Cet arbrisseau, de 1 à 2 mètres de hauteur, croît dans les bois et les haies dans presque toute l'étendue de notre Flore, surtout sur les terrains calcaires. Il épanouit ses corymbes de fleurs blanches en avril et mai, puis mûrit lentement ses fruits d'abord verts, ensuite rouges, enfin noirs jusqu'aux mois d'août et de septembre.
Les jeunes pousses et les bourgeons sont couverts de petits poils étoilés qui forment en apparence une poudre les recouvrant. Les feuilles, à court pétiole, sans stipules, sont denticulées assez régulièrement sur tout leur pourtour. Le limbe est ovale, souvent un peu en cœur renversé à la base, assez épais, à nervures nombreuses et saillantes, présentant des poils simples et appliqués sur la face supérieure, des poils ramifiés sur la face inférieure. Les jeunes tiges sont droites, très flexibles, couvertes d'une couche grisâtre de poils rameux. Les bourgeons sont très particuliers ; d'abord recouverts, lorsqu'ils viennent de se former, par de petites écailles, ils perdent rapidement ces écailles et les deux premières feuilles deviennent visibles, prenant un développement d'environ un centimètre de longueur, et entourant le reste du bourgeon qu'elles protègent pendant l'hiver ainsi que la future inflorescence qu'il contient, grâce à l'enduit pulvérulent et jaunâtre qui les recouvre. Les feuilles développées pendant chaque saison tombent à la fin de l'automne.
Les fleurs, odorantes, sont disposées en corymbes serrés, très rameux, terminant les tiges. Le calice est à 5 dents obtuses au sommet. Les fruits sont ovales et aplatis sur les côtés. Verts, puis rouges, ils deviennent noirs lorsqu'ils sont complètement mûrs. L'écorce des tiges est d'abord lisse et d'un brun jaunâtre clair ; elle est ensuite rugueuse, un peu plus foncée, et finit par se gercer en long. La partie souterraine de l'arbrisseau produit de nombreux rejets dressés et robustes. Les racines forment des radicelles peu nombreuses, de couleur jaunâtre. (On a signalé quelques anomalies de cette espèce : fleurs soudées entre elles ; fleurs ayant une ou plusieurs étamines transformées en pétales ; etc.)
Noms vulgaires. En français: Mancienne, Mantianne, Mansèvre, Viorne-flexible, Cormancienne, Arbre-blanc, Crève-chien. En allemand : Wolliger-Schneeball, Kandelweide, Schlingbaum, Mehlschlinge, Mehlbaum, Bastardlorbeer, Turkische-Weide, Windbaum. En flamand: Wollige-Sneeuwbal, Meelboom. En italien : Lantana, Viburno, Vaborna, Lentaggine, Metallo, Matallo. En anglais : Wayfaring-tree, Pliant-tree, Whipcrop.
Usages et propriétés. Les jeunes tiges, souples et tenaces, servent à faire des liens. On fabrique de la glu avec la partie interne de l'écorce. Les fruits sont comestibles ; on les consomme habituellement dans certaines contrées ; pour achever leur maturation, on les place dans du foin. Le bois compact, homogène, blanchâtre, est peu employé. Les abeilles ne vont presque jamais récolter de nectar sur les fleurs de cette espèce. Cultivé comme arbrisseau ornemental ; il en existe une variété panachée de blanc et de jaune. Les fleurs renferment un glucoside spécial, du saccharose, de l'invertine, de l'émulsine et de l'acide valérianique.
Distribution. Préfère souvent les terrains calcaires ou argilo-calcaires ; ne s'élève guère à plus de 1.000 m. d'altitude sur les diverses montagnes. France : commun en général ; assez commun seulement dans certaines contrées telles que le Nord de la France, le Languedoc, etc., assez rare ou même rare dans d'autres contrées, telles que les Ardennes, la Provence et les Alpes-Maritimes. Suisse : commun. Belgique : assez rare dans la Région houillère ; rare dans la Région jurassique ; non signalé ailleurs.
Europe : presque toute l'Europe. Hors d'Europe : Ouest de l'Asie : extrêmement rare en Algérie.