieure de la zone subalpine, si l'on ne tient pas compte des derniers Frênes rabougris qui peuvent se rencontrer jusqu'à 1.800 m d'altitude. La moyenne du rapport de là surface des feuilles dans les hautes altitudes à la surface des feuilles comparables des Frênes de la plaine est de 1,30, et la teinte de ces feuilles des arbres de hautes altitudes devient parfois d'un vert presque noir (G. Bonnier). (On trouve parfois des feuilles verticillées par 3, dans les jeunes taillis).

Noms vulgaires. En français : Grand-Frêne, Gaiac-des-Allemands. En anglais : Common-Ash. En alsacien : Steinespe. En allemand : Esche, Wundholz. En flamand : Essche, Esschenboom. En italien : Frassino.

Usages et propriétés. Les feuilles constituent un bon fourrage et sont en particulier une excellente nourriture pour les moutons et les chèvres ; dans les montagnes, on cultive souvent les Frênes en « têtard » pour récolter leurs branches feuillées chaque année. Le bois est blanc ou d'un blanc un peu rosé, coloré irrégulièrement de brun dans le cœur des arbres âgés ; ce bois est dur, fin, lourd, tenace, onctueux au toucher lorsqu'il est travaillé ; il est estimé comme bois de construction et pour la menuiserie, mais surtout apprécié pour la fabrication des timons, des brancards, des rames, des cercles de tonneau, etc., est aussi un bon combustible et il fournit un excellent charbon. Cultivé comme arbre ornemental ; on en connaît plusieurs variétés horticoles telles que « pendula » à rameaux pleureurs, « crispa » à feuillage crispé, « aurea » à feuillage doré, etc. Les feuilles sont diurétiques et anti-rhumatismales, l'écorce est aromatique, apéritive, tonique, fébrifuge, expectorante. La plante renferme de l'inosite, de la mannite, de la quercitine, du dextrose, de l'acide malique, des gommes, du tanin, une huile essentielle, des acides oxalique et citrique. L'écorce contient un glucoside, la fraxine, et une substance amère, la fraxinine, ainsi que de la mannite. Les cendres des feuilles donnent pour cent : 39,45 de chaux ; 22,6 d'acide phosphorique ; 18,7 de potasse ; 7 d'acide sulfurique ; 8 de magnésie ; 2,6 de silice ; 1 de soude et 1 de sesquioxyde de fer.

Distribution. Peut croître sur les terrains les plus variés ; dans les Alpes, atteint en altitude la base de la zone alpine ; ne dépasse guère 950 m d'altitude dans les Corbières et 1.400 m d'altitude dans les Pyrénées. France : commun en général ; assez rare ou rare dans plusieurs contrées méridionales telles que la basse Provence et le littoral du Languedoc. Suisse : commun. Belgique : commun ou assez commun en général, mais rare dans la Région hesbayenne et très rare dans la Région campinienne.
Europe : presque toute l'Europe. Hors d'Europe : Arménie, Caucase.

On a décrit 3 variétés de cette espèce ; ce sont les suivantes :

Variété borealis G. G. (boréale).
Folioles pour la plupart atteignant en largeur le tiers environ de la longueur ou même plus larges ; les folioles latérales les plus grandes ont ordinairement plus de 35 mm. de longueur. (Presque partout en dehors de la Région méditerranéenne et dans la zone montagneuse de cette dernière Région).

Variété australis G. G. (australe)
Folioles pour la plupart mesurant en longueur environ 4 fois la largeur ou même plus étroites ; les folioles latérales les plus grandes ne dépassent pas ordinairement 30 mm de largeur. (Zone montagneuse de la Région méditerranéenne et un peu au delà ; commun aux environs de Gap ; cultivé comme arbre ornemental) .

Variété monophylla G. G. (à une seule foliole)
Feuilles n'ayant que la foliole terminale développée, parfois aussi quelques autres folioles. (Rarement spontané ; cultivé comme arbre ornemental).

Variété emarginata Cariot et Saint-Lager (émarginée).
Fruits divisés en deux lobes à leur sommet). (Çà et là, rare).

Retour Fraxinus    >>>

Retour accueil    >>>

Glossaire    >>>