Violaceae - - Viola canina (L.)

Violette des chiens

Les formes très nombreuses qu'on peut réunir sous ce nom ont toutes des tiges plus ou moins rameuses, de 3 à 50 cm. de longueur, qui portent des pédoncules situés à des hauteurs différentes. Ces tiges fleuries naissent de bourgeons qui sont placés sur les côtés de la tige souterraine.
Les fleurs sont sans odeur, à pétales tous entiers au sommet, le plus souvent d'un bleu un peu violacé plus ou moins pâle, souvent jaunes vers leur base, parfois jaunes ou blanchâtres. On trouve ces diverses formes dans les bois, sur les coteaux ou dans les prairies de toutes les contrées de notre Flore ; elles fleurissent depuis le mois d'avril jusqu'au mois de juillet, à des altitudes très diverses. Les feuilles de ces plantes ont un limbe qui est, dans la plupart des cas, plus long que large. Les pédoncules des fleurs sont munis de deux petites bractées nettement distinctes. Les stipules sont fortement ciliées ou frangées sur les bords. Les fruits sont à 3 angles et sans poils. Il se produit souvent à la fin du printemps et en été de très petites fleurs, sans pétales, qui restent fermées, mais qui produisent des fruits. Les graines germent à la fin de l'automne, et, en janvier, on peut déjà trouver de jeunes plants de cette espèce sous la neige ou sous les feuilles mortes. D'ailleurs, c'est aussi en hiver que les pieds déjà développés continuent leur développement.
Les fleurs, avec leur pédoncule, prennent naissance entre les deux stipules d'une feuille ; un accroissement ultérieur qui se produit au-dessous de l'insertion du pédoncule, reporte celui-ci à une assez grande hauteur au-dessus du sol.
Ce sont des plantes vivaces dont les tiges souterraines forment des articles successifs très distincts, non revêtus par des écailles et des débris très serrés. (On a décrit de nombreuses anomalies de cette espèce, dont les principales sont les suivantes : production de bourgeons adventifs sur les racines ; formation de fleurs à 2, 3, 4 ou 5 pétales à éperon ; fleurs à 3 ou 4 sépales, 3 ou 4 pétales, 4 carpelles ; fleurs régulières à pétales tous sans éperon, etc.). Le type principal (Viola canina Fries) se reconnaît aux stipules des feuilles moyennes qui n'ont que le tiers ou le quart de la longueur du pétiole et à ses feuilles ovales, en forme de cœur renversé.

Noms vulgaires. En français : Violette-de-chien, Violette-de-serpent. En allemand : Hundsveilchen, Wilde-Veilchen. En flamand : Hondsvioletten, Hondsfletteren, Hondblein. En italien : Viola-salvatica, Viola-matta. En anglais : Dog-violet, Dog's-violet.

Usages et propriétés. Parfois planté dans les parcs. Sauf pour le parfum, peut être employé pour les mêmes usages que l'espèce Viola odorata. La plante renferme de l'acide salicylique.

Distribution. Le type principal ne s'élève pas à une grande altitude sur les montagnes, parfois cependant jusqu'à 1.900 m. ; mais certaines formes peuvent dépasser 2.300 m. d'altitude. France : commun en général ; ne descend guère dans les plaines de la Région méditerranéenne ; peu commun dans les Vosges. Suisse : assez commun. Belgique : commun dans les Régions littorale, jurassique et de l'Ardenne ; assez rare ailleurs.
Europe : presque toute l'Europe, même dans la Région arctique. Hors d'Europe : Asie ; Amérique septentrionale.

On a décrit 8 sous-espèces, 2 races et 10 variétés de cette espèce. Les principales sont les suivantes :

V. stricta Hornemann (V. raide).
Feuilles à limbe ovale allongé, presque en cœur renversé à la base ; stipules des feuilles moyennes ayant environ la moitié de la longueur du pétiole de la feuille ; stipules des feuilles supérieures égalant à peu près la longueur du pétiole ; pétales d'un bleu-violet clair, presque aussi larges que longs ; pétale inférieur prolongé en un éperon verdâtre qui dépasse à peine les appendices des sépales ; fruits arrondis au sommet. (Prairies très humides ou tourbeuses : Alsace ; çà et là dans le Centre de la France ; Savoie ; assez répandu en Suisse).

V. lancifolia Thore. (V. en fer de lance).
Feuilles à limbe ovale, aigu au sommet, comme coupé en travers à la base, se prolongeant un peu sur le haut du pétiole ; stipules des feuilles moyennes plus petites que la moitié de la longueur du pétiole ; stipules des feuilles supérieures plus grandes, pouvant même parfois atteindre ou dépasser la longueur du pétiole ; pétales d'un bleu à peine violacé, environ 3 fois moins larges que longs ; pétale inférieur à éperon verdâtre ou un peu jaunâtre ayant environ deux fois la longueur des appendices des sépales ; fruits aigus au sommet. (Ouest de la France ; çà et là dans le Centre).

V. jordani Hanry (V. de Jordan).
Feuilles moyennes à limbe en cœur renversé à la base presque aussi large que long, les supérieures à limbe plus allongé ; stipules profondement découpées sur les bords en lobes aigus ; stipules des feuilles supérieures très développées et ressemblant à des feuilles, toutes plus longues que la moitié du pétiole de la feuille, égalant même ou dépassant la longueur de ce pétiole ; pétales d'un bleu plus ou moins violacé ; pétales ayant une largeur moitié moindre que leur longueur ; pétale inférieur ayant un éperon plus ou moins verdâtre ou bleuâtre, deux fois plus long environ que les appendices des sépales ; fruits plus ou moins arrondis au sommet. (çà et là en Provence et dans les Alpes-Maritimes).

V. stagnina Kit. (V. des étangs).
Feuilles à limbe allongé, un peu en cœur renversé à la base, bordées de dents assez larges ; stipules des feuilles moyennes plus courtes que la moitié du pétiole de la feuille, les supérieures un peu plus longues ; fleurs d'un lilas blanchâtre bleutées ou blanches ; pétale inférieur prolongé en un éperon blanchâtre un peu plus long que les appendices des sépales. (Endroits marécageux : Alsace, Est de la France ; çà et là, rare, dans le Centre de la France ; çà et là dans les lacs ou les marais du Jura ; Mitteland-Bernois, Cantons de Soleure, de Zurich, du Tessin).

V. schultzii Bill. (V. de Schultz).
Feuilles à limbe ovale se prolongeant largement sur les bords de la partie supérieure du pétiole ; stipules des feuilles moyennes plus courtes que le pétiole de la feuille, les supérieures égalant environ la longueur du pétiole. Fleurs d'un jaune pâle puis devenant blanches ; pétale inférieur à éperon verdâtre ou jaunâtre, divisé en deux et recourbé, ayant deux fois environ la longueur des appendices des sépales. (Alsace ; Bichwiller, très rare).

V. pumila Chaix (V. naine).
Feuilles à limbe allongé, plus ou moins en coin à la base, se prolongeant sur le haut du pétiole ; stipules des feuilles supérieures plus longues que le pétiole de la feuille ; fleurs d'un bleu pâle un peu lilacé, striées ; pétales environ moitié moins larges que longs ; pétale inférieur à éperon pâle plus long que les appendices des sépales ; fruits arrondis ou un peu aigus au sommet. (Endroits humides, rare : Alsace ; forêt de Compiègne et çà et là dans l'Ouest, le Centre et le Sud-Est de la France ; çà et là dans la Suisse septentrionale).

V. elatior Fries (V. élevée).
Feuilles à limbe allongé, aigu, bordé de dents assez larges, un peu en cœur renversé ou comme coupé à la base ; stipules des feuilles moyennes ressemblant à des feuilles, presque aussi longues ou plus longues que le pétiole de la feuille ; fleurs d'un violet pâle à pétales assez larges ; pétale inférieur à éperon pâle, ne dépassant pas ou dépassant à peine les appendices des sépales ; ces fleurs colorées produisent plus souvent des fruits que celles des autres sous-espèces. Fruits presque aigus au sommet. (Alsace ; Est de la France ; çà et là dans le bassin du Rhône; Suisse où il est rare). On a décrit aussi un hybride entre les deux sous-espèces V. pumila et V. elatior.

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