C'est un sous-arbrisseau très élégant, de 30 à 80 cm , qui décore les landes humides, les bois marécageux ou les tourbières par ses fleurs roses, ou couleur-de-chair, rarement blanches ou rouges et par ses tiges feuillées d'un aspect vert-clair ou grisâtre. La plante fleurit depuis le mois de juin jusqu'en octobre. Les fleurs sont groupées par 5 à 12, presque en ombelles à l'extrémité des rameaux.
Les feuilles sont verticillées par 4, étroites, ne dépassant pas 4 millimètres de longueur, blanchâtres sur leur face inférieure, couvertes de petits poils sur les 2 faces et longuement ciliées et enroulées en dessous par leurs bords. Le calice est à divisions ovales, longuement ciliées, et a le quart ou le cinquième de la longueur de la corolle ; celle-ci est de forme ovoïde, en grelot, mesurant environ 7 à 8 millimètres de longueur sur 4 millimètres dans sa plus grande largeur. Les étamines ne dépassent pas la corolle. Les anthères portent, chacune, deux appendices assez larges et dentelés. Les fruits sont velus-soyeux, à peu près globuleux, mais présentant 8 angles dans leur longueur.
Ce sous-arbrisseau est à rameaux grêles, redressés, plus ou moins fortement velus ; il se perpétue et se multiplie par les ramifications de ses tiges souterraines. (On a décrit d'assez nombreuses anomalies de cette espèce : étamines soudées à la corolle ; corolle transformée en un verticille d'étamines ; corolle courte à 5 divisions profondes ou presque avortée et style allongé, pas d'étamines (monstruosité décrite comme variété anandra Coss. et Germ.) ; développement exagéré des étamines et du pistil avec corolle atrophiée ; etc.).
Noms vulgaires. En français : Caminet, Bruyère-des-marais. En allemand : Sumpfheide, Vierlingsheide. En flamand : Dopheide, Honigheide. En anglais : Cross-leaved-Heath, Honey-Bottle.
Usages et propriétés. Les tiges de cette espèce sont employées pour fabriquer des brosses ou des balais fins ; la plante peut remplacer le Houblon dans la confection de la bière ; le charbon fait avec les tiges est parfois utilisé par les forgerons ; en Angleterre, en Irlande, en Allemagne, on mêle quelquefois les tiges à l'écorce de Chêne pour le tannage des peaux. Cultivé comme plante ornementale. Les abeilles y récoltent un abondant nectar qui exsude d'un tissu nectarifère situé à la base de l'ovaire et formant 8 protubérances qui correspondent aux 8 côtes de l'ovaire et autour desquelles se contournent les étamines. Les cendres de la plante renferment pour cent : 48,35 de silice ; 16,27 de chaux ; 14,65 de potasse ; 3,2 de soude ; 2,7 de sesquioxyde de fer ; 4,9 de magnésie ; 3,5 d'acide sulfurique ; 2 de chlore ; on peut remarquer la forte proportion de potasse et aussi la quantité plus grande encore de chaux que contient la plante.
Distribution. Ne s'élève pas à de très hautes altitudes dans les Pyrénées. France : Nord de la France, Environs de Paris, Centre ; rare dans le Perche et la Beauce ; commun en Bretagne, peu commun en Vendée, très commun dans le Sud-Ouest, ça et là ailleurs dans l'Ouest ; commun dans le Limousin ; très rare dans le Tarn ; commun, en général, dans les Pyrénées, etc. ; manque dans l'Est, le Sud-Est et la Région méditerranéenne. Belgique : commun ou assez commun dans la Région campïnienne ; assez commun dans la Région de l'Ardenne ; rare ou très rare ailleurs.
Europe : Europe occidentale et moyenne depuis le Portugal jusqu'en Islande et jusqu'à la zone arctique dans la Presqu'île Scandinave. Hors d'Europe : rarement naturalisé dans l'Amérique du Nord.