C'est une très belle plante dont les tiges portant ordinairement de grandes et nombreuses fleurs dressées, d'un bleu violacé, disposées en grappe composée, décorent, depuis le mois de mai jusqu'au mois de juillet, les éboulis et les rochers des montagnes, dans les Cévennes, les Corbières et les Pyrénées.
Les feuilles, couvertes de poils rudes, sont notablement plus longues que larges, celles du milieu de la tige sont étroites et vont en s'amincissant graduellement vers leur base et vers leur sommet ; les feuilles inférieures sont atténuées en un pétiole allongé, aplati, engainant à sa base. Le calice est à 5 divisions aiguës au sommet et présente, entre ces divisions, 5 prolongements renversés qui ont à peu près la longueur de la partie adhérente du calice ou sont rarement plus longs ou plus courts. La corolle est grande, en cloche allongée, mesurant le plus souvent de 3 à 5 centimètres de longueur (rarement de 2 cm et demi seulement, plus rarement encore de taille plus petite) ; elle se termine par 5 lobes peu profondément séparés les uns des autres, un peu poilus ou barbus sur leurs bords (rarement sans poils) non étalés en dehors. Il y a 3 stigmates. Le fruit, divisé en 3 loges, est penché à la maturité.
C'est une plante vivace, à tige florifère épaisse, velue, très feuillée, anguleuse dans sa longueur et creuse en dedans. La tige souterraine et la racine principale sont grosses, presque ligneuses ; la plante se perpétue par des bourgeons nés sur la tige souterraine. Le type principal se reconnaît à sa grappe de fleurs nombreuses, portées chacune sur un petit rameau, de 3 à 8 cm, qui est flanqué de 2 petites bractées étroites et allongées, ordinairement plus longues que le calice ; la longueur des prolongements renversés du calice est d'environ les quatre cinquièmes de la longueur de la corolle.
Usages et propriétés. La plante est rarement cultivée comme plante ornementale. Les fleurs sont visitées par les abeilles qui y récoltent un nectar de bonne qualité. Les parties souterraines de la plante renferment une proportion notable d'inuline.
Distribution. Préfère souvent les terrains calcaires ; ne s'élève guère à plus de 1.100 m d'altitude dans les Cévennes, à plus de 1.600 m d'altitude dans les Corbïères et les Pyrénées. France : assez rare ou rare dans les Cévennes et les Corbières ; assez commun ou assez rare dans les Pyrénées.
On a décrit 1 sous-espèce et 1 variété de cette espèce ; ce sont les suivantes :
C. oliveri Rouy et Gautier (C. d'Oliver).
Tige courte, très feuillée à la base, ne portant qu'une ou deux fleurs ; lorsqu'il y a deux fleurs, la seconde est placée sur un pédoncule sans bractées et ne mesurant que 80 à 100 mm de longueur ; feuilles obtuses à leur sommet ; prolongements renversés du calice ayant environ les trois quarts de la longueur de la corolle. (Très rare ; signalé dans les roeailles du château de Quiribus, près de Maury, dans les Pyrénées-Orientales).
Variété bicaulis Lapeyr. (à 2 tiges).
Plante rameuse dès la base ; fleurs placées sur de petits rameaux de plus de 6 mm de longueur et portant de petites bractées ordinairement plus courtes que le calice ; corolle de 15 à 22 mm de longueur. (Très rare ; Corbières au Château de Pierre Pertuse et à la montagne de Saint-Victor).