Les plantes de formes assez variables qu'on peut réunir sous ce nom peuvent se rencontrer dans les champs, les endroits incultes, sur les coteaux, sur les rochers des montagnes ou parfois dans les taillis. Leur taille varie de 5 à 40 cm., et elles épanouissent leurs fleurs blanches, parfois plus ou moins teintées de violet, violettes ou très rarement roses, depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'octobre. Elles ont toutes des feuilles ciliées sur les bords et plus ou moins déntées, quelquefois assez profondément divisées, toujours allant en se rétrécissant vers leur base. Les tiges sont herbacées. Les fruits sont, en général, distants les uns des autres, non serrés en une masse compacte ; mais, même lorsqu'ils sont serrés, les fruits inférieurs ont toujours leur pédoncule inséré à une distance notable au-dessous des pédoncules des fruits supérieurs ; les pédoncules qui portent les fruits inférieurs ont 5 à 9 mm. de longueur et la plupart des pédoncules des fruits sont très étalés.
Ce sont des plantes annuelles ou bisannuelles, rarement pérennantes, c'est-à-dire pouvant vivre plusieurs années, à racine principale développée. (On trouve quelquefois chez diverses formes, de cette espèce une seconde grappe de fleurs placée au-dessus d'une première grappe fleurie et dont elle est séparée par une partie de la tige garnie de fleurs stériles (Ibéris bicorymbifera G. G.) ; on rencontre parfois des exemplaires à fleurs doubles, avec étamines transformées en pétales). Le type principal se reconnaît à ses fruits dont le contour général est ovale-arrondi, ayant, au sommet une échancrure étroite, disposés en grappe lâche ; l'aile qui entoure le fruit, présente au sommet deux lobes peu aigus qui sont longuement dépassés par le style persistant.
Noms vulgaires. En français : Téraspic, Thlaspi-blanc, Thlaspi-de-la-petite-espèce. En allemand : Bittere-Schleifenblume. En flamand : Bittere-Schecfbloem. En italien : Iberido-bianco. En anglais : Bitter-candytuft, Clown's-mustard.
Usages et propriétés. Cultivé. dans les jardins comme plante ornementale pour les bordures ou les plates-bandes. La variété horticole hesperidifolia est connue sous le nom de « Thlaspi-blanc-Julienne », et est remarquable par ses volumineuses grappes de grandes fleurs.
Distribution. Préfère les terrains calcaires ou dolomitiques ; ne s'élève guère au delà de 1.500 m. d'altitude, dans les montagnes. France : çà et là, assez commun ; souvent très abondant dans ses localités ; peut apparaître dans un endroit pour disparaître ensuite ; très rare dans le Nord de la France ; manque en Bretagne. Suisse : çà et là, aux altitudes peu élevées ; semble réellement spontané au pied des rochers du Val-de-Travers, au-dessus de Noiraigue. Belgique : assez rare dans la Région houillère, rare dans la Région jurassique ; très rare ailleurs, introduit.
On a décrit 2 sous-ospèces, 7 races et 4 Variétés de cette espèce. Les plus importantes sont les suivantes :
I. panduraeformis Pourr. (I. en forme de pandore).
Fruits de 5 à 6 mm. de longueur totale, non rétrécis au sommet, très rapprochés les uns des autres ; pédoncules des fruits supérieurs dressés ; fleurs roses ou blanches ; calice à sépales d'un vert foncé ; plante bisannuelle ou pérennante c'est-à-dire pouvant vivre plusieurs années. (Alpes, Corbières, Pyrénées ; Suisse : canton de Vaud).
I. affinis Jord. (I. affine).
Rameaux formant par leur ensemble une inflorescence très large ; fruits de 5 à 7 mm. de longueur totale, à contour ovale ou arrondi, rapprochés les uns des autres ; pédoncules des fruits supérieurs dressés ; fleurs blanchâtres ; calice à sépales souvent violacés ; plante annuelle ou bisannuelle. (çà et là dans une grande partie de la France ; Jura suisse).