Cette très jolie petite plante se rencontre dans les prairies, les tourbières et les pâturages des hautes montagnes où l'on voit s'épanouir ses ombelles de petites fleurs d'un rose violacé, lilacées, rarement bleuâtres ou rosées, depuis le mois de mai jusqu'au commencement de septembre. C'est une plante dont la taille peut varier de 3 à 30 cm, et dont la tige portant l'ombelle de fleurs, est bien plus longue que les feuilles, lesquelles sont plus ou moins grêles, toutes réunies à la base, en rosette.
Ces feuilles, très recourbées en dessous par leurs bords lorsqu'elles sont jeunes, sont ovales-allongées ou ovales, faiblement crénelées sur leur contour, insensiblement atténuées dans leur partie inférieure ; elles sont, le plus souvent, blanches-farineuses sur leur face inférieure. A la naissance de l'ombelle, se trouvent quelques bractées qui sont plus ou moins épaissies et renflées en forme de sac, à leur base. Le tube du calice a 5 angles très peu marqués. La corolle est à lobes très échancrés au sommet et présente des écailles ordinairement jaunes, au haut du tube, en dedans des lobes. Le fruit est un peu plus long que le calice persistant et s'ouvre au sommet par 5 dents assez larges.
C'est une plante vivace qui se perpétue et se multiplie par des bourgeons nés sur la tige souterraine. Il existe deux sortes principales de pieds dans cette espèce, les uns dont les fleurs sont à court style, les autres dont les fleurs sont à style allongé. (On a trouvé des exemplaires à fleurs vertes). Le type principal se reconnaît à la corolle qui n'a guère plus d'un centimètre de longueur, et dont le tube dépasse à peine le calice, à ses pédoncules ordinairement plus longs que les bractées, au calice dont les divisions sont ovales et largement obtuses.
Noms vulgaires. En allemand : Mehlprimel, Puderprimel. En anglais : Bird's-eye-primrose, Scotch-primrose. En italien : Primavera-impolverata.
Usages et propriétés. Les fleurs sont visitées par les Bourdons sauvages et quelquefois par les abeilles qui y récoltent un excellent nectar riche en saccharose, Cultivé comme plante ornementale ; doit être placé dans les endroits frais, humides, abrités du plein soleil ; on distingue une variété horticole « acaulis », qui est de petite taille. Les parties souterraines de la plante sont employées par les montagnards pour faciliter la respiration. Les cendres de la plante renferment pour cent : jusqu'à 30 de silice ; 26 de chaux ; 21 de soude ; 11 de chlore ; ces cendres contiennent aussi du manganèse, de l'alumine, etc.
Distribution. Préfère assez souvent les terrains siliceux, notamment en Dauphiné, mais se trouve aussi sur les terrains calcaires ; limité à la zone alpine et à la partie supérieure de la zone subalpine, descend parfois à des altitudes plus basses le long, des cours d'eau et dans les plaines de la Suisse ; a été observé jusqu'à 2.900 m d'altitude dans les Alpes. France : Jura, Alpes, partie centrale de la chaîne des Pyrénées. Suisse : commun dans les Alpes et dans le Jura suisse ; se trouve aussi dans les basses montagnes et les plaines.
Europe : la plupart des contrées de l'Europe. Sors d'Europe : Nord et Centre de l'Asie ; Amérique boréale.
On a décrit 1 sous-espèce et 1 variété de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Variété denudata Koch (dénudée).
Feuilles non blanches-farineuses en dessous ; tiges et pédoncules de couleur verte. (çà et là, rare).
P. longiflora Ail. (P. à longues fleurs)
Corolle de 2,5 à 3 cm de longueur, à tube environ 3 fois plus long que le calice ; pédoncules souvent plus courts que les bractées de l'involucre ; calice à divisions assez allongées et étroites, obtuses seulement à leur sommet ; fleurs bleuâtres, d'un rose violacé ou rosées. (Rare : Hautes-Alpes au-dessus de Saint-Véran, au col de Vars, au vallon Aguiel près de Fontgaillarde, au-dessus de la forêt des Fréaux près de La Grave ; Suisse : rare dans les Alpes du Tessin, des Grisons et du Valais).