Cette espèce d'origine américaine, bien connue sous le nom vulgaire de « Topinambour», est cultivée en grand dans beaucoup de contrées de notre Flore et cultivée aussi assez souvent dans les potagers aux alentours desquels on peut la rencontrer quelquefois à l'état subspontané. C'est une grande et belle plante dont les tiges peuvent atteindre jusqu'à 3 mètres de hauteur, et dont les capitules à fleurs, en tube et en languette jaunes mesurent environ de 6 à 9 centimètres de largeur. La plante fleurit en septembre, octobre et quelquefois encore en novembre.
Les feuilles, presque toutes alternes, sont simples, largement dentées et à dents largement aplaties ; les feuilles inférieures ou moyennes ont un limbe en forme de cœur renversé ; le limbe des feuilles supérieures est ovale ; toutes ces feuilles sont à 3 nervures principales, aiguës au sommet (surtout les supérieures), rudes au toucher, d'un vert assez clair et sont pourvues d'un pétiole assez allongé, cilié à la base, et s'élargissant près du limbe. Les tiges, les pétioles et les limbes sont rudes au toucher. Les capitules sont dressés et disposés en grappe feuillée au sommet des tiges. L'involucre est formé de bractées ovales-allongées et portant des cils sur les bords. Les fruits sont surmontés chacun par 1 à 4 écailles allongées en arête et ciliées.
C'est une plante vivace, à tiges fleuries robustes, dressées, rameuses, à tiges souterraines renflées en tubercules arrondis ou ovales, pouvant devenir très gros, et portant des bourgeons qui perpétuent et multiplient la plante ; ces tubercules portent des racines adventives nombreuses et assez peu rameuses. Des pieds de cette plante pris dans la plaine, aux Environs de Paris, ont été cultivés (sur le même sol) à 2.400 m. d'altitude, sur la chaîne du Mont-Blanc. Ils ont produit des tiges fleuries très courtes donnant une rosette de feuilles serrées, puis chaque tige n'a donné qu'un seul capitule presque appliqué, près du sol, au centre de cette rosette de feuilles (G. Bonnier). (On a décrit diverses anomalies de cette espèce : tiges soudées entre elles dans leur longueur ; feuilles moyennes opposées ; feuilles verticillées par trois, etc.).
Noms vulgaires. En français : Topinambour, Crompire, Artichaut-de-Jérusalem, Artichaut-du-Canada, Patate-de- Virginie, Poire-de-terre, Taratouf, Cartofle, En allemand : Topinambur, Knollen-Sonnenblume, Jerusalems-Artischocke, Erdartischo. En flamand : Aardpeer, Jerusalemsche-Artisjok. En italien : Tartufo-bianco. En anglais : Jérusalem-Artichoke, Canada-Potato, Tuberous, Sunflower, Girasol.
Usages et propriétés. La plante est cultivée pour ses tubercules comestibles qui renferment une grande proportion d'inuline. Ces tubercules servent à l'alimentation de l'homme et des bestiaux. Il n'existe pas beaucoup de variétés culturales de cette espèce. On peut citer le « Topinambour Patate » à tubercules jaunes, assez réguliers, volumineux, lisses, et le « Topinambour blanc » qui a des tubercules blanchâtres. Les tubercules renferment du saccharose (sauf au mois de septembre), 2 à 10 pour 100 de glucoses, de l'inuline et diverses substances voisines de l'inuline, de la pentosane, de la mannane, des substances pectiques. Les feuilles donnent par distillation de l'alcool méthylique. Les cendres des tubercules contiennent pour cent : 41 à 55 de potasse ; 13,3 à 14,7 d'acide phosphorique ; 4 à 16 de silice ; 20 de soude ; 3,7 à 7 d'acide sulfurique ; 2 à 5,8 de chlore ; 2,8 à 3,7 de chaux ; 2,2 à 3,7 de magnésie ; 1 à 6,4 de sesquioxyde de fer.
Distribution. Originaire de l'Amérique du Nord d'où elle avait déjà été cultivée dans diverses contrées de l'Amérique, et en particulier de l'Amérique du Sud par les aborigènes ; peut se cultiver à une assez grande altitude sur les montagnes. France, Suisse et Belgique : cultivé et parfois subspontané.
Europe : cultivé et parfois subspontané. Hors d'Europe : Amérique du Nord ; introduit et cultivé ailleurs.