C'est une plante aquatique à très grandes fleurs d'un blanc de lait, qui s'épanouissent sur l'eau, en juin, juillet et août. Chaque fleur mesure 5 à 12 centimètres de largeur. Cette belle plante décorative fait flotter à la surface de l'eau le limbe de ses feuilles, arrondi, épais, coriace, nettement en cœur renversé à la base, placé au sommet d'un pétiole, très long et cylindrique, qui part directement de la tige souterraine. Les pétioles, en se développant, s'allongent jusqu'à ce que le limbe, encore enroulé sur sa face supérieure, ait atteint la surface de l'eau où il s'étale, mais, si l'eau n'est pas assez profonde (moins de 35 centimètres de fond), les feuilles restent dressées au-dessus de la surface de l'eau.
Cette espèce ne produit en général que quelques feuilles submergées, translucides, qui sont détruites en été. Les fleurs ont une odeur douce ; elles sont tout à fait nageantes. Il y a 4 sépales, dont les intérieurs sont en partie verts et en partie blancs ; les anthères ont chacune leurs deux loges plus rapprochées au sommet qu'à la base, et les étamines restent dressées après l'ouverture des anthères. Le fruit est assez arrondi, et le pédoncule qui le porte le ramène dans l'eau pendant qu'il mûrit, se recourbe au sommet et l'enfouit dans la vase en une position renversée. La tige souterraine, jaunâtre à l'intérieur, donne des rameaux qui s'isolent les uns des autres et multiplient la plante ; ces rameaux souterrains se terminent par des rosettes de feuilles enveloppées dans leur jeunesse par un feutrage soyeux et, entre les jeunes feuilles, se trouvent de grandes écailles membraneuses.
Le type principal a des fleurs dont la largeur est de 8 à 12 centimètres, à stigmates ordinairement jaunes, à étamines les plus intérieures dont le filet est à peine aussi large que les anthères, et à fruits portant des cicatrices d'étamines presque sous les stigmates.
Noms vulgaires. En français : Nénufar-blanc, Lis-des-étangs, Lunifa, Volant-d'eau. En allemand : Weisse-Wasserlilie, Kandel, Wassertulpe, Wasserose. En flamand : Botervat, Dokke, Watteroos. En italien : Copripentole, Carfaro-femmina, Erculea-blanca. En anglais : Waterlily. Nymphaea, Chun, Lily-can.
Usages et propriétés. Les tiges souterraines sont parfois utilisées comme aliment en Finlande et dans certaines parties de la Russie. Cultivé pour orner les pièces d'eau ; il en existe plusieurs variétés horticoles : candidissima. à très grandes fleurs blanches, rosea, à fleurs d'un rose carminé, etc. Les fleurs et les tiges souterraines sont rafraîchissantes ; on leur attribue des propriétés tempérantes. On a extrait des graines et des tiges souterraines un alcaloïde, la nupharine dont la formule est C18 H24 Az2 O2 (d'après Gruning) ; la plante renferme de l'acide tannique.
Distribution. Ne s'élève guère au-dessus de 800 m. dans les eaux des montagnes où il est rare. France : commun, mais présente une distribution assez irrégulière ; manque complètement dans certaines régions (Boulonnais) ; rare dans le Cantal et en Provence. Suisse : commun. Belgique : commun, sauf dans les Régions jurassique, houillère et littorale.
Europe : Presque toute l'Europe, sauf la Région arctique. Hors d'Europe : Caucase, Asie Mineure, Sibérie méridionale et centrale, Nord de l'Afrique, Indoustan.
On a décrit 1 sous-espèce et 6 races ou variétés de cette espèce. On peut citer les formes suivantes :
Variété minor Besb. (plus petit).
Fleurs de 5 à 7 centimètres de largeur, çà et là, assez rare.
N. candida Presl. (N. d'un blanc pur).
Stigmates de couleur vermillon ; filets des étamines les plus intérieures plus larges que les anthères de ces étamines ; fruit marqué par les cicatrices des étamines jusque sous les stigmates. (Suisse : cantons de Zurich et de Saint-Gall ; très rare).