Remarque :
Dans la Flore portative Gaston Bonnier a décrit cette espèce sous le nom Hieracium alpinum All. Dans la Grande Flore illustrée, il l'a décrite sous le nom Hieracium Glanduliferum Hoppe, ce qui correspond aux textes et images ci-dessous.
Nous avons titré cette page Hieracium piliferum Hoppe pour nous conformer à l'index de Michel Kerguélen.
Les formes que l'on peut réunir sous ce nom croissent dans les pelouses et sur les rochers des hautes montagnes, surtout dans la région alpine. Ce sont des plantes de 7 à 35 cm de hauteur, dont les capitules de fleurs jaunes s'épanouissent en juillet et août.
Toutes ces plantes ont les caractères communs suivants. Les feuilles sont sans poils glanduleux et présentent des poils simples, denticulés ; celles qui sont développées sont groupées en rosette à la base de la tige fleurie, les autres, réduites, et généralement transformées eu bractées, n'embrassent pas la tige par leur base. La tige fleurie ne porte qu'un seul capitule, parfois 2, rarement 3 à 7. Le réceptacle commun est comme creusé d'alvéoles dont les bords sont dépourvus de paillettes en forme de fibres. Les fleurs ont des languettes dont les dents ne sont pas ciliées. L'involucre, poilu et soyeux, a ses bractées disposées sur plusieurs rangs, les externes plus ou moins aiguës au sommet. Les fruits mûrs, de couleur variable, mesurent de 2 millimètres et demi à 4 millimètres de longueur (sans compter l'aigrette).
Ce sont des plantes vivaces, qui se perpétuent par des bourgeons nés sur la tige souterraine, et se développant à l'automne. Le type principal se reconnaît à ses tiges couvertes de poils noirs et glanduleux abondants, avec des poils étoilés et parfois aussi des poils simples, lesquels se montrent également sur les bractées, surtout dans leur partie supérieure ; les feuilles sont toutes à la base, abstraction faite de 1 à 3 feuilles supérieures réduites à des bractées ; les feuilles inférieures sont étroites et allongées, aiguës au sommet, poilues sur les deux faces (rarement sans poils ou presque sans poils) ; l'involucre a un peu la forme d'une demi-sphère et porte des poils nombreux et assez longs ; les styles sont brunâtres.
Distribution. Préfère souvent les terrains siliceux, mais peut se trouver parfois sur les terrains calcaires ; peut s'élever, dans les Alpes, jusqu'à 3.100 m d'altitude ; ordinairement limité inférieurement par la partie supérieure de la zone subalpine. France : Alpes, Plateau Central, Pyrénées. Suisse : Alpes.
Europe : Espagne, France, Suisse, Italie, Tyrol, Carinthie.
On a décrit 3 sous-espèces, 5 races et 15 variétés de cette espèce. Les 3 sous-espèces et quelques races ou variétés intéressantes sont les suivantes :
Variété calvescens Fries (presque chauve).
Partie inférieure de la tige sans poils ; feuilles sans poils ou presque sans poils. (Çà et là).
H. piliferum Hoppe (É. pilifère)
Tige couverte de longs poils mous et sans poils glanduleux ; feuilles de la base ovales-allongées, la plupart obtuses au sommet ; parfois une ou deux feuilles à limbe réduit, situées le long de la tige au-dessus de la rosette ; ihvolucre à bractées toutes aiguës, revêtues de poils très longs et très abondants ; styles jaunes ; fruits mûrs roussâtres, de 3 millimètres à 3 millimètres et demi de longueur, sans compter l'aigrette. (On a trouvé parfois des exemplaires à fleurs eu tube). (Assez rare dans les Alpes ; rare dans le Cantal ; très rare dans les Hautes-Pyrénées, au pic Blanc).
Variété gracilentum Arvet-Touvet (assez grêle).
Capitules ne dépassant guère 7 millimètres de longueur ; tige grêle. (Alpes).
H. armerioides Arvet-Touvet (É. Faux-Arméria)
Tige ordinairement sans poils ou presque sans poils dans sa partie inférieure ; fleurs extérieures des capitules à languette souvent déformée ou froissée, les intérieures en tube, ou fleurs des capitules toutes eu tube ; partie supérieure de la tige couverte de poils étoilés, farineux, la plupart simples, avec des poils glanduleux peu nombreux ; involucre portant des poils assez courts et assez peu serrés, à bractées très étroites et aiguës ; styles jaunes ou d'une teinte livide. (Alpes de France et de Suisse).
H. ustulatum Arvet-Touvet (É. brûlée).
Tige de 10 à 35 cm., couverte de poils glanduleux et d'aspect noirâtre ; involucre à bractées assez semblables entre elles, peu aiguës à leur sommet, à poils simples, de couleur fauve, mêlés à des poils noirs glanduleux ; fleurs en languette parfois transformées en fleurs en tube. (Çà et là dans les Hautes-Alpes ; pied du Chambeyron, dans les Basses-Alpes).
H. subnivale G. G. (É. voisine des neiges)
Tige et feuilles inférieures extrêmement velues-laineuses à leurs bases ; limbe des feuilles velu sur la face supérieure et souvent sans poils ou presque sans poils sur la face inférieure (rarement feuilles seulement ciliées) ; toutes les feuilles sont très glauques ; involucre presque globuleux, couvert de longs poils soyeux ; corolles courtes, souvent en tube ; fruits mûrs brunâtres, mesurant de 2 millimètres et demi à 3 millimètres (sans compter l'aigrette) ; aigrette blanche sur la plante fraîche, devenant terne en se desséchant. (Alpes de France, Alpes du Valais).