C'est une jolie plante de 20 à 80 cm, qu'on trouve dans les bois et les pâturages humides des montagnes, où ses fleurs bleues, violacées, rarement blanches, s'épanouissent depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août. Elle est souvent cultivée dans les jardins et peut parfois se rencontrer à l'état subspontané.
Les feuilles, sauf les supérieures, comprennent 11 à 25 folioles en général ; ces folioles, ovales et aiguës, sont disposées sur deux rangs, à droite et à gauche d'un pétiole commun, avec une foliole terminale ; elles sont entières et lisses. Les fleurs, portées par de courts pédoncules, sont réunies en grappes composées terminant la tige ou les rameaux et entremêlées de bractées. Le calice, couvert de poils glanduleux, est un peu en forme de cloche, à 5 divisions ovales et aiguës. La corolle, à tube très court par rapport à sa longueur totale, présente 5 lobes largement ovales, obtus et très étalés. Il y a 5 étamines presque égales entre elles. Le fruit mûr est ovoïde, à 3 angles, divisé en 3 loges qui renferment chacune 4 à 6 graines ovoïdes.
C'est une plante vivace sans poils sauf dans sa partie supérieure qui est glanduleuse, à tige dressée, sillonnée dans sa longueur, creuse en dedans, ramifiée seulement dans sa région florifère, à tige souterraine formant des bourgeons qui perpétuent ou multiplient la plante. (On a décrit des exemplaires présentant diverses anomalies : tiges fasciées, c'est-à-dire soudées en long ; feuilles réduites à une seule foliole ; feuilles opposées mêlées aux feuilles alternes ; fleurs à parties semblables disposées par 4 ou par 6 ; fleurs sans corolle mais à étamines et carpelles ayant l'apparence de pétales ; étamines métamorphosées en carpelles ; corolles à pétales verts entièrement séparés les uns des autres).
Noms vulgaires. En français : Valériane-grecque, Polémoine, Echelle-de-Jacob. En allemand : Sperrkraut, Himmelsleiter, Jakobs-Leiter, Griechischer-Baldrian. En flamand : Jaoobs-ladder, Grieksche-Valeriaan, Hemelladder. En italien : Valeriana-greca. En anglais : Greek-Valerian, Charity, Jacob's-ladder.
Usages et propriétés. Cultivé comme plante ornementale pour former des plates-bandes ou pour la confection des bouquets. Il en existe plusieurs variétés horticoles à grandes fleurs bleues de taille assez élevée ou, au contraire, naines. On peut citer les variétés suivantes : « campanulatum » à fleurs d'un bleu lilacé d'un grand éclat, à étamines couleur jaune d'or, à folioles ovales-allongées, à fleurs pendantes ; la variété « dissectum » dont les feuilles sont deux fois divisées et à segments étroits ; la variété « himalayanum » dont les rameaux, les pédoncules et les calices sont poilus et les fleurs grandes (de 3 à 4 cm de largeur) ; on connaît aussi des variétés à fleurs blanches et d'autres à fleurs panachées.
Distribution. Peut s'élever jusque vers le haut de la zone subalpine. France : rare ; dans le massif jurassien (dans le Doubs : bords du lac de Saint-Point, Les Fourgs, du Villars aux Parigots) ; Pyrénées centrales (Pic de Gard, Montagne de Cagire) ; très rare dans la Haute-Loire, le Cantal ; extrêmement rare dans le Puy-de-Dôme (environs de Pontgibaud au Cheire de Côme) ; parfois ailleurs, à l'état subspontané. Suisse : Vaud, Valais, Grisons, Liestal dans le canton de Bâle ; Jura bernois et Jura neuchâtelois ; parfois subspontané, notamment dans le canton de Zurich. Belgique : quelquefois subspontané au voisinage des jardins.
Europe : France, Suisse, Europe centrale et septentrionale. Hors d'Europe : Caucase, Sibérie ; Amérique boréale.
Remarque :
Le Collomia coccinea Lehm. (Collomie écarlate) est une espèce de la famille des Polémoniacées, originaire des Andes du Chili, qui est naturalisée aux bords de quelques cours d'eau (La Truyère et le Lander, dans l'Aveyron et le Cantal) ou parfois échappée des jardins (signalée à Moulins et à Saint-Germain-les-Fossés).
On reconnaît cette espèce à ses feuilles simples, entières ou seulement munies de quelques grosses dents, rudes sur les bords ; à ses fleurs d'un rouge foncé réunies en groupes serrés et plus ou moins globuleux ; à sa corolle dont le tube est étroit, allongé et terminé par 5 lobes assez petits ; à ses 5 étamines, inégales, renfermées dans la corolle ; à son fruit divisé en 3 loges dont chacune ne contient qu'une seule graine.