Rosaceae - - Malus communis (Poir.)

Pommier commun

Remarque :
L'Index Synonymique de la Flore de France de Michel Kerguélen, mis en ligne par l'INRA, nomme cette espèce comme ceci :
Malus sylvestris (L.) Mill.

La sous-espèce sauvage et les très nombreuses formes cultivées que l'on peut réunir sous ce nom général se trouvent répandues dans presque toute l'étendue de notre Flore. Ce sont des arbres qui peuvent atteindre 10 à 15 m. sur 1 m. 50 à 2 m. de circonférence. Les Pommiers sauvages se trouvent surtout dans les bois, sauf dans la Région méditerranéenne. Les fleurs sont blanches lavées de rose, ou roses, ou carminées, et se montrent d'avril à juin, suivant les formes, le plus souvent en mai ; les fruits mûrissent en août et septembre, ou seulement en octobre.
Tous ces arbres ont les caractères communs suivants ; Les feuilles ont un pétiole plus court que le limbe, lequel est ovale ou ovale arrondi, en pointe au sommet ; ces feuilles sont velues-blanchâtres velues-grisâtres ou simplement poilues en dessous lorsqu'elles sont jeunes, devenant ou non sans poils lorsqu'elles sont adultes, dentées ou crénelées sur les bords. Les pétales sont sans poils, ou garnis de quelques longs poils, à contour elliptique ou ovale-arrondi. Les anthères sont blanchâtres. Les styles sont soudés entre eux à la base.
Les fruits sont déprimés à leur partie supérieure et à leur partie inférieure ; ceux des Pommiers sauvages ont un goût acerbe ; les autres ont une saveur douce ou sucrée.
Ce sont des arbres à cime arrondie, souvent plus large que haute. La longévité de ces arbres est grande. On a cité des pommiers ayant plus de 200 ans, et mesurant plus de 4 m. de circonférence à une hauteur de 0 m. 50 au-dessus du sol. L'écorce, d'abord lisse, d'un gris-brunâtre, se couvre de gerçures, devient d'un gris plus brun et tombe par plaques. C'est un arbre qui résiste très bien aux grands froids, même à un froid prolongé de 30° au-dessous de zéro. (On a trouvé des exemplaires présentant diverses anomalies : rameaux fasciés, c'est-à-dire soudés dans leur longueur ; feuilles plus ou moins découpées ; diverses parties de même sorte inégalement développées dans une même fleur ; verdissement des fleurs ; plantules à 3 cotylédons ; production de « fruits sans fleurs», c'est-à-dire d'excroissances ne provenant pas de carpelles mais semblables à des pommes par leur forme générale et leur consistance.)
Le type principal (Malus silvestris Mœnch) se reconnaît à ses feuilles qui restent blanches-cotonneuses ou grises-cotonneuses même lorsqu'elles sont complètement développées et âgées, à ses fruits de saveur douceâtre, sucrée ou d'un goût très fin, à ses bourgeons, pédoncules et tubes du calice recouverts de poils cotonneux.

Noms vulgaires. En français : Pommier. En allemand : Apfelbaum. En flamand : Appelboom, Appel. En italien : Pomo, Melo. En anglais : Apple, Apple-tree.

Usages et propriétés. Cultivé pour ses fruits comestibles que l'on consomme soit à l'état frais (pommes à couteau), soit sous forme de compotes, confitures, gelées, marmelades (pommes à cuire), soit encore en en faisant une boisson fermentée (pommes à cidre). Parmi les variétés de pommes à couteau, on distingue celles d'été (telles que « Beauty of the Bath», « Borovitsky », etc.), celles d'automne (telles que «Reinette-dorée», «Reine des Reinettes», «Calville rouge d'automne», etc.), et celles d'hiver (telles que « Reinette-du-Canada », « Reinette-franche », « Calville blanc », « Fenouillet-gris », « Pomme-d'api », etc. Parmi les pommes à cuire, on peut citer les variétés : « Rambour-d'été », «Châtaignier», «Court-pendu », etc. Parmi les pommes à cidre on distingue les variétés : « Bedange », « Reine-des-Pommes », « Médaille-d'or », «Jamette», « Bramtot», « Jambe-de-lièvre, » etc. Les diverses variétés de pommes peuvent mûrir depuis le mois de juin de la saison où elles ont fleuri jusqu'à la fin de l'année, et même, pour certaines variétés, jusqu'au mois de juillet de la saison suivante. Les pommes précoces sont, en général, aqueuses et manquent de sucre et de parfum. On récolte les pommes à couteau quelques jours avant de les consommer, et, pour les variétés tardives, une ou plusieurs semaines avant, ou on les conserve longtemps au fruitier. Le Pommier ne se greffe que sur « franc », c'est-à-dire sur un Pommier semblable issu de semis ou sur le Pommier Paradis qui constitue la sous-espèce sauvage Malus acerba. On prépare avec les pommes non seulement des gelées, confitures, compotes, marmelades, sucre de pomme, mais aussi des « pommes séchées ». Les feuilles de Pommier sont volontiers consommées par les bestiaux. Pour fabriquer le bon cidre, on met à la fois au pressoir des pommes amères. des pommes douces et des pommes acides. On fabrique aussi du vinaigre de cidre et de l'eau-de-vie de cidre. Le bois est d'un brun plus ou moins rougeâtre, compact et homogène ; il est employé pour l'ébénisterie, la sculpture et la gravure, mais il est plus altérable encore que celui du Poirier quand il se trouve exposé aux alternances de sécheresse et d humidité ; c'est un bon bois de chauffage. On peut extraire de l'écorce une teinture jaune. On considère les Pommiers cultivés comme ayant pour origine le Pommier sauvage parce qu'on a trouvé souvent les fruits de Pommier dans les cités lacustres de Lombardie, de Suisse et de Savoie. On cultive aussi les Pommiers comme arbres ou arbustes ornementaux : on peut citer les variétés horticoles ornementales suivantes : «aurea», dont les feuilles sont jaunes sauf une tache verte centrale ; « Bertini » à fruits très petits, très colorés et très abondants ; « Crataegina » à fruits ressemblant à des fruits d'aubépine bien qu'un peu plus gros, « flore-pleno» à fleurs doubles d'ahord d'un rose pâle, puis blanches ; « paradisiaca », à fleurs d'un blanc rosé et à calice très cotonneux, etc. Les fleurs sont mellifères dans une certaine mesure, mais les abeilles les visitent plus souvent pour y récolter le pollen que le nectar. Cuites et sucrées, les pommes constituent un aliment léger pour les convalescents. Par décoction, on prépare avec les pommes une tisane adoucissante utile dans les affections gastriques, pulmonaires et rénales. La gelée, le sirop et le sucre de pomme sont pectoraux. Avec la pulpe cuite des fruits, on prépare des cataplasmes anti-ophtalmiques. L'écorce, tonique et astringente, a été utilisée comme fébrifuge. L'écorce contient de la phlorétine, de la phlo-rizine, de la querciline, de l'acide citrique, une cire. Les fruits renferment 6 à 16 p. 100 de sucres (dextrose, lévulose et saccharose) ainsi que des pentosanes, des substances pectiques, une huile grasse, de la sorbite, des acides malique, citrique, vinique, salicylique et de l'alcool éthylique. On trouve dans les graines de la lactose, une huile grasse, de l'amygdaline, et une diastase, l'émulsine.

Distribution. Ne s'élève guère à plus de 1.400 m. d'altitude sur les diverses montagnes. France : le type principal est cultivé partout et se trouve subspontané ou naturalisé çà et là. La sous-espèce M. acerba se rencontre çà et là, mais est rare sur le littoral méditerranéen. Suisse : cultivé et répandu à l'état sauvage, naturalisé ou subspontané. Belgique ; le type principal est cultivé et on le trouve rarement à l'état subspontané ; la sous-espèce 978 b. est assez commune dans les Régions houillère, jurassique et de l'Ardenne, très rare dans les Régions hesbayenne et campinienne.
Europe : toute l'Europe sauf les contrées très septentrionales. Hors d'Europe : Ouest et Sud-Ouest de l'Asie ; Algérie et Tunisie : naturalisé dans l'Amérique du Nord ; cultivé dans presque toutes les contrées tempérées.

On a décrit 1 sous-espèce de cette espèce. C'est la suivante :

M. acerba Mérat P. acerbe.
Feuilles devenant sans poils lorsqu'elles sont complètement développées ; fruits de saveur acerbe ; bourgeons poilus noirs non cotonneux ; pédoncules et tubes des calices sans poils ou velus mais non cotonneux. (Çà et là).

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