Cette petite espèce, de 5 à 25 cm de hauteur, est commune dans les champs, les endroits incultes et sur les vieux murs dans toute l'étendue de notre Flore. Ses fleurs purpurines s'épanouissent depuis le mois de mars jusqu'en octobre et parfois encore en hiver.
Les feuilles supérieures, à l'aisselle desquelles se trouvent les groupes de fleurs, sont sans pétiole, à contour arrondi ou en forme de rein, embrassant la tige par leur base ; les feuilles inférieures ont un pétiole allongé et leur limbe est ovale-arrondi ; le limbe de toutes ces feuilles est fortement crénelé ou même découpé en lobes sur les bords. Les fleurs sont groupées par 6 à 10 aux aisselles de deux feuilles opposées et les groupes de fleurs, séparés les uns des autres sont ordinairement au nombre de deux ou trois. Les fleurs sont de deux sortes, les unes stériles à corolle relativement grande et ouverte, les autres fertiles, à corolle fermée, relativement petite et débordant à peine le calice ; ces dernières fleurs sont plus abondantes au début et à la fin de la saison. Le calice des fleurs fermées et fertiles est d'abord plus petit que celui des fleurs ouvertes et stériles, mais il s'accroît après la floraison et devient alors plus grand que le calice des fleurs ouvertes. Dans tous les cas, le calice est très velu, à poils mous, et ses dents aiguës, plus courtes que le reste du calice, se rapprochent les unes des autres après la floraison. La corolle des fleurs ouvertes présente un tube d'abord long et étroit, puis dilaté au-dessous des deux lèvres, sans anneau de poils en dedans, et ce tube mesure environ quatre fois la longueur du calice ; la corolle entière a environ 15 millimètres de longueur ; la lèvre supérieure de la corolle est entière et velue extérieurement ; la lèvre inférieure présente un lobe médian fortement échancré et des lobes latéraux très peu développés. Les étamines sont à anthères barbues. Les 4 parties du fruit sont lisses.
C'est une plante annuelle ou bisannuelle, à racine principale développée, à tiges et feuilles couvertes de petits poils. La majeure partie de la tige florifère est formée par un entre-nœud allongé placé au-dessous de l'inflorescence. (On a trouvé des exemplaires dont le bouton des fleurs reste fermé mais qui n'ont pas de corolle ; d'autres, provenant de plantules à 3 cotylédons, ont les feuilles verticillées par 3 ; etc.).
Noms vulgaires. En français : Lamier-embrassant. En allemand : Kleiner-Bienensaug, Kleine-Taubnessel, Stengel-umfas-sender-Bienensaug. En flamand : Hoenderbeet, Zuigbloem. En anglais : Perfoliate-Archangel, Benbit-Nettle. En italien : Erba-ruota.
Usages et propriétés. La plante est visitée par les abeilles, surtout à la fin de l'hiver et au premier printemps ; les abeilles y récoltent du nectar sur les fleurs stériles et ouvertes et comme les fleurs fertiles sont fermées, la pollinisation d'une fleur à l'autre ne peut se produire, ou, si elle se produit entre fleurs ouvertes, elle n'aboutit pas à la formation de graines.
Distribution. Peut croître sur tous les terrains ; s'élève avec les cultures sur les montagnes, mais n'atteint pas de très hautes altitudes. France : très commun ou commun, en général ; assez commun seulement dans l'Ouest et dans les Ardennes. Suisse : commun ou assez commun ; rare ou manque en quelques contrées. Belgique : commun ou assez commun, mais assez rare dans la Région de l'Ardenne.
Europe : presque toute l'Europe. Hors d'Europe : Nord, Centre et Ouest de l'Asie ; Nord de l'Afrique ; naturalisé en Amérique.