Les nombreuses formes que l'on peut réunir sous ce nom peuvent se trouver dans presque toute la France. Elles se montrent dans les endroits incultes, sur les talus, dans les bois, sur les coteaux, au bord des chemins ou sur les sables maritimes. Ce sont des plantes de 5 à 60 cm., dont les fleurs roses, lilas, parfois blanches, s'épanouissent d'avril en septembre et quelquefois pendant l'hiver.
On reconnaît ces plantes à leurs feuilles divisées en folioles distinctes sauf parfois dans le haut de la feuille ; ces folioles ont des découpures qui, en général, atteignent presque la nervure du milieu de la foliole ; les pétales sont souvent inégaux ; les filets des étamines sont sans poils et aigus au sommet ; le fruit ne dépasse pas 5 centimètres de longueur ; les carpelles ont presque toujours une ride au-dessous de leur dépression.
Ce sont des plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces. Les cotylédons sont divisés en 3 à 5 lobes, rarement en lobes plus nombreux.
Noms vulgaires. En français : Petit-Bec-de-Cigogne, Petit-Geranium-Ciguë.
Usages et propriétés. La sous-espèce E. romanum est parfois cultivée comme plante ornementale. Les fleurs sont visitées par les abeilles.
Distribution. Peut s'élever sur les montagnes en même temps que les champs cultivés, mais il y est beaucoup moins répandu qu'aux basses altitudes. France : commun presque partout. Suisse : très répandu. Belgique ; commun.
Europe, : Presque toute l'Europe. Hors d'Europe : Asie septentrionale, occidentale et méridionale ; Afrique septentrionale, Iles Canaries et Madère ; naturalisé dans les contrées tempérées de tout le globe ; s'élève dans les Andes jusqu'à plus de 4.000 m. d'altitude.
On a décrit. 1 sous-espèce, 7 races et 20 variétés ou sous-variétés de cette espèce. Les plus importantes sont les suivantes :
E. romanum L'Hérit. (E. de Rome).
Pétales égaux ou à peine inégaux, ayant 2 ou 3 fois la longueur des sépales ; feuilles à lobes obtus ; bec du fruit mûr ayant plus de 4 cm. de longueur ; partie mince (détachée avec le reste du carpelle), ayant 7 à 8 tours de spirale dans l'air sec ; tige vivace d'où partent les rameaux fleuris et les feuilles. (Midi ; environs de Saint-Loup dans les Deux-Sèvres).
E. provinciale Jord. (É. de Provence).
Pétales à peine inégaux, ayant environ 2 fois la longueur des sépales ; feuilles à lobes aigus ; bec du fruit ayant plus de 4 cm. de longueur ; partie mince (détachée avec le reste du carpelle), ayant 7 à 8 tours de spirale dans l'air sec ; plante pérennante, c'est-à-dire pouvant vivre plusieurs années. (Provence).
E. pimpinellifolium Sibth. (É. à feuilles de Boucage).
Pétales très inégaux dont deux sont marqués à la base d'une tache pâle, pointillée de noir ou d'une tache brunâtre rayée de noir ; ces pétales ont au plus 2 fois la longueur des sépales ; feuilles à segments ou folioles peu écartés les uns des autres ; bec du fruit de 2 à 4 cm. de longueur ; partie mince (détachée avec le reste du carpelle) ayant 7 à 9 tours de spirale dans l'air sec ; plante annuelle ou bisannuelle, à racine principale développée. Cette race comporte elle-même beaucoup de variétés et sous-variétés. (çà et là en France et en Belgique ; rare en Suisse).
E. Chaerophyllum G. B. (É. Cerfeuil).
Pétales inégaux, ordinairement non tachés, égalant les sépales ou les dépassant très peu ; feuilles à segments ou folioles plus ou moins rapprochés, chaque segment étant profondément divisé ; bec du fruit de 25 à 40 mm. de longueur ; partie mince (détachée avec le reste du carpelle) ayant 7 à 14 tours de spirale dans l'air sec ; plante annuelle ou bisannuelle, à racine principale développée. Cette race comporte elle-même beaucoup de variétés. (Midi, littoral de la Manche).
E. bipinnatum Willd. (É. bipenne).
Pétales inégaux, sans tache, à peu près de la même longueur que les sépales ; feuilles deux fois complètement divisées ; bec du fruit de 20 à 25 mm. de longueur ; carpelles sans ride au-dessous de leur dépression. (Assez commun).