Caryophyllaceae - - Dianthus caryophyllus (L.)

Œillet giroflée

Les plantes que l'on peut grouper sous ce nom général ont de grandes fleurs, isolées les unes des autres, qui mesurent de 17 à 30 millimètres de longueur sur 4 à 7 de largeur. Les bractées en forme d'écailles qui sont à la base du calice n'ont pas de longue pointe et ne dépassent pas ordinairement le cinquième de la longueur du calice ; les écailles sont obtuses au sommet sauf une pointe courte parfois à peine développée ; les pétales sont dentés au sommet.
Ces plantes croissent sur les coteaux arides, les ruines, les rochers, sur les montagnes, dans une grande partie notre Flore leur taille peut varier de 5 à 35 cm ; elles fleurissent de juillet à septembre, Les fleurs sont roses, d'un rose mêlé de blanc, d'un pourpre mêlé de blanc ou blanches. Ce sont des plantes vivaces à tige souterraine rameuse, se perpétuant, par des bourgeons souterrains. (On a décrit quelques anomalies de cette espèce telles qu'étamines transformées en pétales, fleurs à 4 pétales, etc. L'une des anomalies des plus curieuses, se rencontre quelquefois dans la sous-espèce D. silvestris et consiste dans une augmentation considérable du nombre de bractées placées sous chaque fleur).

Noms vulgaires. En français : Œillet-commun, Œillet-Giroflée, Œillet-des-fleuristes. En allemand : Nelke, Gartennelke, Gartennägelein. En flamand : Angelier, Groote-Ginoffelen, Jantis, Polbloemen. En italien : Garofano, Garofano-domestico, Garofolo. En anglais : Gilower, Clove-Gilliflover, Clove-pink.

Usages et propriétés. Très souvent cultivé, depuis le Moyen-âge, comme plante ornementale, sous le nom général d' « Œillct-des-fleuristes ». On en a obtenu en horticulture un grand nombre de variétés ou de races plus ou moins fixées dont les teintes varient à l'infini, à fleurs simples ou à fleurs doubles, plus ou moins odorantes, parfois à odeur pénétrante rappelant celle des « clous de girofle ». On les reproduit par marcotte, bouture, greffe et semis. Certaines variétés comme les « Œillets remontants » peuvent être obtenus en fleurs pendant l'hiver. On s'en sert pour orner les corbeilles et les plate-bandes ; parfois on le cultive en plein champs ; celle culture a pris une grande importance dans le Midi de la France. Ce qu'on vend en parfumerie sous le nom d' « essence d'Œillet » est fabriqué avec d'autres essences (rose, acacia, oranger girofle). On prépare en pharmacie un «sirop d'Œillet » qui entre dans la composition de potions cordiales. La racine renferme de la saponine. L'analyse des cendres donne jusqu'à 45 % de chaux dans la tige et là racine, et seulement 6 % de chaux dans les fleurs.

Distribution. Peut croître ordinairement jusqu'à 2.400 m. d'altitude, dans les montagnes ; rarement jusqu'à 2.800 m. France : çà et là ; assez commun dans plusieurs contrées surtout dans les montagnes pour certaines sous-espèces ; parfois subspontané ou naturalisé au voisinage des jardins. Suisse : la sous-espèce D. coronarius ne se renconlre qu'à l'état subspontané, près des jardins ; la sous-espèce D. silvestris est assez répandue.
Europe : Europe centrale et méridionale, Hors d'Europe : Nord de l'Afrique.

Cette espèce est, formée par la réunion de 4 sous-espèces dont on a décrit 9 races ou variétés. Les 4 sous-espèces sont les suivantes :

D. coronarius Lam. (Œ. couronné).
Fleurs très odorantes, ayant environ 25 millimètres de longueur, en moyenne ; bractées en forme d'écailles à la base du calice, en général au nombre de 4, et striées seulement vers le haut. Feuilles ordinairement pliées en long.(Ouest et Centre de la France : rare dans le Nord).

D. virgineus L. (Œ. virginal).
Fleurs odorantes, ayant environ 20 à 25 millimètres de longueur ; bractées en forme d'écailles à la base du calice, le plus souvent au nombre de 4 à 6, striées seulement vers le haut. Feuilles moyennes présentant 3 angles dans leur longueur, de moins d'un millimètre de largeur, en général. (Midi et Sud-Est de la France).

D. silvestris Wulf. (Œ. sauvage).
Fleurs inodores ou presque complètement inodores, rarement odorantes, ayant environ 17 à 23 millimètres de longueur ; bractées en forme d'écailles à la base du calice, le plus souvent au nombre de 2, souvent striées seulement vers leur sommet Feuilles moyennes plates ou un peu pliées en gouttière dans toute leur longueur (Jura, Alpes, et çà et là aux basses altitudes ; préfère les terrains calcaires).

D. siculus Presl. (Œ. de Sicile).
Fleurs faiblement odorantes, ayant environ 23 à 28 millimèlres de longueur ; bractées en forme d'écailles à la base du calice, le plus souvent au nombre de 6 à 8, rarement de 4, striées presque jusqu'à leur base. Feuilles moyennes pliées en gouttière dans leur longueur. (Provence où il est rare : Bec-de-1'Aigle, près de La Ciotat ; lazaret de Marseille).

On a décrit aussi un hybride entre la sous-espèce Dianthus virgineus et l'espèce Dianthus liburnicus.

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