Cette espèce, que l'on trouve dans presque toutes les contrées de notre Flore (rare dans le Midi de la France), fleurit dans les prés humides, les bois frais et les marécages où ses capitules de fleurs jaunes s'épanouissent en mai et juin. C'est une plante dont la taille peut varier de 15 à 80 cm.
Les feuilles, d'un vert gai, pour la plupart insérées vers la base de la tige, sont très allongées, souvent, sans poils, entières ; les inférieures, ordinairement parcourues par 3 à 7 nervures longitudinales, sont longuement rétrécies vers leur base, les quelques feuilles placées plus haut sur la tige étant très étroites et sans pétiole. L'involucre a les bractées inférieures peu différentes des autres quoique plus courtes. Les fruits mûrs, de 8 à 10 millimètres de longueur, ont leurs stries longitudinales lisses ou un peu rugueuses. L'aigrette, d'un blanc grisâtre, est un peu plus longue que le reste du fruit.
C'est une plante vivace, n'ayant pas, à la base de la tige, de nombreux débris chevelus mais présentant des écailles noirâtres qui sont les vestiges des feuilles anciennes. La tige florifère est creuse en dedans. La plante se multiplie par des bourgeons nés sur la tige souterraine. (On trouve assez souvent des échantillons dont les fleurs sont stériles, et plus ou moins déformées sous l'action d'un champignon filamenteux, qui est la forme aérienne du Puccinia Scorzonerae humilis).
Noms vulgaires. En français : Salsifis-de-Bohême, Scorzonère-de-Bohême, Scorzonère d'Allemagne. En allemand : Böhmische-Skorzonere, Deutsche-Skorzonere, Vipern-grass, Schlangenkraut. En flamand : Nederige-Schorseneer. En italien : Scorza-nera. En anglais Dwarf-Viper's-grass.
Usages et propriétés. Les jeunes plantes peuvent être consommées avec leurs racines. Les racines sont recherchées par les porcs qui bouleversent les terres des prairies afin de les retirer du sol. La racine est savonneuse ; la plante entière est apéritive.
Distribution. Préfère souvent les terrains siliceux ; ne s'élève pas aux hautes altitudes des montagnes. France : commun ou assez commun dans presque toute la France, sauf dans le Midi où il est assez rare ou même rare ; très commun en Lorraine et dans l'Ouest de la France ; rare ou très rare dans les Alpes, rare en Alsace. Suisse : çà et là dans les cantons d'Appenzell, Saint-Gall, Glaris, Zurich, Thurgovie, Argovie, Neuchâtel, Berne, Soleure, Vaud, Genève. Tessin et Grisons. Belgique : assez commun dans la Région de l'Ardenne ; assez rare dans la Région houillère ; rare dans les Régions hesbayenne et jurassique.
Europe : presque toute l'F.urope. Hors d'Europe ; Sud-Ouest de l'Asie, Sibérie.
On a décrit 1 sous-espèce, 2 variétés et 1 sous-variété de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Variété lanata G. B. (laineuse)
Involucre, partie supérieure des tiges et feuilles recouverts de poils laineux. (Çà et là).
Variété macrorhiza Rouy (à grosse racine).
Feuilles molles et étroites, les inférieures à 5 nervures ; celles situées plus haut à 3 nervures. (Çà et là, peu commun).
Variété angustifolia Willd. (à feuilles étroites)
Feuilles toutes très étroites, les inférieures à 3 nervures ; involucre à bractées étroites, toutes obtuses à leur sommet. (Çà et là, peu commun).
S. parviflora Jacq. (S. à petites fleurs)
Plante croissant dans les salines et les prairies du littoral de la Méditerranée ; feuilles moyennes embrassant la tige par leur base ; involucre sans poils ; à peine plus court que les fleurs, composé de bractées assez allongées dont les extérieures, plus courtes, ont une forme triangulaire. (Littoral de la Provence, du Languedoc et des Pyrénées-Orientales).