Cette espèce se trouve dans les prés, les endroits humides, les fossés, les clairières des bois frais dans un grand nombre de contrées de notre Flore. C'est une plante de 30 cm à 1 mètre de hauteur, dont les feuilles sont ordinairement rudes au toucher et dont la racine exhale une odeur fétide. Ses capitules de fleurs jaunes (et dont les languettes des fleurs extérieures sont jaunes en dessous comme en dessus) s'épanouissent en juin et juillet et même encore en août aux altitudes élevées. Les capitules, qui peuvent avoir de 3 à 5 centimètres de largeur lorsqu'ils sont épanouis, sont disposés en corymbe au sommet des tiges fleuries. L'involucre a les bractées recouvertes à l'extérieur de poils blanchâtres souvent mêlés à quelques poils noirs, raides et glanduleux, et de poils appliqués sur leur face interne ; les bractées intérieures de l'involucre sont dressées et les bractées extérieures, plus courtes et à peu près de là même largeur que les intérieures, sont étalées en dehors.
Les feuilles sont poilues, dentées ou profondément divisées ; les inférieures présentent généralement des segments qui sont courbés vers la partie inférieure de la feuille ; les feuilles moyennes sont sans pétiole et embrassent la tige à la base par deux lobes dentés. Les fleurs sont nombreuses dans chaque capitule et leurs stigmates sont jaunes. Les fruits mûrs, jaunâtres, pourvus de 13 côtes longitudinales, mesurent environ 4 millimètres et demi de longueur (sans compter l'aigrette) ; ils sont plus courts que l'aigrette qui les surmonte.
C'est une plante bisannuelle, à racine principale développée, à tiges florifères cannelées dans leur longueur et couvertes de poils raides, surtout dans leur partie inférieure. (On a trouvé de nombreuses anomalies de cette espèce : tiges fasciées, c'est-à-dire soudées en long, parfois en grand nombre et formant alors par leur ensemble une sorte de lame au sommet de laquelle s'épanouissent les capitules- ; division ou torsion des tiges ; production d'un capitule secondaire au milieu du capitule normal ; verdissement des fleurs dû à la présence d'Acariens du genre Phytoptus ; fleurs toutes très petites dans les capitules ; fleurs du pourtour d'une grandeur relative exceptionnelle, etc.).
Noms vulgaires. En français : Chicorée-jaune-des-prés. En allemand : Gelber-Wiesenwegwart, Wiesengrundfeste. En flamand : Tweejarig.
Usages et propriétés. Les fleurs sont visitées par les abeilles qui y récoltent un nectar de très bonne qualité.
Distribution. Préfère ordinairement les terrains calcaires ou argilo-calcaires ; ne monte pas dans la zone alpestre du Jura, mais, au contraire, s'élève dans la zone subalpine, et même encore plus haut dans les Alpes où on peut le rencontrer parfois jusqu'à 2.000 m d'altitude. France : assez commun ou commun dans beaucoup de contrées, mais rare ou manquant dans plusieurs régions ; par exemple : très rare dans l'Ouest, en Languedoc et dans les Pyrénées-Orientales ; rare ou assez rare en Provence et dans les Alpes-Maritimes ; assez rare dans la Sarthe, dans le Tarn ; assez commun dans l'Aveyron ; très commun en Dauphiné, etc. Suisse : commun. Belgique : commun en général ; assez commun dans la Région de l'Ardenne.
Europe : presque toute l'Europe jusqu'en Danemark et au Sud de la Suède ; très rare dans le Sud-Est de l'Europe. Hors d'Europe : naturalisé dans l'Amérique du Nord.
On a décrit 1 race et 3 variétés de cette espèce ; la race est la suivante :
C. maritima Bouché (C. maritime)
Involucre peu poilu et sans poils glanduleux ; feuilles épaisses, toutes dentées ou entières ; plante rameuse souvent dès la base. (Très rare ; au bas des falaises du Tréport, dans la Seine-Inférieure).