Rosaceae - - Sorbus aucuparia (L.)

Sorbier des oiseleurs

C'est un arbre élégant par ses fleurs, ses feuilles et surtout par ses fruits rouges et abondants ; il peut atteindre 10 à 15 mètres de hauteur, mais se réduit à l'état de buisson dans les hautes altitudes. Il est répandu dans les bois et sur les rochers dans beaucoup de contrées de notre Flore, plus abondant dans celles qui sont montueuses ou montagneuses. Ses fleurs blanches se montrent en mai et juin ; ses fruits mûrissent d'août à octobre. Ses feuilles sont complètement divisées en 13 à 17 folioles distinctes, placées sur deux rangs et avec une foliole terminale ; ces folioles ne sont pas symétriques et sont dentées sur les quatre cinquièmes ou les cinq sixièmes de leur longueur, c'est-à-dire presque tout autour, sauf à leur base. Ces feuilles sont presque sans poils lorsqu'elles sont adultes et elles sont légèrement luisantes, surtout sur leur face supérieure ; les folioles sont portées sur des pédoncules secondaires extrêmement courts. Le calice présente 5 dents qui sont d'abord dressées, puis renversées après la floraison. Il y a ordinairement 3 styles droits velus-laineux à leur base, surmontant un ovaire à 3 carpelles. Les fruits sont globuleux et ont environ un centimètre de diamètre ; ils sont d'une couleur rouge-corail, lisses, âpres, non comestibles. Les bourgeons sont velus, non visqueux, d'un violet noirâtre et appliqués contre les rameaux. L'écorce. qui exhale une odeur désagréable lorsqu'on ; la froisse entre les doigts, reste longtemps lisse et d'un gris clair ; à la longue, elle devient d'un gris noirâtre et se couvre de gerçures sans se détacher par plaques.
C'est un arbre qui vit facilement plus de cent ans, qui peut acquérir un tronc de 1,50 m de diamètre, qui produit de nombreux rejets et se multiplie par des ramifications souterraines. Le meilleur développement des feuilles chez cette espèce se fait environ vers 1.200 m. d'altitude dans les Alpes ; à une altitude plus élevée, il peut croître encore mais le plus souvent sans fleurir. Par exemple, à 2.150 m. d'altitude, on trouve des échantillons rabougris, à feuilles d'un vert assez clair. Dans, les Vosges, il est déjà à l'état nain vers 1.200 m. d'altitude.

Noms vulgaires. En français : Sorbier-des-oiseleurs, Sorbier-des-oiscaux, Sorbier-sauvage, Cormier-des-chasseurs, Allier, , Sorbier-des-grives, Arbrc-à-grives. En allemand : Vogelbeere, Eberesche, Gemeine-Eberesche, Sorbirne, Beeresche. En flamand : Lijterbesse-boom ; Lijterbes, Sorbeboom. En italien : Sorbo-salvatico, Sorba-ottobrina, Sorba-lazzeruola-salvatica. En anglais : Mountain-ash, Wild-service-tree.

Usages et propriétés. Les fruits, non comestibles pour l'homme, sont recherchés par les oiseaux, dont ces arbres deviennent, à la fin de l'été, comme le rendez-vous ; aussi les oiseleurs se servent-ils des fruits comme d'appâts pour leurs pièges, d'où le nom de « Sorbier-des-oiseleurs » : on fabrique parfois, avec les fruits, une boisson analogue au kirsch. Très fréquemment cultivé comme arbre ornemental non seulement pour ses fleurs, printanières et pour son élégant feuillage, mais surtout pour ses fruits décoratifs, qui persistent assez longtemps lorsqu'ils sont colorés en rouge, et restent même sur l'arbre pendant une partie de l'hiver ; il en existe plusieurs variétés horticoles telles que « atro-purpurea » à feuilles d'un pourpre foncé, « fastigiata » dont les rameaux sont droits et dressés, « foliisaureis » à feuilles d'un jaune doré devenant foncées lorsqu'elles vieillissent, « pendula » à branches tout à fait pendantes, « variegata » à feuilles panachées. Le bois est d'un blanc rougeâtre à taches sombres ; il devient d'un brun-rouge au cœur. Il est employé pour faire des rayons de roue, des timons de charrette, des manches d'outils et est usité par les tourneurs. Les fleurs produisent un excellent nectar et sont visitées par les abeilles. Les fruits sont diurétiques ; les feuilles et l'écorce sont astringentes. L'écorce et les bourgeons contiennent un glucoside, la laurocérasine, et du tanin ; les feuilles renferment de l'amygdaline ; les fleurs de la triméthylamine ; les fruits des acides sorbique, malique et citrique ainsi que de l'acide parasorbique (qui est toxique) ; les fruits contiennent aussi de la sorbite, de la sorbose, de l'octite, du dextrose, un peu de saccharose, de la sorbiérite. Les graines renferment une huile grasse ainsi que de l'amygdaline et de l'émulsine.

Distribution. Préfère assez souvent les terrains calcaires ; ne s'élève pas ordinairement à plus de 1.800 m. d'altitude, mais peut atteindre parfois, à l'état de buisson, jusqu'à plus de 2.000 m. France : assez commun sur beaucoup de coteaux et dans la plupart des montagnes ; sa dispersion aux basses altitudes est assez inégale ; il est, par exemple : rare dans les Alpes-Maritimes et sur le littoral méditerranéen, assez commun en Bretagne, rare dans la Sarthe, commun dans les Vosges, assez rare dans le Tarn et l'Aveyron, rare dans le Plateau central, etc. Suisse : commun. Belgique : assez commun.
Europe : presque toute l'Europe, y compris les contrées boréales. Hors d'Europe : Sibérie, Japon, Sud-Ouest de l'Asie ; naturalisé dans l'Amérique du Nord.

On a décrit 1 sous-espèce et 2 variétés de cette espèce. La sous-espèce est la suivante :

S. hybrida L. (S. hybride).
Feuilles, pour la plupart, divisées en folioles dans leur partie inférieure et seulement en lobes de moins en moins prononcés à mesure que l'on remonte vers le sommet ; les feuilles sont un peu velues-grisâtres à leur face inférieure ; inflorescences moins longues que les feuilles voisines ; calice un peu cotonneux, à 5 dents qui se recourbent après la floraison ; styles 2 à 3 ; fruits ovoïdes ou globuleux, de couleur orangée ou d'un rouge corail, âpres et acides. On a réuni sous ce nom la sous-espèce non hybride (telle qu'elle se trouve en Scandinavie), diverses races ou des arbres qui paraissent hybrides entre l'espèce type et diverses espèces du genre Aria. Dans tous les cas observés, les fruits sont fertiles et les graines peuvent germer. (Cultivé et souvent subspontané ; signalé à l'état sauvage dans le Doubs, la Haute-Savoie, aux environs de Thiers dans le Puy-de-Dôme et près de Muzan dans la Drôme ; çà et là, ailleurs).

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