Les formes que l'on peut réunir sous ce nom sont des plantes élégantes, à tiges étalées et redressées, gazonnantes, de 5 à 15 cm. de longueur, qui croissent dans les sables, sur les graviers ou sur les rochers, en général siliceux, dans presque toute l'étendue de notre Flore. Les fleurs d'un blanc mêlé de vert se montrent depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre.
On reconnaît ces plantes aux caractères suivants : Le calice est à divisions largement bordées de blanc et obtuses au sommet, à tube dont les nervures sont indistinctes ou peu marquées. Ce sont des plantes d'aspect un peu glauque.
Le type principal se distingue par ses tiges couvertes de très petits poils, ses feuilles non piquantes, par le calice dont les divisions se rapprochent les unes des autres lorsqu'elles entourent le fruit, et par sa souche vivace. On a remarqué que les échantillons qui croissent sur la serpentine sont très courts et à feuilles très serrées.
Noms vulgaires. En français : Gnavelle-vivace, Sanguinaire-d'Allemagne. En allemand : Dauerknäuel, Blutkraut, Polnisches-Weggrass. En flamand : Voortlevende-Hardbloem, Wegegras. En italien : Renaiola-montana. En anglais : Polish-cochineal, Scarlet-grain.
Usages et propriétés. Très rarement cultivé pour orner les rocailles. La plante est un peu mellifère, mais n'est pas visitée par les abeilles. Un insecte (Porphyrophora polonica, vulgairement Cochenille de Pologne) vit sur cette plante, et provoque sur les racines des renflements connus sous le nom de « grains de Pologne » qui avaient été employés autrefois comme remède de diverses maladies.
Distribution. Préfère les terrains siliceux ; peut s'élever sur les montagnes jusqu'à 2.200 m. d'altitude. France : assez commun en général, mais de distribution très inégale ; par exemple : très commun dans le bassin du Rhône, en Dauphiné et en Savoie, commun en Auvergne et dans la haute Corrèze, mais rare dans la Haute-Vienne et manque dans le Sud de la Corrèze ; commun dans la région montagneuse de l'Hérault, mais manque en Provence et est très rare dans les Alpes-Maritimes ; commun dans les contrées montagneuses de Lorraine ; commun dans les Pyrénées, surtout dans les zones subalpine et alpine ; rare dans l'Ouest, dans la Sarthe ; extrêmement rare dans l'Eure ; assez rare aux environs de Paris, etc. Suisse : assez commun en général, mais manque dans les cantons d'Uri, Schwitz, Unterwalden, Appenzell, Saint-Gall, Glaris, Grisons, Schaffhouse et dans le Mitterland-Bernois. Belgique : assez rare dans les Régions houillère, jurassique, et campinienne : rare dans la Région hesbayenne.
Europe : presque toute l'Europe. Hors d'Europe : contrées tempérées de l'Asie.
On a décrit 1 race et 1 variété de cette espèce. On a décrit aussi 2 hybrides entre cette espèce et l'espèce Scleranthus annuus ou Scleranthus polycarpus. La race est la suivante :
S. polycnemoides Willk. et Costa (S. Faux-Polycmène).
Plante sans poils ; feuilles raides, presque piquantes ; divisions du calice dressées lorsque le calice enveloppe le fruit mûr ; plante annuelle ou bisannuelle (Très rare : environs de Prats-de-Mollo et de Notre-Dame-du-Coral dans les Pyrénées-Orientales).