C'est une élégante espèce, de 20 à 50 cm., remarquable par ses fleurs d'un jaune pâle mêlé de rouge, d'une teinte générale couleur de chair ou même d'un rose brunâtre, qui croît dans les fossés et les prairies humides ou au bord des ruisseaux, surtout dans la zone subalpine des montagnes, dans une grande partie de notre Flore. Elle fleurit depuis le mois de mai jusqu'au mois de juillet, et parfois encore en août aux hautes altitudes.
On reconnaît cette espèce aux caractères suivants. Les tiges portent ordinairement plusieurs fleurs, les 5 pétales sont dressés et échancrés ou comme coupés au sommet, à peu près de la même longueur que les sépales. Les feuilles moyennes sont bien développées et divisées en trois segments inégaux ; leurs stipules, relativement petites, surtout chez les feuilles inférieures, sont aiguës au sommet, entières ou plus ou moins dentées. Les feuilles de la base ont leurs trois segments supérieurs beaucoup plus grands que les autres. Toutes les feuilles ont des dents plus ou moins inégales et aiguës. Le calice est dressé après la floraison. L'ensemble des carpelles est porté, dans la fleur, sur un pied qui présente une longueur à peu près égale à celle des sépales. Chaque carpelle est surmonté d'un style persistant, poilu, courbé en S vers le milieu de sa longueur.
C'est une plante vivace, velue, à tige souterraine assez allongée, et produisant des bourgeons qui perpétuent la plante. (On a décrit des exemplaires anormaux dont les sépales ont plus ou moins la forme de feuilles ordinaires, dont les pétales sont doublés et qui présentent parfois une seconde fleur naissant du milieu de la fleur primitive).
Noms vulgaires. En français : Benoîte-aquatique, Benoîte-des-rivages. En allemand : Bachnelkenwurz, Bergbenedicten, Wasser-Benedikte. En flamand : Beek-Nagelkruid, Knikkend-Nagelkruid, Beek-Benediceenkruid. En italien : Cariofillata-acquatica, Benedetta. En anglais : Purple-avens, Chocolate, Water-avens.
Usages et propriétés. Cultivé comme plante ornementale. Plante vulnéraire et un peu astringente. Contient de la géïne (glucoside) et de la géase (diastase).
Distribution. Ne s'élève guère à plus de 1.900 m. d'altitude sur les montagnes ; on peut le rencontrer à plus de 2.000 m. d'altitude dans les Alpes-Maritimes ; peut se trouver dans les plaines. France : Vosges, Jura, Alpes, Pyrénées, Corbières, Cévehnes, Ardennes, Bourgogne, Centre, Environs de Paris, Normandie (très rare dans l'Eure), rare dans le Nord, très rare dans le Limousin, assez rare dans les Hautes-Pyrénées, etc., manque dans l'Ouest et dans la Région méditerranéenne. Suisse : commun. Belgique : rare (Régions houillère, jurassique et de l'Ardenne).
Europe : Presque toute l'Europe ; rare dans l'Europe méridionale.. Hors d'Europe : Asie septentrionale et occidentale ; Amérique boréale.
On a décrit plusieurs hybrides entre cette espèce et l'espèce Geum urbanum. Le plus fréquent a été décrit sous le nom de Geum intermedium Ehrh.