Les Liliacées de notre Flore se répartissent en deux grands groupes qui se distinguent entre eux par les caractères du fruit.
Dans le premier de ces groupes, le fruit est sec et s'ouvre en 3 valves ; dans le second, il est charnu et ne s'ouvre pas à la maturité.
Parmi les vingt et un genres du premier groupe, quinze renferment des plantes munies d'un bulbe à la base. Quatre de ces genres ont comme caractère commun de présenter des fleurs à divisions soudées sur au moins le quart de leur longueur. Le genre Muscari s'éloigne des genres Bellevalia, Hyacinthus et Uropetalum par ses fleurs en grelot que terminent 6 dents très courtes et réfléchies Les Bellevalia sont remarquables par leurs sépales et leurs pétales dressés et leurs fruits à 3 angles. Les Hyncinthus, qui en sont très voisins, ont les divisions de leurs fleurs recourbées en dehors et des fruits presque arrondis. Le genre Uropetalum possède seul des graines aplaties et s'écarte encore des autres genres de son groupe par ses sépales réfléchis en dehors et ses pétales dressés, moins longuement soudés à la base.
FIG. 34. Liaisons entre les genres de Liliacees. La surface de chaque cercle correspondant à un genre est proportionnelle au nombre des espèces que renferme ce genre dans notre Flore. Les traits pleins qui joignent les cercles les uns aux autres indiquent les liaisons importantes entre les genres et sont d'autant plus courts que ces liaisons sont plus grandes. Les traits interrompus indiquent des relations moins importantes. Les traits pointillés se rapportent à des liaisons plus lointaines
Onze autres genres diffèrent des précédents par leurs fleurs à divisions libres ou à peine cohérentes dans le bas et quatre d'entre eux montrent, comme les genres déjà cités, des feuilles toutes à la base et des fleurs disposées en grappes. Ce sont les genres Urginea, Scilla, Ornithogalum et Endymion. Les fleurs en forme de clochette, les étamines assez longuement soudées aux divisions étalées ou recourbées tout à fait au sommet permettent d'établir une liaison entre les Hyacinthus et l'Endymion qui, par tous ses autres caractères, se rapproche beaucoup des Scilla. Les genres Urginea et Ornithogaium ont, comme ce dernier genre, des sépales et des pétales étalés à la floraison. L'Urginea se distingue par ses graines aplaties, tandis que le genre Ornithogalum s'écarte des deux autres par ses étamines à filets élargis à la base. Un autre petit groupe est constitué par des genres chez lesquels les fleurs sont solitaires ou peu nombreuses et la tige plus ou moins garnie de feuilles. Parmi eux, les genres Gagea et Lloydia ont de petites fleurs à divisions étalées et se relient ainsi au genre Ornithogalum et aux genres voisins. Le Lloydia offre comme les Fritillaria une petite fossette nectarifère à la base des divisions florales. Dans les genres Fritillaria, Tulipa et Erythronium les fleurs sont grandes, à divisions dressées en cloche dans les deux premiers, presque entièrement renversées en dehors dans le troisième. Le genre Lilium, qui se relie surtout au genre Fritillaria, possède comme les autres genres du groupe, le genre Gagea excepté, des graines planes ; il se sépare nettement par ses fleurs en grappe, parfois assez nombreuses, et par son bulbe dont les écailles ne se recouvrent que partiellement les unes les autres. Le genre Allium mérite d'être placé tout à fait à part à cause de son inflorescence, mais on doit tout de même remarquer que plusieurs espèces de Gagea ont des fleurs groupées, en petit nombre d'ailleurs, en une sorte d'ombelle très lâche.
Enfin, six genres sont sans bulbe à la base, caractère que présentent aussi ceux du deuxième grand groupe. Ce sont les genres Hemerocallis, Paradisia, Phalangium, Asphodelus, Narthecium et Aphyllanthes. Les cinq derniers possèdent des fleurs à divisions distinctes et s'écartent par là du genre Hemerocallis, chez lequel les sépales et les pétales sont soudés à la base. Celui-ci, par ses grandes fleurs en entonnoir, ses étamines à filets minces et courbés, à anthères mobiles, son stigmate épaissi à 3 lobes, se rapproche du genre Paradisia qui, par la plupart de ses caractères floraux, offre une liaison avec le genre Lilium cité plus haut, mais dans le Paradisia l'ovaire est porté par un très court pédoncule sur lequel s'insèrent les étamines. Les Asphodelus, Phalangium et Narthecium ont des fleurs bien plus petites, à divisions étalées à la floraison. Le genre Narthecium est très différent par ses feuilles emboîtées sur 2 rangs à la base, par son fruit allongé et aussi par ses graines longuement effilées aux deux extrémités, caractère que l'on ne retrouve dans aucun autre genre de la famille. Les Asphodelus ont des étamines à filets enveloppant l'ovaire de leur base élargie, ce qui les distingue des Phalangium. Le genre Aphyllanthes doit être mis de côté à cause de ses feuilles réduites à des gaines autour de la tige et de ses fleurs entourées d'écailles à la base.
Examinons maintenant les huit genres du deuxième grand groupe caractérisés par leur fruit charnu et indéhiscent. Les genres Asparagus et Ruscus se relient par leurs feuilles réduites à des écailles de l'aisselle desquelles partent des rameaux, grêles dans le premier, aplatis comme des feuilles dans le deuxième. Les Ruscus ont des fleurs de deux sortes, staminées ou pistillées sur des pieds différents et se rapprochent par là du Smilax dont la tige est également ligneuse mais porte de véritables feuilles. Chez les genres Streptopus et Polygonatum la tige est garnie de feuilles portant les fleurs à leur aisselle, mais, alors que dans le Streptopus les sépales et les pétales sont libres comme dans le Smilax, ils sont longuement soudés dans les Polygonatum, ce qui montre une relation avec le genre Convallaria dans lequel la hampe florale et les feuilles naissent directement de la tige souterraine. Le genre Maianthemum, qui a quelques rapports avec le genre Convallaria par ses fleurs en grappe terminale, se place à part des autres avec le genre Paris, car les fleurs sont à 4 divisions dans le Maianthemum, ordinairement à 8 divisions dans le Paris.
AFFINITÉS DES LILIACÉES AVEC LES AUTRES FAMILLES.
Les Liliacées présentent les affinités les plus étroites avec les Colchicacées qui leur sont souvent réunies et en diffèrent surtout par le mode d'ouverture du fruit. Les Liliacées montrent aussi, nous le verrons plus loin, des liens de parenté avec les Dioscorées, les Joncées, les Amaryllidées et les Iridées.