Les très nombreuses formes qu'on peut grouper sous ce nom général, et qui ont des aspects très différents et très variables, croissent dans les bois, les prés, les bruyères, sur les coteaux ou sur les rochers, et le type principal se rencontre dans presque toutes les contrées de notre Flore, mais il est rare ou très rare dans beaucoup de parties de la Région méditerranéenne. Ce sont des plantes dont les tiges mesurent ordinairement de 3 à 80 cm de longueur et dont les capitules de fleurs jaunes se montrent depuis le mois de juillet jusqu'au mois de septembre, parfois encore en octobre.
Toutes ces formes ont les caractères communs suivants. Les feuilles ne présentent ni poils plumeux ni poils glanduleux (il y a très rarement quelques poils glanduleux, très peu nombreux, sur les bords des feuilles). Celles qui sont insérées sur la base de la tige sont détruites au moment de la floraison. Les feuilles moyennes, à limbe souvent allongé, parfois ovale, n'embrassent pas la tige par leur base et sont toutes d'une forme à peu près semblable. Les styles sont jaunes, rarement d'un jaune grisâtre ou d'un jaune livide, mais non bruns. Les fruits mûrs, qui ont environ 4 millimètres de longueur (sans compter l'aigrette) sont le plus souvent noirâtres (rarement d'un brun noirâtre, jaunes ou rougeâtres).
Ce sont des plantes vivaces qui se perpétuent par des bourgeons nés sur la tige souterraine, lesquels ne se développent qu'au printemps suivant pour donner une rosette de feuilles qui tombent ou se flétrissent avant la floraison. (On a trouvé des exemplaires à fleurs verdies et plus ou moins déformées, d'autres dont les fleurs, en tout ou en partie, sont en forme de tube et régulières au lieu d'être en languette).
Le type principal a la tige sans poils et les rameaux de l'inflorescence portant de très petits poils étoilés, sans poils glanduleux ni poils simples ; l'involucre est sans poils ou presque sans poils, en cône renversé, à sa base, puis ovoïde, vert ou verdâtre, devenant plus ou moins foncé ou même noirâtre après la floraison ; les bractées de l'involucre (sauf celles tout à fait internes et qui sont obtuses) sont terminées par une partie très étroite et recourbée en dehors. Les feuilles sont bien plus longues que larges, à nervure principale très marquée et se détachant par sa couleur claire, çà et là dentées, à dents aiguës, un peu dirigées vers le haut de la feuille ; rarement les feuilles sont presque entières. Les capitules sont disposés en grappe irrégulière, et, le plus souvent, certains rameaux sont insérés presque au même niveau et simulent une ombelle. Les styles sont d'un jaune franc. Les fruits mûrs sont noirâtres, parfois d'un brun-rougeâtre. Dans le capitule en bouton, les bractées extérieures de l'involucre, bien que déjà plus ou moins renversées en dehors, dépassent au sommet les bractées intérieures.
Noms vulgaires. En français : Accipitrine, Epervière-ombellée. En allemand : Dolden Habichtskraut. En flamand : Tuilbloemig-Havikskruid. Eu italien : Geracio-ombrellato. En anglais : Narrow-leaved-hawkweed, Umbellata-hawkweed.
Usages et propriétés. Plante recherchée comme nourriture pour les bestiaux. Les fleurs sont visitées par les abeilles, pendant les temps mellifères ; elles y récoltent du nectar à l'arrière saison. On en extrait une teinture d'un jaune franc qui devient orangée par l'alun et d'un jaune pâle sous l'influence du sel ammoniac. La plante a été employée contre les maladies de poitrine et les fièvres intermittentes.
Distribution. Certaines formes de cette espèce peuvent s'élever, dans les Alpes, jusqu'à 2.300 m d'altitude. France : le type principal est commun dans presque toute la France ; il est très rare dans la zone littorale de la Provence et des Alpes-Maritimes, rare dans l'Hérault et dans les Corbières. Suisse : commun en général. Belgique : commun.
Europe : presque toute l'Europe. Sors d'Europe : Sibérie, Mongolie, Japon ; Amérique du Nord.
On a décrit 2 sous-espèces, 7 races et 25 variétés de cette espèce ; on a décrit aussi 2 hybrides entre cette espèce et les espèces Hieracium prenanthoides, ou Hieracium lycopifolium ; les 3 sous-espèces et les races ou variétés les plus remarquables sont les suivantes :
Variété abbreviatum Hartmann (abrégée).
Tiges grêles de 3 à 12 cm ; feuilles très étroites ; tiges florifères ne portant que 1 à 3 capitules. (Çà et là).
Variété pubescens Sudre (pubescente).
Tige couverte de petits poils ; involucre d'un vert pâle avec quelques poils courts, à bractées extérieures peu recourbées en dehors. (Çà et là).
Variété monticola Arvet-Touvet (croissant sur les montagnes)
Tige couverte de poils rudes ; feuilles d'un vert foncé, ovales-allongées ; involucre d'un vert sombre ; fruits d'un brun assez peu foncé. (Zones subalpine et alpine des Vosges, du Forez, de l'Auvergne, des Alpes françaises et suisses).
H. dunense Feuilles épaisses et étroites ; tiges latérales couchées ou retombantes, à rameaux nombreux ; rameaux visqueux et un peu cotoneux ; involucre vert à bractées externes très peu étalées ; tige souterraine ramifiée. (Dunes de la Somme et du Pas-de-Calais).
H. alsaticum Feuilles fermes, obtuses ou presque obtuses à leur sommet, rudes, ciliées, plus, ou moins ovales, irrégulièrement dentées ; involucre à bractées larges, noirâtres ; tige rude, de 25 à 35 cm (Alsace : le Hohneck, au Frankenthal).
H. eriophorum Tige et feuilles ordinairement couvertes de poils laineux ; feuilles souvent rapprochées les unes des autres, obtuses, ovales ou ovales-allongées, entières ou peu dentées ; involucre laineux, à bractées peu ou pas recourbées en dehors ; fruits mûrs d'un gris-blanchâtre, rarement d'un gris fauve ou rougeâtre. Par la culture, la plante devient à poils très peu abondants, à feuilles étroites, à involucre dont les bractées extérieures sont nettement recourbées (C. H. Schultz). (Dunes du Golfe de Gascogne, seulement au Sud de la Gironde).
Variété prostratum Q.Q. (couché).
Tiges assez grêles, couchées, ne portant qu'un à quatre capitules ; tiges, feuilles et involucre peu laineux.
H. halimifolium Feuilles rapprochées, de 1 à 5 cm de longueur, en général, très étalées ou renversées après la floraison ; rameaux de l'inflorescence grêles ; involucre ovoïde-allongé, à bractées étroites ; réceptacle commun des capitules portant des paillettes en forme de fibres étroites ; fruits grisâtres ou d'un fauve assez clair. (Gard, Lozère, Ardèche, Hérault).
H. ilicetorum Feuilles moyennes à contour en forme de losange, de 3 à 4 cm. de longueur, à 5 à 8 dents, assez serrées les unes contre les autres ; capitules en grappe lâche, presque ou corymbe ; feuilles inférieures à contour en ellipse, atténuées vers leur base ; rameaux de l'inflorescence ayant peu de petites bractées (Gard, Hérault).
H. brevifolium Feuilles d'environ 4 à 8 cm de longueur, largement ovales ou arrondies, les supérieures seulement embrassant la tige par leur base ; réceptacle commun à alvéoles dentés ou ciliés ; fruits mûrs d'un brun rougeâtre. (Très rare : environs d'Annot, dans les Basses-Alpes ; Tessin).
H. abnormale Feuilles serrées, rudes au toucher sur les deux faces, bordées de cils, les moyennes et les supérieures à limbe arrondi à la base, les inférieures de plus de 8 cm de longueur ; involucre à bractées recouvertes extérieurement de petits poils, les externes un peu étalées, peu recourbées en dehors ; tige rude et hérissée de poils, se terminant par une grappe de capitules assez dense et à rameaux dressés. (Environs de Grenoble (pentes du Casque-de-Neron et du Bâchais) ; Pyrénées-Orientales ; cité dans le Loir-et-Cher, à Nouan).
H. provinciale Feuilles poilues sur les deux faces, ovales-allongées ; inflorescence en grappe assez étroite et allongée, à rameaux portant de nombreux poils étoilés d'aspect farineux, mêlés à des poils simples et à quelques poils glanduleux, ou même sans poils glanduleux ; corolles à languette dont les dents ne sont pas ciliées ; styles d'un jaune livide ; involucre vert à bractées presque disposées sur deux rangs, les externes sans pointe renversée en dehors ; plante couverte de poils allongés. (Midi, rare dans le Rhône, l'Isère et la Loire).