Valerianaceae - - Valeriana officinalis (L.)

Valériane officinale

Les formes que l'on peut réunir sous ce nom général sont des plantes dont la taille peut varier de 40 cm. à 2 mètres, et qu'on trouve dans les endroits humides. Le type principal est répandu dans presque toute l'étendue de notre Flore sauf dans la Région méditerranéenne. Les fleurs rosées, quelquefois blanches ou d'un rose foncé, s'épanouissent depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août et dès le mois d'avril pour la sous-espèce V. hispidula.
Chez toutes ces plantes, les feuilles moyennes sont presque complètement divisées en 7 à 21 segments plus ou moins dentés ou denticulés. Les fleurs sont toutes stamino-pistillées. Le style porte trois stigmates à son sommet. Les tiges florifères sont sillonnées dans leur longueur. Les petites bractées qui sont dans les inflorescences sont ovales-allongées, membraneuses sur les bords et ciliées.
Ce sont des plantes vivaces dont la tige souterraine produit des rejets qui deviennent bientôt libres et multiplient ainsi la plante. (On a décrit de nombreuses anomalies de cette espèce : tiges tordues et aplaties ; soudure des tiges en longueur (fasciation) ; feuilles verticillées par 3 ; feuilles alternes ; corolle devenant à 4 divisions par suite de la soudure de 2 pétales jusqu'à leurs sommets ; fleurs à 6 et 7 divisions : feuilles de chaque paire soudées entre elles, etc.). Le type principal se reconnaît à ses feuilles toutes divisées en nombreux segments, à ses feuilles moyennes qui comprennent 11 à 21 segments et aux rejets de la tige souterraine qui se terminent chacun par une rosette de feuilles divisées en nombreux segments.

Noms vulgaires. En français : Valériane, Herbe-aux-chats, Herbe-aux-coupures, Herbe-à-la-femme-meurtrie, Herbe-Notre-Dame, Herbe-de-Saint-Georges, Guérit-tout, Herbe-du-loup. En allemand : Katzenwurz, Baldrian, Echter-Baldrian, Maria-Magdalenenwurz, St-Georgenkraut, Denemarcha, Wilde-Valeriane, Mondwurz. En flamand : Gewone-Valeriaan. En italien : Valeriana-silvestre, Nardo-salvatico, Amantilla. En anglais : Valerian, Heal-all, Garden-heliotrope, Drunken-slots, Poor-man's-remedy, St-Bennet's-herbe, Shop-valerian.

Usages et propriétés. Le nom vulgaire d' « Herbe-aux-chats » vient de ce que l'odeur de la plante attire les chats qui se roulent sur les tiges feuillées et fleuries. Les fleurs sont parfois assez visitées par les abeilles qui y récoltent le nectar produit au sommet de l'ovaire. La plante est fébrifuge et diurétique. Les parties souterraines sont amères, aromatiques, un peu astringentes, toniques, excitantes et surtout antispasmodiques. On les a employées contre les maladies nerveuses, les étouffements, l'hystérie, l'épilepsie, la migraine, l'asthme et le hoquet, et aussi contre l'aphonie, les fièvres intermittentes, les inflammations de l'intestin. Les parties souterraines de la plante renferment 0,25 à 1,4 %(de la substance sèche) d'acide valérianique libre ou combiné ; elles contiennent comme alcaloïdes la valérianine et la chatinine, un corps résineux, des acides acétique, formique, des malates de magnésium, de calcium et de potassium, comme sucres de la dextrose et un peu de saccharose, des gommes, de l'amidon, une oxydase. On y trouve une huile essentielle spéciale (0,5 à 1 % de la substance sèche) ou « huile de Valériane » qui contient elle-même plusieurs substances : valérol, borneol, bornéenne. Les parties souterraines de la plante renferment aussi du sesquiterpène et deux alcools. Dans les parties aériennes de la plante, il existe de l'acide valérianique et de l'huile de Valériane. On remplace le plus souvent l'usage direct de la Valériane par les valérianates de quinine, d'ammoniaque ou de zinc.

Distribution. S'élève jusqu'aux sommités du Jura, jusqu'à environ 1.000 m. dans les Corbières, les Pyrénées, les Alpes ; on l'a rencontrée exceptionnellement jusqu'à 2.000 m. d'altitude dans plusieurs parties des Alpes. France : commun en général ; manque dans la Région méditerranéenne proprement dite. Suisse : commun. Belgique : commun ou assez commun.
Europe : presque toute l'Europe jusqu'en Laponie et, en Islande, mais très rare dans la Région méditerranéenne. Hors d'Europe : Ouest de l'Asie, Kashmir, Sibérie, Japon.

On a décrit 2 sous-espèces, 1 race et 3 variétés de cette espèce. Les 2 sous-espèces et la race sont les suivantes

V. angustifolia Tausch (à feuilles étroites).
Feuilles moyennes ayant 13 à 21 segments très étroits et non dentés, le segment terminal ayant sensiblement la même forme et la même grandeur que les segments latéraux ; tiges florifères assez grêles, ordinairement solitaires ; tige souterraine produisant souvent des ramificalions allongées. (Çà et là, surtout, sur les terrains calcaires).

V. hispidula Boiss. (V. un peu hérissée).
Feuilles moyennes ayant 7 à 11 segments ovales ou ovales-allongés, obtus ou presque obtus au sommet, le segment terminal plus grand surtout chez les feuilles inférieures qui sont quelquefois réduites à 5 ou 3 segments : tiges fleuries grêles, non rameuses, garnies de poils blancs et longs, dans leur partie inférieure ; les feuilles de la base sont petites, entières et à long pétiole : les ramifications allongées de la tige souterraine se terminent chacune par une rosette de feuilles entières ou à 3, 5 ou 7 segments. (Rare : environs de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baïgorry dans les Basses-Pyrénées).

V. sambucifolia Mikan (V. à feuilles de Sureau).
Feuilles moyennes ayant 5 à 11 segments fortement dentés ; tiges robustes dont les plus grandes ont de 1 à 2 mètres de hauteur et qui sont souvent accompagnées, à leur base, de rameaux florifères grêles et presque sans feuilles ; les ramifications allongées de la tige souterraine se terminent chacune par une rosette de feuilles ayant 3 à 5 segments qui sont larges et presque arrondis ; plante d'un vert sombre. (Çà et là dans l'Est, le Centre, le Nord de la France, dans les Pyrénées et en Suisse).

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