Cette petite espèce, de 8 à 30 cm, est l'une des premières que l 'on voit apparaître et fleurir à la fin de l 'hiver dans les champs, les endroits incultes, sur les murs ou au bord des chemins. Ses petites fleurs purpurines sont entourées de feuilles ordinairement pourprées aussi ou rougeâtres qui permettent de distinguer la plante à distance par son aspect spécial. La floraison se poursuit pendant toute la saison jusqu'en octobre et même quelquefois en plein hiver. Les tiges florifères, disposées tout autour de la souche centrale, sont couchées à la base puis plus ou moins redressées.
Les feuilles ont toutes un pétiole qui est très long chez les feuilles inférieures ; le limbe est d'un vert gai lorsqu'il n'est pas rougeâtre, velu, ordinairement crénelé, obtus et en cœur renversé chez les feuilles inférieures. Les feuilles supérieures, avoisinant les fleurs, sont rapprochées les unes des autres et ordinairement séparées des feuilles inférieures les plus hautes par un long entre-nœud. Le calice est peu poilu ou même sans poils, à dents peu inégales, s'étalant en dehors après la floraison. La corolle des fleurs normales mesure de 10 à 13 millimètres de longueur ; son tube, presque droit, présente à peu près deux fois et demie la longueur du calice ; il est presque toujours pourvu d'un anneau de poils presque perpendiculaire à l'axe de la fleur ; la lèvre supérieure de la corolle, couverte extérieurement de poils courts, est ovale, entière, un peu courbée ; la lèvre inférieure a ses deux lobes latéraux représentés par deux dents et le lobe médian est à peu près plan. Les nectaires sont relativement assez développés surtout dans la partie antérieure de la fleur. Les 4 parties du fruit sont à 3 angles assez marqués.
C'est une plante bisannuelle, d'une odeur fétide, à tiges rudes sur les bords ; la tige principale est ordinairement dressée et les autres tiges florifères sont formées par des rameaux situés vers la base de la tige principale, lesquels sont d'abord un peu rampants puis redressés. (On trouve assez souvent des fleurs qui ne s'ouvrent pas, mais dont la pollinisation se produit intérieurement et qui donnent des graines comme les fleurs s'épanouissant ; on a trouvé des exemplaires provenant de plantules à 3 cotylédons et chez lesquels les feuilles sont verticillées par 3).
Noms vulgaires. En français : Ortie-rouge, Ortie-morte, Pain-de-poulet. En allemand : Roter-Bienensaug, Totennessel, Rote-Taubnessel. En flamand : Purpere-Doovenetel, Roode-Melkhittel. En anglais : Purple-Dead-Nettle, Purple-Archangel. En italien : Dolcimele, Urtica-che-non-punge.
Usages et propriétés. Dans les champs, c'est une mauvaise herbe à détruire. Les fleurs sont très visitées par les abeilles qui y récoltent un nectar abondant ; quand les abeilles y recueillent du pollen, leur corselet devient d'un roux-fauve. C'est une plante astringente, vulnéraire, anticatarrhale et antiscrofuleuse. On y trouve du malate de potassium et de l'azotate de potassium.
Distribution. Peut croître sur tous les terrains ; s'élève dans les champs cultivés, sur les montagnes. France, Suisse et Belgique : commun.
Europe : presque toute l'Europe. Hors d'Europe : Sibérie, Sud-Ouest de l'Asie ; Nord de l'Afrique ; naturalisé en Amérique.
On a décrit 1 variété et 1 sous-variété de cette espèce ; ce sont les suivantes :
Sous-variété albiflorum Dumortier (à fleurs blanches).
Fleurs blanches. (Çà et là).
Variété exannulatum Loret (sans anneau)
Tube de la corolle dépourvu d'anneau de poils à l'intérieur. (Rare).