C'est un arbuste de 6 à 15 mètres de hauteur dont certaines branches sont épineuses, qu'on cultive dans les parcs et les jardins en le mettant à l'abri en hiver, et qui peut croître en pleine terre dans la partie orientale de la Région méditerranéenne. Les fleurs, assez odorantes, très blanches, s'épanouissent pendant la plus grande partie de l'année. On cueille les fruits en mai et juin, et souvent aussi en automne.
On reconnaît cette espèce aux fleurs très odorantes qui ont, en général, 20 étamines, aux feuilles bordées de fines dents et dont le pétiole est, chez la plupart des feuilles, très dilaté en forme de cœur, au fruit mûr globuleux et lisse, d'un rouge orangé, dont la pulpe et le suc sont acides et amers, à écorce très amère. (Parfois, les sépales sont blancs comme les pétales).
Noms vulgaires. En français : Bigaradier, Oranger-bigarade, Oranger-amer. En allemand : Bittere-Orange. En italien : Melangolo, Cedrangolo, Arancio-forte. En anglais : Common-Seville, Bitter-Orange.
Usages et propriétés. Cultivé comme arbuste ornemental. L'un des plus beaux est le « Grand Connétable » des orangeries de Versailles ; c'est le premier Citrus introduit en France. Semé à Pampelune en 1421, il fut transporté à Chantilly, puis en 1684, à Versailles. L'écorce du fruit (bigarade, orange-amère), entre dans la composition de plusieurs liqueurs et surtout du « curaçao ». Les jeunes fruits, encore verts, sont confits et conservés dans du sirop sous le nom de « chinois ».
C'est l'espèce la plus cultivée pour ses fleurs ornementales, symbole de la virginité. Les fleurs servent aussi à fabriquer, par distillation, un extrait calmant connu sous le nom d' « eau de fleurs d'oranger » et entrent dans plusieurs préparations culinaires. L'écorce amère du fruit fait partie de diverses préparations pharmaceutiques ; l'infusion des feuilles est calmante et antispasmodique. L'écorce du fruit est stomachique ; les graines sont diurétiques. Les feuilles et les jeunes fruits contiennent 1' « huile de Petit-grain » (extraite des très petits fruits tombés après la floraison et qui portent le nom de «Petit-grain»), de 1' «huile de Géranium», du furfurol et un alcool de formule (C10 H18 O). Les fleurs renferment 0,15 % d' « huile de fleurs d'Oranger » ou « essence de néroli » ; 1.000 kilogrammes de fleurs donnent environ 1 kilogramme d'essence. Cette essence est obtenue par distillation ; elle entre dans la composition de 1' « eau de Cologne » et de 1' « eau de Hongrie ».
On extrait aussi des fleurs un éther spécial dont on retire environ 600 grammes par kilogramme de fleurs. Les fruits contiennent de 1' « huile d'orange », de l'hespéridine, des acides hespéridique, salicylique, citrique, malique, du saccharose, du lévulose, de la dextrine. Les graines renferment un glucoside, la limonine.
Distribution. Originaire d'Asie, mais cultivé depuis très longtemps en Europe orientale ; ne peut être planté en pleine terre ni dans les montagnes, ni en dehors des parties les plus chaudes du littoral méditerranéen, car l'arbuste souffre déjà lorsque la température est un peu inférieure à + 4°. France : cultivé et planté en pleine terre dans la partie orientale du littoral méditerranéen ; cultivé ailleurs, mais rentré en hiver dans les orangeries.
Europe : cultivé dans l'Europe méridionale. Hors d'Europe : Asie méridionale et orientale.