Araliaceae -- Hedera helix (L.)

Lierre grimpant

C'est un arbrisseau très décoratif, soit qu'il grimpe sur les rochers, les murs ou les arbres qu'il recouvre de son feuillage toujours vert, soit qu'il rampe sur le sol en garnissant les sous-bois. Il peut atteindre une taille presque indéfinie et sur certains rochers verticaux ou sur de vieux châteaux, ses tiges arrivent à dépasser 50 mètres de longueur. Les pieds grimpants épanouissent leurs nombreuses fleurs d'un jaune verdâtre en septembre et octobre, tandis que les tiges rampantes ne fleurissent presque jamais. Les fruits se développent pendant l'hiver et ne sont mûrs qu'en mars, avril ou mai de la saison suivante.
Les feuilles sont alternes, à pétiole arrondi, à limbe plus ou moins coriace et épais, devenant d'un vert foncé en dessus et restant d'un vert pâle en dessous. Les feuilles des rameaux grimpants sans fleurs et celles des rameaux rampants sont ordinairement divisés en 3 à 5 lobes plus ou moins profonds ; celles des rameaux fleuris sont entières et ovales, en pointe au sommet. Les feuilles ne tombent, le plus souvent, que pendant leur troisième année. Les rameaux grimpants portent des racines courtes transformées en crampons et qui attachent la plante sur les rochers, les murs ou les arbres ; ces crampons naissent surtout dans la région moyenne des entre-nœuds, tandis que sur les tiges rampantes, les racines adventives prennent naissance dans le voisinage immédiat des noeuds, près de l'insertion d'une feuille. Les fleurs s'épanouissent progressivement, sur chaque ombelle, depuis le pourtour jusque vers le centre. Dans chaque fleur, les étamines s'ouvrent presque toujours avant que les stigmates soient développés. Les ombelles simples sont à contour semi-globuleux et sont ordinairement groupées en grappes terminales. Les rayons de l'ombelle sont poilus-blanchâtres. Chaque fleur montre 5 petites dents formées par la partie supérieure des sépales, 5 pétales couverts de très petits poils, devenant renversés, un style qui persiste sur le sommet du fruit. Ce dernier qui devient charnu, globuleux, noir, est surmonté au sommet par les 5 dents persistantes du calice. Les rameaux ligneux se recouvrent d'une écorce de couleur grise ou grisâtre.
Le Lierre peut vivre très longtemps ; on connaît des pieds de Lierre qui ont plus de 400 ans. Très rarement à l'état naturel, le Lierre peut quelquefois s'élever sans appui, et forme alors une sorte d'arbuste dont le tronc peut mesurer parfois jusqu'à 3 mètres de circonférence. (On trouve quelquefois des exemplaires dont les feuilles sont profondément divisées en 2 ou 3 parties ; on observe aussi des fleurs ayant 3 sépales, 3 pétales et 3 étamines, ou d'autres dont les fleurs ont 6 sépales, 6 pétales et 6 étamines ; on remarque assez souvent des racines-crampons réunies ensemble et cohérentes par 2, 3 ou plus ; il en est de même, moins souvent, pour les autres racines. La germination se produit quelquefois en donnant naissance à des cotytédons exagérément développés).

Noms vulgaires. En français : Lierre, Herbe-de-Saint-Jean, Bourreau-des-arbres. En allemand : Efeu, Baumefeu, Ebich, Lorbeerkraut, Mauer-Efeu, Ywenlof. En flamand : Klimop, Clem, Klimmer, Wintergroen. En italien : Edera, Ellera, Lellera, Ellera-arborea. En anglais: Ivy, Bentwood, Woodbind.

Usages et propriétés. Le Lierre, dédié à Bacchus, était chez les anciens un objet de vénération ; il était consacré à la gloire des poètes, et aussi à celle des buveurs. Le Lierre n'est pas parasite pour les arbres sur lesquels il croît, mais il produit un couvert qui est nuisible au développement des bourgeons de l'arbre, et les tiges nombreuses et épaisses du Lierre peuvent mettre obstacle à l'épaississement du tronc et des branches de l'arbre qui le supporte. On doit détruire le Lierre sur les arbres lorsqu'il prend une trop grande extension. Quand le Lierre pousse sur les murs des habitations il ne leur est pas nuisible, mais, au contraire, les protège contre les intempéries. Lorsqu'on mâche des fruits de Lierre, la salive est émulsionnée et la gorge irritée au point de donner une sensation persistante dont on est incommodé pendant longtemps ; mais les feuilles sont moins irritantes et la plupart des bestiaux les mangent assez volontiers ; on leur en donne lorsque le fourrage fait défaut. On mêle quelquefois les feuilles de Lierre à la cendre pour faire la lessive. Le suc résineux des vieux troncs est utilisé comme vernis. On, cultive comme plantes ornementales soit l'espèce type, soit un grand nombre de races ou de variétés de cette espèce. Telles sont les suivantes : Hélix algeriensis à feuilles d'un vert jaunâtre et panachées ; H. arborescens, en forme d'arbuste dressé et à fruits jaunes ; H. aurantiaca, à fruits d'un rouge orangé ; H. deltoidea, à feuilles d'un vert noirâtre ; H. dentata, à feuilles dentées et peu luisantes ; H. hybernica (Lierre d'Irlande), à feuilles grandes, d'un vert foncé ; H. marginata, à feuilles dont la bordure est blanche et qui sont striées de rouge à l'automne ; H. marmorata, à feuilles irrégulièrement tachetées de blanc ; H. Rœgneriana (Lierre du Caucase), à feuilles grandes, très coriaces, en forme de cœur renversé ; H. Sagittaefolia, à feuilles dont le lobe médian est plus grand que les autres, etc. On utilise le Lierre dans les parcs et les jardins pour couvrir les murs, les arbres, les tonnelles, pour faire des bordures ou pour établir sous bois des tapis toujours verts. Les abeilles récoltent sur les fleurs de Lierre, à l'automne, un nectar qui fournit un miel excellent, de couleur jaune-verdâtre. La plante a été utilisée autrefois comme dérivatif dans le traitement de l'esquinancie, par l'application d'un collier de feuilles de Lierre coupées. Les feuilles ont été aussi employées pour le pansement des cautères et comme antiscrofuleuses, le bois comme antiseptique, les fruits comme purgatifs et émétiques (remède dangereux). Dans les pays relativement chauds, les vieux troncs de Lierre fournissent par incision un suc résineux, aromatique lorsqu'on le brûle, qui est utilisé comme résolutif. Les feuilles contiennent un glucoside spécial, l'hédérine, de l'inosite, de la carotine, des acides formique, hédérique, malique ; les fruits renferment de l'hédérine, de l'acide hédérique, une huile grasse, de la cholestérine, des sucres, des matières pectiques, etc. Dans les graines, il existe aussi de l'hédérine. Les cendres des racines ont donné 42,75 % de chaux; 3,5 % d'acide phosphorique ; 8,4 % de potasse ; 2,5 % de magnésie ; 1,9 % d'acide sulfurique.

Distribution. Ne s'élève guère à plus de 1.000 m. sur les diverses montagnes. France, Suisse et, Belgique : commun.
Europe : toute l'Europe sauf la zone arctique. Hors d'Europe : Asie Mineure, Himalaya, Japon.; Nord de l'Afrique ; cultivé dans presque toutes les contrées tempérées.

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