Grossulariaceae - - Ribes rubrum (L.)

Groseillier rouge

Cet arbrisseau, qui peut atteindre 1 m. à 1 m. 50 de hauteur, se trouve à l'état spontané dans les bois ou les prairies montagneuses de l'Est de la France et en Belgique ; très souvent cultivé dans les jardins, il peut se rencontrer à l'état naturalisé ou subspontané dans presque toute l'étendue de notre Flore.
Les feuilles présentent 3 à 5 lobes, profondément dentés ; le limbe est pouvu de petits poils à sa face inférieure. Les fleurs sont disposées en grappes pendantes et sont accompagnées de petites bractées sans poils et obtuses. Le calice est sans poils, à divisions obtuses, larges, étalées, ayant 3 à 5 fois la longueur des pétales ; ceux-ci sont petits, dressés, en coin à la base. Les fruits sont sans poils, rouges ou moins souvent blanchâtres, à saveur acide.
C'est un arbrisseau non épineux, à tiges rameuses, à rameaux bruns. (On a décrit de nombreuses anomalies de cette espèce : accroissement anormal de toutes les parties de la fleur ; verdissement du calice, de la corolle et des étamines ; fleurs à calice non adhérent à l'ovaire et présentant des carpelles séparés ; fleurs à 5 étamines transformées en carpelles ouverts ; plantules à 3 cotylédons).

Noms vulgaires. En français : Groseillier, Groseillier-rouge, Castillier, Gadelier, Groseillier-commun, Groseillier-à-grappes, Raisin-de-mars, Gondouin. En allemand : Johannisbeere, Kanzigsbeere, Rote-Johannisbeere, Agnus-Christi, Hundsbeere. En alsacien : Kanzerle. En flamand : Aalbes, Rode-Aalbessestruik, Aalbessenboom. En italien : Ribes-rosso, Ribes-vulgare. En anglais : Red-currant, Red-gooseberry, Wineberry, Curranberry.

Usages et propriétés. Inconnu des Anciens comme arbrisseau cultivé ; sa culture a été introduite en Europe au Moyen-âge. Planté pour ses fruits comestibles que l'on ne consomme pas toujours tels quels parce qu'ils peuvent être trop acides, mais mêlés à du sucre ou avec des framboises ou des fraises. On fabrique du sirop de groseilles, de la gelée, des confitures, du vin de groseilles. Les feuilles fournissent une teinture jaune, et les fruits une teinture noire.
On en cultive plusieurs variétés horticoles parmi lesquelles on peut citer les suivantes : « Rouge de Hollande » variété tardive à gros grains rouges ; « Hâtive de Bertin » précoce, à grains rouges ; « Versaillaise » à fruits rougeâtres disposés en longues grappes bien fournies ; « Queen- Victoria » à fruits rouges disposés en grappes très longues et peu fournies ; « Blanche de Hollande » à fruits rosés, gros et translucides ; « Transparente » à fruits blancs, gros, en longues grappes, etc. Plante mellifère, visitée par les abeilles. Le sirop de groseilles est rafraîchissant, utilisé, non seulement comme boisson courante, mêlé à de l'eau ou à de l'eau de Seltz, mais aussi employée pour les malades ou les convalescents. Les fruits sont usilés contre la diarrhée et contre la dysenterie. Ces fruits, en fait de sucres, renferment du sucre interverti (mélange de dextrose et de lévulose par parties égales) et ne contiennent pas de saccharose. On y trouve des substances pectiques, les acides malique, citrique, vinique, salicylique, et des pentosanes. Les graines renferment une huile grasse (huile de groseille) avec acides stéarique, palmitique, oléique.

Distribution. Peut s'élever, dans les Alpes, jusqu'à 2.150 m. d'altitude. France : rare dans le Nord-Est et la Lorraine ; assez commun en Alsace, où il est surtout subspontané près des ruines féodales ; çà et là dans le Jura ; assez rare dans les Alpes du Dauphiné où il croît jusque dans les prairies du Lautaret ; Pyrénées ; fréquemment naturalisé ou subspontané. Suisse : naturalisé ou subspontané. Belgique : assez rare dans les Régions houillère et jurassique ; rare dans la Région de l'Ardenne ; subspontané çà et là ailleurs.
Europe : presque toute l'Europe et jusque dans la Russie arctique. Hors d'Europe: Caucase, Himalaya, Sibérie, Japon ; Amérique arctique, Nouvelle-Angleterre.

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