Asteraceae - - Tussilago farfara (L.)

Tussilage farfara

C'est une des premières plantes qui fleurisse à la fin de l'hiver ; elle est commune dans les terrains frais, souvent argileux et calcaires, ou dans les terres récemment remuées, pourvu qu'elles ne soient pas trop sableuses. Ses capitules de fleurs jaunes égaient les terrains vagues, les talus, les endroits humides en mars et en avril, souvent même dès la fin de février, et les fleurs se montrent parfois presque sous la neige.
On ne voit d'abord que les tiges fleuries, de 8 à 20 cm, couvertes de feuilles alternes, réduites à des écailles qui s'allongent plus ou moins, et ce n'est qu'après la floraison que se développent les grandes feuilles pétiolées qui partent de la base de la plante. Le limbe de ces feuilles est vert en dessus, velu-blanchâtre ou velu-grisâtre en dessous, en forme de cœur renversé, à échancrure dessinant un angle plus ou moins ouvert, à bord sinueux portant des dents élargies, peu saillantes. Le pétiole de ces feuilles a une odeur un peu poivrée et piquante ; il est arrondi, non creux en dedans, à face supérieure à peu près plane. L'échancrure du limbe n'est pas bordée par une forte nervure. Les petites feuilles qui sont sur la tige fleurie embrassent plus ou moins la tige par leur base, et sont ordinairement de couleur violacée. Le capitule unique qui termine la tige fleurie est penché avant et après la floraison, dressé pendant que les fleurs sont épanouies ; les fleurs en languette, qui ont environ deux fois la longueur des fleurs en tube situées vers le centre du capitule, sont alors étalées et rayonnent sur tout le pourtour du capitule. L'involucre est formé de bractées inégales, toutes obtuses au sommet, dont les extérieures sont plus courtes que les intérieures. Les fruits sont bruns et portent une aigrette blanche, soyeuse, qui a environ trois fois la longueur du reste du fruit.
C'est une plante vivace à tiges fleuries dressées, à tige souterraine aromatique, épaisse, presque charnue. La tige souterraine produit des ramifications qui développent en avril une rosette de feuilles, lesquelles se détruisent en hiver : mais sur chacune de ces ramifications se forment, vers le milieu de l'hiver, des rameaux florifères qui périssent après la fructification, tandis qu'il, se produit de nouveaux rameaux sur la ramification de la tige souterraine, et chacun de ces nouveaux axes se terminera par une rosette de feuilles en répétant l'évolution qui vient d'être décrite. Assez souvent, les capitules ne portent aucun fruit ; lorsqu'ils fructifient, les fruits ne sont mûrs qu'en juillet et août. (On a trouvé, exceptionnellement des tiges fleuries produisant, outre le capitule normal, 2 à 4 capitules accessoires).

Noms vulgaires. En français : Tussilage, Pas-d'âne, Herbe de Saint-Quirin, Taconnet, Chou-de-vigne, Herbe-aux-pattes, Pas-de-cheval, Pied-de-cheval, Racine-de-peste. En allemand : Huflattig, Huflattich, Esels-Fuss, Brand-Lattich, Kleine-Rosshube, Märzblume, Quirenskraut. En alsacien : Rosshuflein. En flamand : Hoefblad, Klein-Hoefblad, St-Quirijnskruid. En italien : Pie-d'asino, Farfugio, Ugna-d'asino, Ugna-di-cavallo, Farfara, Farfarella, Farroni, Tossilagine. En anglais : Colt's-foot, Cowt's-foot, Foal's-foot, British-tobacco, Pestilent-wort, Tushalan, Farfara, Clatter-clogs, Ginger-root, Horse-hoof.

Usages et propriétés. Cultivé comme plante ornementale pour la variété horticole variegata à feuilles bordées ou tachées de blanc crémeux, d'un effet décoratif. Les fleurs sont très visitées par les abeilles qui y récoltent un nectar alondant produit sur un nectaire renflé situé à la base du style. Les fleurs et les parties souterraines de la plante sont mucilagineuses et constituent un remède pectoral réputé comme des plus efficaces. On s'en sert pour calmer la toux et dans les affections des poumons ; on prépare avec les fleurs, parfois aussi avec les feuilles, des infusions et des décoctions. Le suc de la plante a été utilisé comme antiscrofuleux. Les feuilles renferment un glucoside amer, de l'acide gallique, de la dextrine, des mucilages, etc. Les fleurs contiennent une substance spéciale nommée jaradiol. On trouve de l'inuline dans les parties souterraines de la plante.

Distribution. Préfère souvent les terrains argileux et calcaires ; peu répandu sur les terrains siliceux ; si la plante s'installe sur des terres récemment remuées, au bout de quelques années lorsque le sol est trop tassé, les tiges souterraines languissent et la plante finit par disparaître ; s'élève à une assez grande altitude sur les diverses montagnes, même jusqu'au voisinage des glaciers. France : très commun en général, mais moins répandu en certaines contrées ; par exemple : assez commun seulement dans le Languedoc ; assez commun ou assez rare en Bretagne ; çà et là dans le Plateau Central ; assez rare dans les Ardennes, dans la partie montagneuse des Vosges et dans le Sud-Ouest de la France ; rare aux environs d'Eymoutiers (Haute-Vienne), etc. Suisse : très commun. Belgique : commun dans les Régions jurassique, houillère et hesbayenne ; assez commun dans la Région littorale ; assez rare dans la Région campinienne ; rare dans la Région de l'Ardenne.
Europe : toute l'Europe, y compris l'Islande. Hors d'Europe . Sibérie, Asie orientale, Himalaya ; contrées montagneuses de l'Afrique septentrionale : Canada, naturalisé aux États-Unis.

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