Punicaceae - - Punica granatum (L.)

Punica grenadier

Cet arbrisseau ou arbuste, qui atteint 2 à 4 mètres de hauteur, est bien connu sous le nom de « Grenadier ». On le cultive dans toute la Région méditerranéenne et on le trouve assez souvent à l'état subspontané ou naturalisé sur le bord des champs, dans les haies, parfois sur les rochers, en cette même Région, dans les endroits abrités du Sud-Est de la France et aussi aux environs de Sion en Suisse. Ses fleurs, d'un rouge écarlate, s'épanouissent en juin et juillet ; les fruits mûrissent en automne.
On reconnaît encore cette espèce aux caractères suivants : Les feuilles sont entières, luisantes, sans poils, tombant à la fin de l'automne ; elles sont caractérisées par la présence d'une nervure assez peu marquée qui fait tout le tour du limbe de la feuille, très près de son bord. Ces feuilles sont rétrécies en pétiole à leur base et opposées. Les fleurs sont isolées ou réunies par 2 à 3 au sommet des rameaux ; elles peuvent mesurer 3 à 5 centimètres de largeur. Le calice est rouge et la partie libre des sépales forme à son sommet 5 à 7 lobes coriaces et persistants ; les 5 à 7 pétales, libres, alternent avec ces divisions du calice et entourent de nombreuses étamines libres entre elles et non adhérentes par leur base aux lobes du calice. Le fruit est presque globuleux, rétréci en col au dessous d'une sorte de couronne formée par les divisions persistantes du calice, d'abord vert, puis devenant de couleur jaune-rougeâtre, parfois mêlé de vert. A l'état sauvage, ce fruit est gros comme une noix ou, au plus, comme une petite pomme ; à l'état cultivé, il peut atteindre les dimensions d'une orange. Les nombreuses graines charnues qu'il renferme sont très serrées les unes contre les autres et anguleuses ; elles ont un goût acidulé assez agréable.
C'est un arbre ou un arbuste dont certains rameaux sont transformés en épines à leur extrémité, surtout à l'état sauvage. Sa tige est dressée, irrégulièrement ramifiée, à rameaux dressés. Parfois, à l'état naturalisé, il forme de petits buissons à rameaux serrés. (On trouve quelquefois des exemplaires à fleurs ayant de plus nombreux pétales, à feuilles disposées sur 3 séries, à fleurs dont l'ovaire présente quelques carpelles supplémentaires, ou encore à rameaux fasciés, c'est-à-dire soudés entre eux dans leur longueur.)

Noms vulgaires. En français : Grenadier, Balaustier, Migranier. En allemand : Granatbaum, Balluster, Margaretenblum. En flamand : Granaatboom. En italien : Granato, Melagrana, Granata. En anglais : Pomegranate, Carthaginian-apple.

Usages et propriétés. L'espèce semble originaire de la Transcaucasie ; sa culture a été introduite en Europe par les Romains du temps des guerres avec Carthage. On cultive le Grenadier pour ses fruits comestibles, appelés « grenades » ou « balaustes » ; on consomme la partie charnue, pulpeuse du tégument des graines dont le goût est à la fois aigrelet et sucré. Les grenades sont mangées à l'état frais ou assaisonnées avec du rhum et du sucre, ce qui les rend plus faciles à digérer. On le cultive en pleine terre dans la Région méditerranéenne, en espalier dans le Centre de la France et en caisses (que l'on met en hiver dans les orangeries) dans le Nord. Cultivé comme arbre d'agrément pour ses fleurs couleur de sang ; on choisit dans ce but les variétés à fleurs doubles, qui ne produisent pas de fruits. L'écorce de la grenade appelée maticornium ou « cuir de pomme » peut remplacer la « noix de galle » dans la fabrication de l'encre en produisant la fermentation gallique ; elle est encore utilisée par les indigènes du Nord de l'Afrique pour la préparation des maroquins jaunes. L'écorce de la grenade est très astringente ; son principe actif est un alcaloïde, la pelletiérine : c'est aussi un vermifuge énergique. L'écorce de la racine est employée comme remède contre le ténia, mais elle constitue un médicament difficile à supporter, causant des vomissements et parfois même des étourdissements. La partie extérieure de la racine contient plusieurs alcaloïdes : la pelletiérine, l'isopelletiérine, la méthylpelletiérine, ainsi que les acides tannique, gallique, malique, de la mannite et du malate de calcium. Les cendres de cette écorce sont très riches en chaux (plus de 76 %) ; elles renferment aussi de la potasse, de la magnésie, de la silice, de l'acide phosphorique, de l'acide sulfurique, du sesquioxyde de fer et du chlore. 11 y a dans le fruit jusqu'à 12 % de sucre interverti, de la saccharose, une diastase, l'invertine, de l'acide malique et de l'acide citrique. L'écorce du fruit a une composition assez analogue à celle de la racine, mais contient en outre un principe amer spécial, la granatine.

Distribution. Ne s'élève qu'à une faible altitude sur les montagnes. France : cultivé en pleine terre dans la Région méditerranéenne, subspontané ou naturalisé çà et là dans le Midi. Suisse : naturalisé aux environs de Sion (à Tourbillon et à Valère).
Europe . Sud-Ouest de l'Europe ; cultivé et subspontané dans l'Europe méridionale. Hors d'Europe : Sud-Ouest de l'Asie, Inde ; cultivé et subspontané dans la Région méditerranéenne d'Afrique ; cultivé et parfois subspontané dans plusieurs contrées tempérées assez chaudes du globe, en particulier en Amérique.

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