Campanulaceae - - Campanula rotundifolia (L.)

Campanule à feuilles rondes

Les nombreuses formes que l'on peut réunir sous ce nom général ont de 6 à 70 cm et croissent dans les bois, les prés, les pâturages, sur les vieux murs ou sur les rochers. Le type principal se rencontre dans presque toutes les contrées de notre More. Les fleurs, d'un bleu lilacé ou plus ou moins violacé, rarement blanches, s'épanouissent depuis le mois de mai jusqu'au mois de septembre.
Toutes ces plantes ont pour caractère commun principal de présenter les pédoncules des boutons non recourbés avant la floraison, mais étalés ou dressés. Les feuilles situées le long des tiges fleuries sont étroites, ovales-allongées, ovales ou à contours un peu en losange, mais ne dépassent pas, en général, 2 centimètres de largeur, et sont souvent beaucoup moins larges. Le calice est à divisions très étroites, même depuis leur base. Les dimensions de la corolle peuvent varier du simple au quadruple, mais sa longueur ne dépasse pas ordinairement 25 millimètres ; cette corolle est sans poils et se termine par 5 divisions élargies qui ne mesurent guère que le quart de sa longueur totale. Les rosettes stériles et parfois les feuilles les plus inférieures des tiges fleuries ont un limbe élargi le plus souvent en cœur renversé et porté sur un pétiole plus ou moins allongé. Le style est à 3 stigmates. Les fruits mûrs sont penchés et s'ouvrent par 3 orifices situés vers leur base. Les feuilles de la base des tiges fleuries sont le plus souvent détruites lors de la floraison, mais quelquefois elles ne se sont pas développées du tout et alors les parties moyenne et supérieure de la tige fleurie portent des feuilles relativement grandes et assez rapprochées les unes des autres.
Ce sont des plantes vivaces à parties souterraines constituées par une tige grêle et rameuse ayant des racines non épaissies (très rarement la tige souterraine est épaissie). Les tiges fleuries ne proviennent que des ramifications soit de la tige principale issue de la germination, soit d'une courte tige formée par un rameau de la tige souterraine, soit encore d'une tige développée par un bourgeon adventif né sur les racines ; la plante se perpétue et se multiplie par ces divers procédés (Dubard). La plante a été cultivée sur le même sol dans la plaine parisienne et dans les Pyrénées : Ca-déac (700 m d'altitude), au col de la Paloume (2.400 m d'altitude) et au Pic du Midi (2.700 m d'altitude), ainsi qu'à l'aiguille de la Tour sur la chaîne du Mont-Blanc. Les pieds cultivés aux altitudes élevées avaient des feuilles plus serrées, plus épaisses, plus poilues, plus vertes et les fleurs d'une teinte plus foncée (G. Bonnier). (On a décrit diverses anomalies de cette espèce : fleurs à 4 sépales, 4 pétales, 4 étamines ; fleurs à plus de 5 sépales, plus de 5 pétales et plus de 5 étamines ; corolle doublée ; racines aériennes se développant sur les feuilles ; anomalie spéciale de la fleur avec accroissement particulier des pétales et multiplication des parties semblables de la fleur qui avait donné lieu, par erreur, à l'établissement du genre spécial Dampierrea ; etc.). Le type principal se reconnaît aux tiges qui sont grêles, courbées et redressées, presque sans feuilles dans leur partie supérieure, au calice dont les divisions sont dressées ou étalées, aux fleurs épanouies qui sont penchées et dont la corolle a des lobes ordinairement étalés, aux tiges souterraines grêles et peu ou pas ligneuses.

Noms vulgaires. En français : Clochette, Clochette-des-murs. En anglais : Air-Bell, Witches'-Thimble, Lady's-Thimble. En allemand : Grasglockenblume, Grasglöckchel. En flamand : Grasklokje, Piespotjes. En italien : Campanella-Soldanella.

Usages et propriétés. La plante est recherchée par les bestiaux. Les fleurs ont été utilisées pour fabriquer de l'encre bleue. Cultivé comme plante ornementale ; en particulier, la sous-espèce Campanula rhomboidalis sert à décorer les plates-bandes. Les fleurs sont assez souvent, surtout dans les montagnes, visitées par les abeilles ; mais ces insectes n'y récoltent un nectar abondant que par des temps favorables à une production intense du liquide sucré. Les fleurs sont considérées comme anti-épileptiques.

Distribution. S'élève jusqu'aux sommets de la chaîne jurassique et plusieurs variétés ou sous-espèces peuvent atteindre, dans les'Alpes, jusqu'à 2.400 m d'altitude ; le type principal ne dépasse guère 1.200 m d'altitude dans les Corbières et les Pyrénées. France : commun, en général ; cependant rare ou assez rare dans la Provence et les Alpes-Maritimes ; très rare en général dans le Perche, la Beauce, la Sologne, sauf aux environs de Vendôme ; rare ou assez rare dans l'Ouest ; manque en Bretagne ; rare dans la Sarthe ; etc.). Suisse : commun. Belgique : commun en général, mais rare en plusieurs contrées.
Europe : presque toute l'Europe, y compris la zone arctique. Hors d'Europe : Sibérie ; Caucase ; Amérique boréale.

Ou a décrit 6 sous-espèces, 2 races et 14 variétés de cette espèce ; les 6 sous-espèces, les 2 races et les principales variétés sont les suivantes :

Variété major D.C. (plus grande).
Feuilles inférieures un peu en cœur renversé à la base, celles situées le long des tiges fleuries ovales-allongées ; plante robuste ; fleurs en grappe lâche, à corolle de plus de 15 mm de longueur. (Çà et là).

Variété velutina D.C. (veloutée).
Feuilles couvertes de poils blancs cotonneux ; fleurs en grappe étroite, toutes tournées d'un même côté, à pédoncules restant dressés pendant la floraison. (Rare : Pyrénées-Orientales (Mont-Louis, etc.), Provence, Corrèze, Environs de Paris, etc.).

C. macrorhiza J. Gay (C. à racine épaisse)
Feuilles inférieures des tiges fleuries largement ovales et dentées, celles situées tout-à-fait à la base ayant un limbe en cœur renversé ; toutes les feuilles, sauf celles tout-à-fait supérieures, à pétiole plus ou moins long ; fleurs dressées ; corolle à divisions non étalées ; tige souterraine épaissie, ligneuse et couverte d'écailles. (Alpes-Maritimes où il est commun dans de grandes étendues ; Provence à la Sainte-Baume ; Châteaudouble, Ampus, Aiguines ; entre Digne et Barrème).

C. linifolia Scop. (C. à feuilles de Lin)
Tiges dressées, assez droites, creuses en dedans ; feuilles moyennes ovales-allongées, 3 à 6 fois plus longues que larges, de 25 à 80 mm de longueur sur 3 à 12 mm de largeur, se rétrécissant à la base et au sommet, à nervures peu visibles, sans pétiole, entières ou peu dentées ; calice à divisions dressées, égalant à peine la moitié de la longueur de la corolle, laquelle ne mesure environ que de 1 à 2 cm (Vosges, Jura, Alpes, Forez, Auvergne, Cévennes, Pyrénées).

C. rhomboidalis L. (C. rhomboïdale)
Tiges élancées, creuses en dedans, anguleuses dans la longueur, très feuillées surtout dans leur partie moyenne ; feuilles ovales, à contour presque en losange ou ovales-allongées, n'étant guère, ordinairement, qu'une à deux fois plus longues que larges (rarement feuilles étroites et 3 à 4 fois plus longues que larges) ; limbe denté, à nervures bien marquées ; fleurs penchées ; calice à divisions étalées ou même renversées, souvent plus longues que la moitié de la corolle, laquelle mesure environ de 1 à 2 cm de longueur ; feuilles des rosettes stériles réduites à une ou deux. (Prairies et bois des hautes montagnes : parties élevées de la chaîne jurassique, Alpes, Pyrénées).

Variété hispida Cariot et Saint-Lager (hérissée).
Tiges et feuilles complètement recouvertes de poils blanchâtres et assez raides. (Çà et là ).

C. songeoni A. Chabert (C. de Songeon).
Rosettes stériles ayant 2 à 5 feuilles ; tiges de 10 à 20 cm ayant des feuilles plus nombreuses dans leur tiers inférieur ; tige souterraine à ramifications très allongées. (Très rare : entre 2.500 et 2.800 m d'altitude, dans les rochers de la Grande-Chèble, en Savoie).

C. lanceolata Lapeyr. (C. lancéolée)
Plante sans poils, à tiges dressées, creuses en dedans, un peu anguleuses dans leur longueur, très feuillées ; feuilles ovales ou ovales-allongées, embrassant souvent la tige par leur base (rarement atténuées à la base presque en un court pétiole) ; calice à divisions dressées égalant à peu près le tiers de la longueur de la corolle laquelle mesure environ de 1 à 2 cm de longueur ; parties souterraines renflées. (Pyrénées centrales et orientales).

C. ruscinonensis Timbal-Lagrave (C. du Roussillon)
Tiges extrêmement grêles ; feuilles inférieures à long pétiole, à limbe ovale et fortement denté ; les autres très étroites et allongées ; corolle ne dépassant pas, en général, 1 cm de longueur ; tige souterraine épaisse, produisant de nombreuses tiges fleuries. (Rochers schisteux des Pyrénées-Orientales : les Albères, Consolation, vallée de la Têt, Arboussols, etc.).

C. baumgarteni Beck (C. de Baumgarten)
Plante très velue ; tiges raides, creuses en dedans, de 40 à 70 cm ; feuilles des tiges fleuries rapprochées les unes des autres, ovales-allongées, dentées, sans pétiole ; fleurs à corolle de 1 à 2 cm de longueur, ordinairement nombreuses sur une même tige fleurie. (Alsace, Lorraine, sur le grès vosgien).

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